FlashForward - White To Play (1.02)

Mark et Demetri se rendent en Utah pour traquer un suspect pouvant être connecté au blackout. Olivia rencontre Loyd Simcoe, l’homme se trouvant dans sa vision. Charlie, la fille de Mark, a des difficultés à faire face à ce qu’elle a vu.

Les débuts d’une série sont toujours un défi, car de nos jours, il faut réussir à captiver le spectateur dès les premiers instants, tout en installant les personnages et l’univers. Autant le dire, les scénaristes n’ont plus trop le temps de se retourner. Une mission encore plus difficile dans un programme qui joue sur le mystère.

Ce second épisode, comme le premier, a tendance à ne pas y aller très subtilement. Si le premier avait pour excuse le fait d’être introductif, celui-ci semble avoir des difficultés à jongler convenablement avec tout ce qu’il tente de mettre en place. Sans parler du fait que, pour le coup, on occupe une partie de notre temps, à nous démontrer que tout ceci n’est pas accidentel, entrainant un sentiment de redite courant au sein des épisodes 2, mais qui n’aide pas trop notre affaire.

Les scénaristes insistent donc bien trop : sur les problèmes futurs de boissons de Mark, sur l’absence de vision de Demetri, sur la séparation évidente d’Olivia avec son mari. À cela viennent s’ajouter les problèmes de Charlie, la fille d’Olivia et Mark. Qu’a-t-elle vu ? Personne ne veut lui poser la question directement, mais la gamine est un peu perturbée. Recoupons alors un peu ce que l’épisode nous fournit : le fils de Simcoe sait qui est Olivia. Charlie sait qui est Dylan Simcoe, et nous gratifie, pour conclure l’épisode sur une note de suspense d’un « D Gibbons is a bad man…« . Cela tombe bien, car cet homme mystérieux est celui qui cause pas mal de tourment au travail du paternel. Mais, la question là-dedans, c’est comment mettre tout ceci dans ces 2 min 17 ? De quoi frustrer la téléspectatrice que je suis, avant tout à l’heure actuelle par angoisse qu’un scénariste oublie les détails, et se plante au moment où il nous révèlera l’information cruciale. C’est le danger du toutéliage, il faut le reconnaître, et comme ce sont les débuts de la série, les silences peuvent avoir plus de mauvaises conséquences que de bonnes. On sent que quelqu’un appuie déjà sur le frein, et cela est quelque peu embêtant.

Le FBI travaille donc à savoir ce qui se cache derrière les FlashForward. On passera sur les questions de crédibilité – que ce soit dans le retour à la vie commune, et des véritables répercussions de l’évènement sur l’existence, à la façon dont le FBI gère le problème – pour se concentrer sur, de toute façon, ce qui va alimenter le show : le tableau vu dans la vision de Mark et la mystérieuse personne consciente pendant le FlashForward. Quelqu’un pousse singulièrement le destin à se réaliser, je ne suis personnellement pas convaincue qu’il soit des plus logiques de se baser sur les informations vu dans la vision de Mark pour faire progresser leur enquête, cela ne pourra le conduire qu’à sa vision, justement. Il finira quand même par brûler le bracelet fait par sa fille, mais elle a largement le temps de lui en faire un autre. On finit quand même avec une légère progression sur l’enquête, avec plus une personne réveillée au moment du blackout, mais 2, et la construction d’un mystère autour de D Gibbons.

Cela sera sûrement le moindre des soucis de Demetri, qui n’a strictement rien vu, un point sur lequel on insiste fortement pour aboutir sur une conclusion plus qu’évidente qui aura mis tout l’épisode à être confirmé : il va se faire tuer. Cette intrigue est donc à l’image de l’épisode, qui tend surtout à prendre son temps pour nous dire ce que l’on a déjà compris. Malgré ses défauts évidents, l’épisode possède un bon rythme, et sait bien, sur sa fin, allécher le spectateur – l’expression de Joseph Fiennes étant on ne peut plus convaincante quand sa fille lui parle.

FlashForward évolue autour de ses visions, mais son obsession à insister sur ce point empêche un réel développement de ses personnages, et le comble de l’histoire, se révèle trop prévisible. La série a besoin de s’affirmer et de voir un peu plus grand par la suite pour réellement devenir captivante.