FlashForward - No More Good Days (1.01)

Et si vous pouviez voir 6 mois dans le futur ? Un mystérieux évènement planétaire cause un black-out pendant deux minutes et 17 secondes. Durant ce laps de temps, chaque personne s’est vue 6 mois dans le futur. Au réveil, le monde se demande ce qui est arrivé.

Créé par David S. Goyer et Brannon Braga, FlashForward est la série évènement de la rentrée, sans doute possible. En tout cas, ABC a fait tout ce qui était en son pouvoir pour qu’il en soit ainsi.

Pour alimenter le programme, deux questions se posent à nous : « Si vous connaissiez le futur, que feriez-vous ? » et « qui ou quoi est responsable du FlashForward ? » Sans surprise, les deux interrogations vont donc être posées au cours du pilot, pour alimenter toute la saison à venir, mais ce ne sera pas forcément bien amené.

En fait, ce qu’il y a de plus difficile dans ce démarrage est de passer du livre de Robert J. Sawyer à la série. Dans le matériel originel, nous étions  à Genève, en compagnie de chercheurs venus d’un peu partout dans le monde, et ces derniers étaient plus ou moins au cœur du phénomène. Une histoire avec un début et une fin, tenant sur un peu plus de 300 pages, mettant avant tout en avant l’aspect scientifique et humain.

Il faut donc adapter au format, à la durée, au pays. C’est Américain, et si on conserve l’aspect international (Alex Kingston se trouve en Angleterre), les évènements se passent principalement sur leur territoire et il n’y a pas réelle conceptualisation d’un évènement mondial. Pour faire simple, les personnages principaux travaillent pour le FBI, et l’agence se lance donc dans l’enquête, sans aucune mise en place de mesures internationales. J’imagine mal les autres pays restés le cul sur leur chaise. Mais, comme le dit Colbert, l’Amérique n’en a rien à faire du reste du Monde.

Ainsi, ce sont nos agents, et tout particulièrement Mark Benford (Joseph Fiennes) qui fait le raisonnement. Le passage du simple black-out ayant entrainé une catastrophe mondiale au FlashForward se fait avec un manque de finesse certain. Le pilot a presque un problème de temps : il doit fournir certaines choses en 45 minutes, et pour se faire, pas le temps de réellement poser avec subtilité et logique. Mark arrive donc à la rapide conclusion que, dans son futur, il enquête sur le phénomène et ainsi les premières pistes sont lancées. Son partenaire Demetri Noh (John Cho) hérite du trou noir (comprendre pas de vision du futur) qui amorce ainsi à sa façon comment au cœur même du show, multiples intrigues pourront naitre. Quelques mystères risquent d’être construits autour des FlashForward, permettant ainsi d’étoffer personnages et intrigues, qui ne seront pas toujours occupés par la grande mythologie que le show semble nous promettre.

Car, dès la fin, on prend certaines directions qui annonce une enquête mouvementée, et malgré pas mal de faux pas, la sauce prend bien. Cela fonctionne, car c’est rythmé, il y a une bonne dynamique, des acteurs compétents et charmants et une volonté de progression évidente.

Ce pilote de FlashForward n’est pas parfait, et contient des erreurs souvent liées à ce type de show par moment trop tape-à-l’œil, voulant marquer les esprits à l’aide d’une mise en scène trop provocante pour mettre en valeur l’énorme accident, et tirant aussi sur la corde émotionnelle gratuitement, présentant une grande partie de ses protagonistes avec peu d’originalité et de subtilité. Mais, il est aussi plutôt accrocheur, et impose rapidement son concept et ses ambitions. Un démarrage qui crée au moins l’envie de découvrir la suite.

Cet article fut publié une première fois, le 17 sept. 2009.