Le 6 octobre 2009, l’humanité a connu un black out de 2 minutes et 17 secondes. Le monde entier a vu le futur.

En mai 2009, les téléspectateurs surveillaient attentivement les annonces de prochaines séries des grands networks américains, occupés à trouver un nouvel étendard scientifico-fictionnesques pour remplacer Lost dont la fin était d’ores et déjà prévue. Et c’est bien ABC, la même chaîne sur laquelle étaient diffusées les aventures de nos chers disparus, qui sortait la carte la plus plausible : FlashForward. Histoire tirée d’un roman de science-fiction de Robert Sawyer où l’humanité tout entière connaissait un black out, un évanouissement de deux minutes et quelques durant lequel chaque individu entrevoit un bout de son avenir. Repris en main par des scénaristes expérimentés, voici donc sa déclinaison sur petit écran, avec une recette bien connue : casting d’une douzaine de co-stars, pilote à plusieurs millions de dollars, guests stars à quasiment tous les épisodes. Le blockbuster était lancé.

Nous découvrons donc nos personnages favoris, dans un catalogue plutôt fourni. L’histoire tourne principalement autour d’une cellule du FBI de Los Angeles (évidemment) qui va bientôt hériter de l’enquête sur ce laps de temps manquant, et ces visions homériques d’un avenir plus ou moins inquiétant. Sitôt dit, nous voilà en présence d’un agent superstar, évidemment caractériel et ex-alcoolique (Joseph Fiennes), de son collègue rigolo mais pas trop (John Cho), de la future ex-femme (Sonya Walger, sans son bateau), de scientifiques intrigants (dont Dominic Monaghan, ex-Lost aussi), de quelques agents du FBI autour, de quelques enfants ou amis pour émailler le tout. FlashForward installe son schéma lentement, avec l’intérêt d’avoir pour chaque personnage une storyline éventuellement intéressante. Chaque vision peut en effet découler sur de grandes questions, que ce soit un avenir brillant ou ténébreux qui les attend. Mais la série passera rapidement sur cela, conservant essentiellement la question de la probabilité d’occurrence des évènements (sans vraiment y apporter de réponse), et se concentrera sur l’aspect enquête. Après tout, c’est ça qui fera avancer l’histoire, au gré de quelques scènes d’action bien senties.

En cela, on ne se plaindra pas. Le budget est là pour soutenir la mise en place de plusieurs scènes d’actions ou de voyages internationaux qui permettent à l’histoire de ne pas s’embourber dans les murs de Los Angeles, le thème étant plus global. Au gré des épisodes, cette marche en avant permet d’éclaircir les mystères de ces flash mystiques, qui n’ont rien de naturel, mais sont bel et bien une machination humaine, voir un complot, voir des terroristes. Le syndrome post-9/11 frappe encore, et FlashForward pourrait être le parfait exemple d’une psyché américaine ayant besoin d’expier ces peurs. On aura peu de nouvelles des flash forwards étrangers par ailleurs, et toute la problématique restera très américaine (ou quasiment, les scénaristes – n’étant pas idiots – nous donneront quelques nouvelles du reste du monde). Le ton donné est ainsi plus près d’un 24 que d’un Lost, laissant rapidement (faute d’audiences?) le mystère retombé pour une simple chasse à l’homme avec taupe infiltrée et tout le toutim.

Le suspense des débuts laisse lentement place à l’enquête sans grand intérêt, parsemée de questionnements des personnages (sur leurs relations principalement, ce qui n’est pas dénué d’intérêts, mais donne un côté soap un peu forcé..) sur leur avenir, les choix à faire. Sans arriver à placer tout cela de manière judicieuse sur l’échiquier qui se met en place, FlashForward tombe rapidement dans un mauvais mélange entre série SF et drama existentialiste d’où n’émerge que quelques bons épisodes focalisés sur l’organisation derrière les flashs. La promesse n’est donc pas tenue d’offrir une série teintée de mystères et de questions, malgré les efforts fournis et quelques belles idées. Partie pour remplacer une sœur aînée qui se terminait, FlashForward n’aura pas bénéficié de son public, et ne durera qu’une saison. Préférant le confort de thématiques connues (enquête, FBI, romance…) au risque d’une vraie série de SF, on assiste à une fin de saison trop évidente pour regretter de ne pas avoir de suite. Reste à savoir ce que l’on découvrira à la rentrée prochaine pour la remplacer dans ce créneau…

Vous pouvez acheter l’intégrale de la série en DVD sur Amazon.fr.

Article originellement publié le 1 juillet 2010.

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