4 raisons de céder à la folle mélancolie de Flowers

Flowers, série anglaise de Channel 4

Diffusée en avril 2016 et arrivant en France aujourd’hui sur Canal+ Séries, la première saison de Flowers explore en 6 épisodes les affres de la dépression au sein d’une famille dysfonctionnelle.

Ce qui se présente comme une comédie noire se révèle rapidement bien plus que cela à mesure que l’on découvre les membres du clan Flowers, tous en proie à la mélancolie où la tentation de la mort n’est pas bien loin. Voici 4 raisons pour se ruer sur cette pépite qui a été renouvelée pour une saison 2 :

1 | Un portrait familial de la dépression

Flowers, c’est le nom d’une famille vivant au fin fond de la campagne anglaise dans une maisonnée encombrée d’un bric-à-brac indescriptible. On comprend très vite que ce désordre est une métaphore du chaos régnant dans la tête des membres de ce foyer où chacun est en prise avec la dépression. Maurice (Julian Barratt, The Mighty Boosh), le père auteur de contes pour enfants en mal d’inspiration, tente de se suicider et le cache à ses proches. Deborah (Olivia Colman, Broadchurch), sa femme hystérique, veut organiser leur anniversaire de mariage, mais se rend compte que celui-ci bat sérieusement de l’aile. Donald (Daniel Rigby) et Amy (Sophia Di Martino), leurs jumeaux, s’affrontent et s’enferment dans leur obsession amoureuse pour une voisine. Malgré leur espace étriqué, ils se côtoient tous plus qu’elles ne vivent ensemble. Ils peinent alors à réaliser qu’ils sont tous affectés par une certaine forme de dépression. Celle-ci trouve son origine principale dans une vie composée de non-dits, de frustrations et de sentiments enfouis, une incommunicabilité qui a fait éclater leurs relations et que la série va s’atteler à présenter puis reconstruire.

2 | Une chronique douce-amère

En six épisodes, Flowers se fait la chronique d’un mal qui peut trouver écho en chacun de nous par l’universalité de son propos. De coup de blues en profond mal-être, la dépression éclot différemment dans chacun des personnages, s’enracinant dans une vie condamnée à la médiocrité. Les protagonistes se débattent plus ou moins pour aller mieux. Maurice semble se conforter dans son abattement tandis que Deborah cherche à améliorer son existence quitte à mettre finalement sur la table ce qui ne va pas avec son mari. Leurs intentions sont fortes et leurs actions maladroites, ce qui les rend encore plus criantes de sincérité. Flowers se fait le récit de personnes ne parvenant pas à s’épanouir et engoncées dans une masure sans gloire. Pourtant, dans cette vie présentée sans embellie, il y a Shum, l’excentrique étudiant japonais féru de manga érotique (incarné par Will Sharpe, le créateur de la série) qui arrive comme un soleil éclairant les personnages même s’ils n’en veulent pas.

3 | Un bouquet équilibré des genres

Du rire aux larmes, du drame à la comédie, les allers-retours entre les genres et les tons sont incessants pendant les six épisodes de la saison. Flowers ne nous plonge pas d’emblée dans le drame déprimant. Même si elle aborde dès ses premiers instants des sujets difficiles, la série prend en premier lieu le parti d’en rire en insistant sur le décalage entre les sentiments des personnages et ce qu’ils en montrent à l’extérieur. C’est en cela que la série se révèle être un magnifique poème d’une maîtrise exceptionnelle : elle mêle le sublime et le grotesque, le comique et la tragédie dans une même scène, une même image. De celle-ci naît un quiproquo exposant les failles des personnages derrière leur apparente – et mal-dissimulée – joie. Cela impacte alors la progression du récit qui s’intensifie au fur et à mesure que les événements frappent la famille et que les secrets se dévoilent, les forçant à crever les abcès qui les éloignent.

4 | Une œuvre singulière

Ainsi, la série parvient à faire de la trivialité de la vie de purs moments de poésie dont jaillit une mélancolie, un Spleen intergénérationnel, intemporel. Plus qu’une simple chronique familiale, Flowers n’hésite pas à s’appuyer sur sa réalisation pour donner tout son poids et son étrangeté à son propos. Les influences traversent la série, de la noirceur onirique de Tim Burton aux thèmes métaphysiques de Charles Baudelaire, pour créer un univers visuel et narratif original. Dans cette maison où se cognent les existences désaccordées de cette famille, la poésie rencontre le graveleux, le rêve s’invite dans le cauchemar, le sublime dans le rire, soulignant alors constamment l’anomalie de cette famille, leur décalage avec la réalité, mais également l’universalité du mal qui les touche.

*

Par son côté jusqu’au-boutiste où l’excentricité et le drame atteignent un paroxysme rare, Flowers nous fait le portrait d’une dépression qui ne demande qu’à se diluer dans de l’amour. Cet environnement onirique empli de métaphores nous plonge dans un conte cathartique où cette famille au ton absurde se dévoile en nous faisant autant rire que pleurer, frappant au cœur et pour longtemps.

Déjà publié en juillet 2016, cet article est remis en avant à l’occasion de la diffusion de cette première saison de Flowers en France, les lundis 3 et 10 juillet sur Canal+ Séries, 3 épisodes par soirée.

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