Que vaut For The People, l’autre série judiciaire du Shondaland ?

En 2010, ABC lançait The Deep End, une série judiciaire de mi-saison qui était présentée comme étant Grey’s Anatomy avec des avocats. Seulement 8 épisodes ont été produits et le chapitre a été refermé. Il semble néanmoins que la chaine n’ait jamais vraiment tourné le dos à l’approche, mais For The People a le mérite d’être dès le départ une production du Shondaland.

Dans cette série de Paul William Davies, on suit alors de nouveaux avocats travaillant dans des camps opposés et dont les vies privées s’entrecroisent. Plus précisément, ce sont des débutants ambitieux et plein d’avenir qui ont rejoint la cour fédérale du district sud de New York.

La loi et l’ordre

Dès le départ, For The People s’impose comme étant avant toute chose une série judiciaire, contrairement à How To Get Away With Murder qui mélange à cet angle une couche de soap et une de thriller. Ici, il est donc question d’avocats qui veulent gagner leur procès de la semaine.

Dans le genre, on ne peut pas faire plus simple, mais on peut également faire plus original. Il apparait rapidement que cela ne va pas être facile.

Les personnages sont jeunes et ont tout à apprendre, sauf quand ils n’en ont pas besoin. L’idée apparaissait être de suivre les débuts de carrière de plusieurs avocats de types différents, mais voilà qu’ils se retrouvent – sans supervision ou presque – propulsés dans des affaires de terrorisme ou de lanceurs d’alerte… du lourd en somme.

Les six jeunes avocats que nous suivons connaissent visiblement toutes les ficelles du métier, sauf quand ils sont coincés et que leur supérieur – ou un collègue – vient leur donner le coup de pouce nécessaire pour aller plus loin.

Idéalisme et ambition

Concrètement, For The People voulait juste des jeunes, beaux et énergiques. Cela aide quand on tente d’injecter une dose de développements relationnels – même si cette partie semble plus imposée que naturelle.

Ce qui intéresse vraiment les scénaristes, c’est la justice. Pas celle qui est rendue tous les jours dans les tribunaux américains, mais celle qui devrait l’être. Les personnages sont des idéalistes qui se battent pour ce qu’ils croient ou, quand ils ne le sont pas ouvertement, ils se battent pour simplement gagner.

Au point de départ, on veut nous faire croire qu’il y a quelques cyniques dans le lot, principalement du côté des trois membres du bureau du procureur que nous suivons, mais le vent tourne une fois que l’on a passé le pilote. À la place, il est question de montrer qu’ils ont plus d’ambitions. Ça nuance un peu les choses, car les avocats commis d’office font ça pour toutes les bonnes raisons.

Le souci est que l’écriture n’est pas ancrée dans la réalité et cela fait que les épisodes apparaissent être relativement sans conséquence et terriblement simplistes, en dépit des sujets importants qui peuvent être évoqués.

Un procès par jour

Il faut dire que, si les scénaristes de For The People n’ont pas peur de s’attaquer à des sujets difficiles, ils ne le font que de manière superficielle.

Chaque épisode nous offre une affaire principale et une secondaire, plus quelques éléments pour occuper les personnages qui n’ont rien à faire. Rapidement, certains sont associés, mais c’est un travail en solitaire dans la majorité des cas – ce qui est souvent ridicule quand on voit ce qui est en jeu.

For The People renvoie l’étrange impression que chaque procès se réduit à une personne faisant des recherches dans son coin et délivrant son plaidoyer plein de bonnes valeurs. Cela frôle par moment la parodie.

De bonnes intentions

On ne peut pas reprocher à For The People de vouloir offrir un divertissement idéaliste et de miser sur un casting jeune pour le faire. Le souci est qu’il devient rapidement évident que les scénaristes sont forcés d’employer des éléments qui ne collent que rarement avec les histoires qu’ils cherchent à raconter. En conséquence, aussi convaincus que les acteurs puissent être, le résultat est terriblement superficiel dans le fond et frôle le ridicule dans la forme.

L’ensemble devient alors bien trop convenu pour être mémorable, mais se laisse suivre sans difficulté à partir du moment où l’on n’attend pas trop d’une série judiciaire. Si ce n’est pas le cas, il y a de quoi être rapidement irrité par l’exploitation paresseuse et presque insultante des codes du genre.

Le plus regrettable est que, lors de ses premières minutes, For The People paraissait chercher à marquer sa différence en s’intéressant à une cour de justice particulière et en se focalisant sur des personnages débutants. Si ces deux éléments étaient réellement mis en jeu, peut-être que la série trouverait sa voix, mais cela ne semble pas être au programme de cette première saison. Pour l’instant, on enchaine les affaires les unes après les autres, sans rien de percutant ou d’innovant à en retirer. Concrètement, c’est anecdotique.

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