Friday Night Lights - I Can't (4.10)

Becky doit prendre une décision au sujet de sa grossesse, alors que Vince se retrouve impuissant face à l’addiction de sa mère. Tim souhaite mettre un terme au trafic de pièces détachées de voitures qu’il fait avec son frère.

I Can’t est un épisode se concentrant avant tout sur deux personnages : Becky et Vince. Pour le coup, certains protagonistes ne sont pas présents, et cela faisait longtemps que c’était arrivé.

Becky doit donc décider si oui ou non elle va garder son bébé. C’est beaucoup d’introspection pour la jeune fille, qui va trouver auprès de Tami Taylor une personne pour l’écouter. Une association qui se fait à l’aide de Tim, et qui montre définitivement la place du couple auprès de ceux qu’ils ont côtoyés ou côtoient encore. En attendant, Becky est confronté à un avenir incertain, avec une mère ne souhaitant que l’avortement et la possibilité, qu’à la différence de cette dernière, elle puisse réellement aimer et élever cet enfant. L’adolescente est donc une de celle qui souhaite un autre futur, loin de Dillon. Avec une mère qui lutte continuellement, et qui fut bloquée par la naissance de sa fille, pour Becky, la solution s’est toujours trouvée loin de cette ville, c’est une évidence.

Dans la bonne tradition de FNL, ces adolescents semblent endosser des rôles plus adultes, et surtout, avoir la misère qui s’accumule sur leurs épaules. Si Becky y participe cette semaine, elle ne peut pas battre Vince, qui, malgré tous ces efforts, va retourner à son ancienne vie, et nous rappeler bien évidemment qu’il n’est qu’un adolescent. Jusque-là, il nous avait été montré un peu comme l’adulte, l’homme de la maison, prenant soin de sa mère droguée. La rencontre avec le Coach, et finalement le football, lui avait ouvert une voie, et la volonté qu’il mettait à s’en sortir était intéressante. Plus que la rechute, manquant un peu de saveur, mais qui finalement nous rappelle son âge. Vince peut se penser responsable, la scène à l’hôpital après la rechute de sa mère montre à quel point il a besoin d’elle et de son affection, qu’il reste le fils. Alors, quand l’argent manque pour payer la cure de désintoxication de sa mère – Vince souhaitant donc agir tout de suite sacrifiant le reste – il se retrouve à fréquenter de nouveau Calvin et sa bande de petits criminels.

Ces derniers vont d’ailleurs toujours affaire avec les Riggins, ce qui n’est pas du goût de Tim, souhaitant voir cette collaboration s’achever. Tous les éléments convergent pour cela, et quand les risques deviennent trop importants, le stress quasi ingérable, autant dire qu’il faut que cela s’achève. Je n’irais pas contre, l’idée était mauvaise, bien que digne des Riggins ! Il reste un doute quand même, car il est difficile d’imaginer Calvin accepter bêtement qu’un partenaire se retire – mais scénaristiquement parlant, il faut reconnaître qu’oublier l’existence de Calvin ne pourrait être que bénéfique à l’ensemble. Cette partie nous aura quand même offert une scène entre les frangins qui joue habilement sur l’opposition : ce n’est plus le même frère qui pousse l’autre dans le droit chemin. Pour y rester, ils ont définitivement besoin d’être ensemble pour éviter de s’égarer.

Justement, rayon égarement, il semble que Julie est retrouvée le goût de la vie, aux côtés d’un Ryan qui voit le monde, et qui lui donne envie elle aussi de voyager – tout en ayant accepté Dillon comme son chez elle. La fille Taylor est pour le moment somme toute heureuse, alors autant savourer avant une possible visite de Matt. Chez elle, d’ailleurs, sa mère connaît quelques angoisses à cause de la visite de Becky, et son père boit trop alors que ce n’est plus de son âge. Il faut dire aussi qu’il a dû mal à encaisser qu’on lui explique comment faire son travail, ce que fait à sa façon Virgil, par rapport à Vince – cela nous offre une scène dans le bar drôle et efficace.

Si le père de Jess avait été bien peu exploité, depuis le précédent épisode, il s’installe, à travers son rôle auprès de Vince, et surtout son histoire avec le football, pas éclairci, mais qui nous est rappelé, et explique un peu les relations en place dans son foyer, avec sa fille et ses autres fils – tous amoureux du sport malgré le passé de leur paternel. Steve Harris est en tout cas à la hauteur, et cela fait surtout plaisir de le voir enfin s’imposer.

I Can’t ne réussit pas forcément à bien jongler avec tous ces éléments de drama – la bande à Calvin étant définitivement le gros point noir de cette saison – mais réussit à offrir des évolutions réfléchies et à ne pas tomber dans la facilité. C’est encore une fois à l’aide de petites scènes tout du long de l’épisode que Friday Night Lights réussit à montrer avec habileté les évolutions et réflexions qui se construisent dans les relations des protagonistes.