Friday Night Lights - In the Skin of a Lion (4.03)

Eric ment à sa femme au sujet d’une décision financière. Dans l’équipe des Lions, les tensions grandissent entre Vince et Luke. Julie fait part à sa mère de son envie d’arrêter d’aller à l’Église.

In the Skin of a Lion est un épisode qui fournit un nombre d’informations en grande quantité, ce qui le rend à la fois vital pour la suite de la série, et en même temps le place dans une position plus bancale sur le plan de l’achèvement artistique. À l’échelle qualitative de la série, ce n’est, il faut dire, strictement rien. Aussi, à sa façon, il confirme l’orientation plus qu’évidente qu’à prise cette saison, qui a placé Eric Taylor au centre. Il a toujours occupé une place primordiale dans le show, et si la famille est tout doucement devenue un peu le symbole de Dillon, la restructuration a transformé le coach en cœur.

Justement, Eric atteint un certain point de tension assez éprouvant psychologiquement. On a tous connu des nuits sans sommeil, et pour le coach, elles vont s’accumuler, comme nous le montre la fin de l’épisode. Car une petite victoire ne peut faire oublier la montagne qu’il a à gravir. La découverte qu’il n’aurait jamais dû accepter le poste (en tout cas, personne n’y comptait), l’absence d’argent, la dureté qu’il met à mener ses joueurs, car il ne peut se permettre le luxe de réagir autrement, l’investissement personnel allant jusqu’au tiroir-caisse familial. Que faire et comment faire ? Car, il est évident que c’est ici qu’Eric Taylor comprend que ce qu’il a à construire, c’est tout, sans exception. Il n’a rien. Pas de fonds, une équipe non formée, des joueurs qui s’entrechoquent. S’il confie un nouveau poste à Landry, c’est parce qu’il n’a pas le choix, c’est parce qu’il sait qu’il fera ce qu’il demande. S’il opte pour Cafferty en position de leader, ce n’est pas parce qu’il est blanc (une scène peu inspirée entre nous), c’est, car il est excellent et en veut. Le joueur nous apprend qu’il a tout misé dans le sport, sa seule chance pour obtenir une bourse et quitter Dillon. Autant dire qu’il ne laissera pas tomber le coach. Pris par des soucis financiers qui vont s’immiscer dans son mariage (Eric-Tami toujours parfait), le coach ne se rend pas complètement compte de l’animosité qui est nait entre Luke et Vince, qui va créer des difficultés sur le terrain (encore une fois, excellente scène entre Eric et Vince).

Le Coach est donc confronté à une réalité financière qui fut absente de son temps au sein des Dillon Panthers, l’équipe qui faisait vibrer toute la ville. Et, c’est ce flot d’argent, incarné par Joe McCoy, qui a corrompu l’âme de cette équipe qu’on n’a pourtant tant aimé. J’imagine, les joueurs, les matchs, tout ce qui compose le sport est entier. Mais, le mal s’attaque à la racine, la plante pourrit vite. Il était alors assez prévisible que Buddy Garrity ne tienne pas le choc. Car il a foi dans le sport, dans la passion qui anime les gens et les pousse à se regrouper, et non dans l’argent, dans un besoin de victoire (fort agréable, mais qui doit respecter une petite idéologie). En admettant lui-même avoir joué avec la légalité, il admet au passage que pour conserver l’esprit sportif, il y a une limite à ne pas franchir, et que Joe McCoy l’a fait. Cet homme est tout simplement détestable. (Par ailleurs, où est sa femme ?)

Buddy a perdu foi dans les Panthers, et Julie remet en cause ses croyances religieuses. Des interrogations qui offrent à la fille Taylor ses propres interrogations, elle qui est élevée dans un environnement où Dieu occupe une place importante. Ce possible désintéressement rend Tami très anxieuse. Si Friday Night Lights n’a jamais eu peur d’aborder cette question, qui a toute sa place dans la série, ici, elle apparaît avant tout pour une question d’épanouissement et de conviction personnelle, venant ainsi percuter l’autre grande question qui se pose à Julie : est-elle oui ou non un obstacle au bonheur de Matt ?

Difficile de se dire que non, quand tout ce qui est bâti autour de Saracen et de l’artiste grincheux un peu fou et intelligent ne va que dans ce sens.

Des changements s’annoncent, des doutes et des angoisses s’installent assurément pour longtemps, et des affirmations et des confrontations verront clairement le jour. In the Skin of a Lion met en place tout ceci, en offrant une place à chaque protagoniste de la série (dont une scène sympathique entre Landry et Jess, et les intentions plus explicites de Becki envers Tim). Tout ceci rend l’épisode extrêmement surchargé, ce qui fait que tout ne fonctionne pas forcément, mais une grosse partie – et la plus importante – oui.

avatarUn article de .
CaroleC
1 commentaire