Friday Night Lights - Leave No One Behind (2.14)
Matt a des difficultés à gérer le départ de Carlotta. Julie a le sentiment de passer au second plan auprès de sa mère, qui s’investit de plus en plus dans le volley-ball. Tyra réalise qu’elle a des sentiments pour Landry, et qu’elle ne peut pas faire comme si de rien n’était. Les conséquences de l’altercation de Smash continuent de tomber.

Il y avait longtemps qu’un épisode s’était tourné vers Matt Saracen. Autant dire qu’il était plus que nécessaire d’y venir. Le développement qui lui est offert prend tout un sens, et le Matt que l’on connaît dévoile une partie de lui. Le départ de Carlotta l’a plus que chamboulé, et il commence à se comporter comme Tim Riggins. D’ailleurs, c’est le but de la manœuvre, être plus comme Tim. Ma foi, ce n’est pas difficile de tomber dans les travers, le problème est plus les raisons qui poussent à agir ainsi. Voilà donc Matt qui se soûle, va voir des strip-teaseuses (tout ça avec Riggins, c’est quand même mieux) et qui sèche cours et entrainement. De beaux dégâts en perspective. Sa grand-mère, pendant son absence va se retrouver à l’hôpital. On ne saura pas pourquoi, et elle a l’air se porter très bien. Cette situation n’est là que pour pousser le coach à avoir une réelle explication avec Matt. La manière qu’à Eric de réagir, et la façon dont Matt craque, la scène est poignante et extrêmement réussie. Nous apprenons alors que finalement, ce n’est pas tant le départ de Carlotta qui l’affecte, c’est tout un ensemble. Cet évènement, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Matt a l’impression que tout le monde l’abandonne et qu’il doit alors avoir quelque chose qui ne va pas chez lui. J’ai toujours trouvé que l’histoire de son père en Irak n’avait jamais été réellement développée, dans le sens où on ne voyait pas réellement les conséquences sur Matt. Eh bien, voilà, nous y sommes. Matt le vit comme un abandon, comme tout ou presque de ce qui lui est arrivé dans la vie. Son père, Julie, Carlotta. Le cumul des situations a fini par faire qu’il s’est placé en coupable. C’est finalement assez difficile de l’entendre, et de voir la souffrance de Matt. La difficulté de la situation de Saracen prend soudainement une autre dimension, beaucoup plus intense.

Le sort ne s’acharne pas que sur Matt, sa nouvelle victime se trouve être Smash. Et là aussi, on n’y va pas par quatre chemins. Smash reçoit une lettre de TMU qui remet en cause sa place au sein de l’université suite à un comportement qu’on juge instable, dû aux derniers évènements. Ne pas pouvoir jouer pendant les 3 matchs importants à venir avait déjà été un choc. Soudainement se rajoute la perte de tout un avenir. Smash voit ses rêves s’envoler. Il veut rester près des Panthers, il veut continuer le football, il veut vivre son rêve. Tout vient de lui être arraché d’un coup. La chute est difficile, le choc plus que violent. On le voit avec sa mère, qui souffre autant que lui, car elle sait son fils brisé, et on le voit soutenir les Dillon Panthers, leur donner la force de gagner même sans lui, de le faire pour lui, pour eux, alors qu’il ne peut y être. Et on voit Smash s’effondrer une fois que tout le monde est parti.
Comme avec Matt, on est pris dans la tourmente de Smash du début à la fin. L’intensité dramatique monte tout du long, au même rythme que Smash assimile les évènements, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus contenir son mal-être.

Pour alléger un peu l’ambiance de l’épisode, nous suivons Tyra à qui Jean lui demande la permission de sortir avec Landry. Elle veut savoir si c’est une concurrente ou une simple amie. Tyra opte pour la deuxième option, mais cette nouvelle situation lui fait réaliser qu’elle tient à Landry, et que d’un coup, voir quelqu’un d’autre sur les rangs lui fait peur. Il est temps de prendre les choses en main. Elle va alors avouer à Landry ses sentiments, mais ce dernier va au début dire non. Il sort avec Jean. Pourtant, on le sait bien, on le sait tout de suite, Landry va revenir sur sa décision. Tyra est la fille qu’il désire depuis longtemps. Il est quand même intéressant de lui avoir fait dire non à un moment, qu’il ne soit pas revenu bêtement vers Tyra, mais que sa décision soit réfléchie. Il va donc aller chez elle, après s’être séparé de Jean, pour embrasser Tyra.
L’histoire a le mérite en effet de faire chuter la pression, face aux autres évènements qui se déroulent. Et on peut dire que même si c’était assez prévisible, le retour du couple Tyra/Landry se fait au bon moment, où on est enfin content pour eux.

L’épisode marque aussi une étape importante : Julie passe son permis. Et, cela se trouve au milieu de ses problèmes relationnels avec sa mère. Au premier abord, on a l’impression qu’elle vit mal la complicité qui s’est installée entre Tyra et Tami, dû à l’équipe de volley-ball. Eric se rend bien compte qu’il y a un problème, mais pas sa mère. Il faut dire que passer après sa mère, auprès d’une amie, ce n’est pas ce qu’il y a de plus plaisant. Et puis, l’équipe de volley-ball gagne et Tami amène son équipe chez elle pour fêter l’évènement. Et quand Julie rentre, elle n’est pas heureuse. Alors, Tami commence à faire la psy, jusqu’à ce que sa fille la remette à sa place : elle devait la conduire pour qu’elle puisse passer son examen de conduite. Ce retournement de situation est impeccable, bien dosé et bien calculé. Tami se trouve en faute, ce n’est plus Julie la coupable. La mère a commis une grave erreur, et elle va tout mettre en œuvre pour la réparer. L’idée est ingénieuse, et placer Tami en faute, encore plus.

Plus qu’un épisode avant la fin de la saison. Friday Night Lights a plus que retrouvé ses marques, cet épisode nous offre le meilleur de la série, où l’on réalise à quel point sans les acteurs, la série ne serait pas aussi bonne. Zach Gilford et Gaius Charles sont tous les deux épatants, et donnent à l’épisode toute son âme.