Friday Night Lights – Thanksgiving (4.13)

Thanksgiving approche, de même que le match entre les Dillon Panthers et les Dillon Lions. Tim et Billy doivent faire face aux conséquences de leurs actions criminelles, alors que Tami doit faire un discours d’excuse. Matt est de retour en ville pour les fêtes, et Landry a le cœur brisé.

On nous l’a fait miroiter pendant une bonne partie de la saison, c’est la confrontation entre les Panthers et les Lions qui occupera une partie de ces 45 minutes – entre préparatifs et match –, mais qui ne conclura pourtant pas l’épisode. Malgré la place symbolique du football, c’est sur un visage, définitivement synonyme de changement et de départ que l’on achève cette saison.

Il faut dire que pour la première fois dans l’histoire de Friday Night Lights, l’équipe créatrice savait qu’il y aurait une saison 5 et si dans l’esprit de la série, Thanksgiving aurait fait un final convenable, il est pour le coup beaucoup moins fort que celui de la fin de saison 1 ou 3, véritablement écrite en tant que conclusion.

Nous avons pas mal de portes qui s’ouvrent, de situations qui évoluent, et qui nous montrent déjà la direction que la suite de la série va prendre. Ainsi, l’histoire entre Landry et Jesse prend fin, sans trop de regrets pour moi, pour laisser la jeune fille aller une bonne fois pour toutes vers Vince. Dommage que cela fut construit au détriment de Landry, qui fut alors cantonné à n’être que le gentil petit copain durant quasiment toute la durée de cette saison 4. Ce n’est pas la seule qui s’achève, c’est aussi le cas de celle de Julie et Matt, avec ce dernier de retour, le couple peut enfin se faire de véritables adieux. De même pour Tim et Becky, chacun ayant apporté à l’autre ce dont ils avaient besoin au moment ils en avaient besoin, sans le savoir. Mais il est évident que Becky va devoir suivre sa route toute seule, alors que Tim s’engouffre sur un chemin bien plus compliqué.

Car Friday Night Lights nous a beaucoup habitués à mettre en avant les liens affectifs, ceux de l’amitié et de la famille, ainsi que le soutien que l’on peut apporter à autrui, avec un épisode intitulé Thanksgiving, on trouve dans les histoires, entre séparations et réconciliations, un véritable écho à cette thématique générale. Tim se sacrifiant pour son frère, pour sa famille, nous exposant une nouvelle fois la particularité de la relation entre les frères Riggins, qui est passé par beaucoup. Puis, nous avons Tami et son discours d’excuse imprononçable. Cela n’aurait pas été réellement elle si elle l’avait dit, on s’en doute, et finalement, tout ceci nous mène à ce qui parait être naturel, s’en aller là où se trouve son mari, pour cette vie de famille qui a toujours primé, pour les Taylors qui incarnent l’idéalisme de la série.

Et nous avons le match. J’ai longtemps hésité sur le résultat de ce dernier. Quoi qu’il arrive, je serais toujours du côté de l’équipe du coach Taylor et tout fut fait pour qu’il en soit ainsi. C’est avec elle qu’on a passé la saison, on a assisté à sa construction, à ses épreuves, et il est naturel de vouloir la voir gagner. D’un autre côté, quelle décision prendre ? Celle de la romance télévisée qui nous offre une victoire ou celle du réalisme. Soyons honnêtes, le coach Taylor, aussi bon soit-il, dans la réalité, n’aurait pas pu battre les Panthers après une saison. Seulement, après tant de malheurs, de drame et de lutte, cette victoire, on l’a veut. Elle est presque habile, incarnant la force d’Eric et surtout sa croyance en ses joueurs et, à sa façon le fait qu’il y a toujours de l’espoir. Les mots qu’ils prononcent à Landry symbolisent parfaitement cela, tout comme le fait que ce soit lui, ancien joueur des Panthers, complètement formé par le coach, qu’il soit en bleu ou en rouge, qui offre la victoire. Dans la vraie vie, elle n’aurait pas dû avoir lieu, mais qu’importe, car elle fut magistralement mise en scène.

La victoire, ou l’après victoire aurait pu conclure la saison, incarnation de ce qui fut construit avec les Lions. Au lieu de cela, avec une porte ouverte vers l’avenir, à Dillon ou loin de la ville du Texas, c’est vers cela que se tourne les dernières minutes de l’épisode : sur la séparation déchirante des frères Riggins, sur la famille Taylor installant les premières décorations de Noël et surtout, sur Landry et Matt dans un avion volant en direction de Chicago. Il n’y a pas réellement besoin de mot. Les dernières notes (« Goodbye » de Steve Earle) et le visage de Matt disent tout.

S’il fait ses adieux à Dillon, nous, nous avons encore 13 épisodes avant que cela n’arrive. Rendez-vous la saison prochaine.