Friday Night Lights - The Lights of Carrol Park (4.09)

À la recherche d’un de ses joueurs, le Coach Taylor est témoin d’une fusillade. Becky découvre qu’elle est enceinte. La relation de Jesse et Landry se développe. Vince cherche du travail sans trop de succès. Julie se retrouve à faire de la construction.

Coach Taylor : Do you realize ? By proxy, I’ve now kissed Glenn!

Je dois l’écrire à quasiment toutes les critiques, et apparemment je ne m’en lasse pas, mais ce qui m’impressionne définitivement cette saison, c’est leur capacité à réussir à jongler parfaitement entre tous les protagonistes, qu’ils soient du West ou de l’East. Avec, en plus, des petites scènes qui s’y glissent et qui ne font jamais tâche, qui nous éclairent sur la situation, changent notre approche et notre opinion. Bref, sur ce plan-là, il faut le dire, cette saison 4 est une petite merveille.

Je suis un peu moins enthousiaste pour tout ce qui se rapproche à la différence sociale, bâtie un peu trop autour d’une différence raciale. Alors, il faut le dire, East Dillon est un lieu qui semble toujours sorti de nulle part et dont l’attache avec West Dillon m’est toujours invisible, mais qu’importe mes doutes, car la construction de l’histoire aime abattre chacune de mes pensées inquiètes. La beauté de Friday Night Lights encore une fois.

Ainsi, l’introduction, avec Coach Taylor à la recherche d’un élève, ne fait pas très naturelle, sonne un peu trop caricatural. Tant pis pour ce départ raté, car la suite sera à la hauteur des personnages qu’elle va mettre en scène : touchante, engageante et battante. Après l’incident qui a lieu près de lui, voilà Eric décidé à faire fonctionner les lumières sur ce terrain vague pour fournir un peu plus de sécurité à ses joueurs qui vivent dans ce dangereux quartier. À cela va venir se mêler un Buddy Garrity investit et prêt à utiliser un peu de son pouvoir, et surtout, le père de Jesse, jusque-là, peu exploité, mais qui va gagner en développement au sein de cette histoire – et de celle avec Vince.  Avec eux, Elden, un homme maintenant dévoué à la communauté et respecté en partie à cause de son passé de criminel – il a fait de la prison. Il est par ailleurs interprété par Larry Gilliard Jr. (aka D’Angelo dans The Wire).

Les mêmes débuts balbutiants et peu assurés ont touché Vince, sont encore présents quand sa bande de copains pointe son nez, et qu’on se rappelle cette histoire de vol de voiture. Mais, j’aime le voir avoir pleinement accepté l’aide du Coach, sa volonté de prendre une autre direction, l’étrange relation qui le lie au père de Jesse. Même la confrontation de regard avec Landry, à la fin, me ferait oublier à quel point le triangle amoureux n’est pas tangible et semble avoir une symbolique et une utilité très limitée. D’ailleurs, dans cette histoire, Landry, en décalage total, y met une jolie pointe d’humour.

L’épisode fournit aussi beaucoup sur le plan relationnel. Cette saison profite beaucoup à Julie, amoureuse, fragilisée, détruite et qui se reconstruit. Métaphoriquement parlant, on aurait pu faire un peu plus subtil, mais qu’importe, car après le départ de Matt, elle mérite d’être heureuse, et que si c’est d’un Ryan dans le bâtiment (oui, oui, le nom et le métier s’associent définitivement bien) qu’elle a besoin, qu’il en soit ainsi ! C’est simple, mais un peu de simplicité ne fait pas de mal.

De cela, Becky en aurait bien besoin. Voilà qu’on nous sort l’adolescente enceinte – encore une intrigue clichée que je regardais d’un mauvais œil. Mais, c’était sans compter sur Luke (que j’espère gagnera une véritable place la saison prochaine), jeune homme réfléchi, responsable, qui va offrir une approche différente, qui va apporter des options terrifiantes à une Becky prêtes à passer à l’avortement (assez logique), mais qui n’a aucunement réfléchi aux conséquences. Tout ce que je demande à cette histoire, c’est de ne pas finir sur une fausse couche ! Au milieu, Tim est un peu perdu, pensant qu’elle est distante à cause du baiser. Leur petite scène finale est plutôt mignonne, montrant une fois de plus la place plus fraternelle et/ou paternelle de Riggins dans la vie de la jeune fille, quelque peu attirée par lui à cause d’un manque d’affection assez évident.

D’ailleurs, cela me rappelle une petite scène, fort significative, glissée au milieu, et qui a réussi à changer mon regard sur des évènements passés : Joe McCoy apprend à Tami sa séparation avec sa femme. D’un coup, le comportement de J.D. prend une autre dimension, l’humilité du père dans le bureau attire notre sympathie – pour un homme qui fut détestable quasiment dès son arrivée. La famille McCoy a été brisée, alors que nous nous trouvions loin des Panthers. J’ai aimé qu’on nous le dise, et j’espère vraiment que cela sera un peu exploré. Je regrette le fait que des personnages comme J.D. furent mis de côté cette saison, et ces petites scènes permettent vraiment de rappeler qu’on avait tissé des liens avec ces personnages.

Enfin, cette nouvelle va donner envie à Tami d’avoir un rendez-vous avec son mari, qu’elle voit de moins en moins. Ce dernier vient d’ailleurs d’apprendre par Glenn l’échange de baiser qu’il y a eu à la soirée karaoké. La réaction du Coach, la réplique, la blague qui en né, enfin le couple et ses petits moments sont comme d’habitude parfaits. Rien à dire.

Franchement, après tout cela, je ne vois pas quoi dire pour conclure cette critique, à part que voir Friday Night Lights utiliser des intrigues au départ clichées, puis les exploiter, les développer et n’en tirer que le meilleur démontre tout le talent que cette série possède – devant et derrière la caméra.

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CaroleC
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