Dans un immeuble, des évènements étranges se produisent depuis quelque temps. Quand plusieurs personnes décèdent simultanément, la division Fringe intervient et découvre rapidement qu’une simple histoire de fantôme pourrait cacher l’apparition de la première fissure interdimensionnelle.

Retour dans l’univers régulier de la série avec un élément central qui va pousser les personnages dans des zones émotionnellement difficiles.

Tout commence par un évènement fringe que l’on pourrait qualifier de traditionnel pour le show. Cela dit, comme c’est à présent le cas de manière presque systématique, derrière les prémices d’un épisode standalone classique se cachent les bases d’une intrigue ancrée dans la mythologie du show.

L’histoire se centre sur une femme, Alice Merchant (Phyllis Somerville). Elle a perdu son mari il y a quelques mois et, désormais, elle voit ce qu’elle croit être son fantôme. Rapidement Walter arrive à la conclusion que l’homme qu’elle perçoit est en fait dans l’autre univers. Une perspective alarmante, car de leur côté, les problèmes des fissures interdimensionnelles ne s’étaient jusque-là pas posés et rien n’a été pensé pour les contrer.

Qu’est-ce que Walter peut faire ? Utiliser l’ambre, comme Walternate. Cette décision n’est pas anodine pour lui, car soudainement il réalise que celui qu’il a dépeint comme un monstre prêt à tout n’est peut-être pas si différent de lui que ça, car mis dans la même position, la seule solution à laquelle il pense est celle que son ennemi a choisie.

Les habitants du second univers sont de plus en plus montrés comme des victimes qui ont dû s’adapter à une situation horrible. Cette façon d’humaniser l’ennemi tend à installer une confusion, à sortir de la représentation binaire du combat. Walter prend progressivement conscience que son opposant n’est pas forcément l’être diabolique qu’il croit et cela veut dire qu’il n’est pas lui-même nécessairement du bon côté de la barrière. Les choses se compliquent dans la tête de Walter, ce qui le met dans un état de confusion qui n’est pas arrangé par l’urgence de la situation.

Heureusement, Peter et Olivia vont voir une alternative en tentant de répondre à des questions d’un ordre différent, se concentrant sur l’aspect humain de la crise. Il faut dire qu’ils sont eux-mêmes pris dans leurs affaires sentimentales.

Encouragés par Walter, ils vont aborder de front leurs problèmes. L’épisode va donc leur offrir l’opportunité de dialoguer, les deux exprimant ce qu’ils attendent l’un de l’autre et ce qu’ils craignent. La direction prise est clairement choisie pour compliquer la tâche pour Peter – vis-à-vis de la révélation de l’épisode précédent qui entrera dans la balance à un moment important, comme on s’en doute.

Quoi qu’il en soit, il est rapidement évident que le point de départ de l’histoire n’était qu’un prétexte pour explorer des thématiques claires qui servent à faire évoluer les protagonistes. L’ensemble parvient à s’appuyer sur l’urgence de la situation pour créer l’environnement adéquat afin d’entrainer l’intrigue là où elle devait se diriger afin de tirer un maximum des conflits intérieurs des personnages.

6B est donc un épisode assez complet et intéressant, même si l’instrumentalisation de ses différents ressorts dramatiques est bien trop évidente, ce qui tend à réduire l’intensité du suspens. Cela dit, l’exploration du passé de la série et l’exposition d’un futur encore plus sombre compensent ces faiblesses en offrant une vision qui dépasse les limites de l’histoire du jour.