Un avion a atterri avec l’ensemble de l’équipage et des passagers morts. L’agent Olivia Dunham du FBI est appelé pour enquêter. En poursuivant une piste, son partenaire l’agent John Scott est pratiquement tué. Elle va alors tout faire pour trouver le moyen de lui sauver la vie. Sa seule piste, le professeur Walter Bishop, sort de savant fou enfermé dans une institution spécialisée. Son fils Peter est le seul à pouvoir l’en faire sortir et va donc être poussé à le faire par Dunham. Les pièces de l’enquête s’assemblent petit à petit, laissant apparaître une affaire bien plus grande qu’une attaque terroriste.

Nouveauté de la FOX pour la rentrée d’automne, Fringe débute avec un double épisode qui va servir à poser les bases de sa mythologie. La promotion présente un projet à la fois enthousiasmant et inquiétant. Il faut dire que le nom de J.J. Abrams n’est pas forcément encourageant, il a quelques ratés à son actif, et on annonce ici un scénario écrit par Alex Kurtzman et Roberto Orci, a qui l’on doit Transformers. Autant dire que ce n’est pas là-dessus que je mettrais l’accent, le film de robots est sympathique, mais il ne faut pas pousser.

Bref, tout ça, c’est la promo, maintenant on a droit de voir le résultat final.

L’épisode commence par nous mettre en place les éléments déclencheurs qui pousseront Dunham au cœur de l’enquête. Elle est le moteur de toute l’histoire, sa volonté et ses motivations sont on ne peut plus explicites. Sa place dans l’histoire est vite établie, plaçant tous les autres protagonistes en retrait.

L’introduction du docteur Bishop tient la route, tout comme les raisons qui poussent son fils dans l’histoire. Bien qu’étant clairement des personnages importants pour la série, ils seront aussi placés dans l’ombre de Dunham.

Les premières infos sur la série laissaient croire que nous allions avoir un nouveau X-Files. C’est à la fois vrai et faux. Certes, le contexte s’y prête : agent du FBI, évènements mystérieux… Mais cela va vite s’arrêter, car on peut oublier les extra-terrestres et le surnaturel à base de légendes urbaines. Non, ici, c’est la science le thème principal. Ses abus, surtout. On sort du domaine cartésien pour s’attaquer à une vision plus fantastique en parlant d’expériences impliquant des notions encore peu exploitées par le commun des mortels. Perversions scientifiques et expériences interdites, donc. Le genre de choses que Bishop semblait pratiquer à son époque, et il n’était pas seul.

Là encore, on pourrait facilement lier Fringe à l’ancien succès de la FOX, car nous avons le droit à un complot. Un bon gros méchant qui travaille à l’international, laissant derrière lui des évènements sans explications tout droit inspirés des 4400. Par contre, il faut le dire clairement, ici, on ne nous parle pas de manipulations par des forces dirigeantes obscures qui s’associent pour manipuler l’information et préparer l’arrivée des aliens. Non, on nous pointe du doigt une méchante corporation, multinationale développée par l’ancien collègue de Bishop.

Ce pilot se montre assez bien construit, suivant un chemin un peu trop borné peut-être, car les retournements de situations ne surprennent pas vraiment. La fin, en particulier, aurait mérité d’être un peu moins prévisible. La réalisation reste humble, pas d’effets excessifs histoire de montrer que les millions ont été bien investis. Le casting n’est pas mauvais non plus. Joshua Jackson se montre même bien plus charismatique que les previews ne le laissaient croire. Les seconds rôles sont tenus par des acteurs solides, ce qui permet de ne pas perdre en crédibilité. Reste donc Anna Torv qui n’est pas la débutante que la Fox présente, l’actrice britannique a déjà une petite carrière dans son pays. Elle est par contre toute nouvelle à la télévision américaine, ce qui permet de ne pas l’identifier à un autre rôle. Elle se montre très convaincante, ne tombant pas dans les expressions faciles et stéréotypées de ce type de rôle. Son accent n’est pas totalement effacé, ce qui apporte un peu d’exotisme, si je puis dire. Bref, elle s’approprie sans problème sa place au premier plan. Le seul bémol vient du fait que l’on a de cesse de nous faire remarquer qu’elle doit être fatiguée de tout ça, ne pas dormir et courir dans tout les sens. Rien de surprenant, car c’est vrai, mais bon, il faut aussi dire qu’elle reste resplendissante d’un bout à l’autre, pas la moindre trace de fatigue ou autre. C’est peut-être ça le véritable mystère…

Même sans être révolutionnaire, ce pilot de Fringe se montre assez distrayant. Certes, il se suffit presque à lui-même, et ne garantit pas que la suite sera véritablement digne d’intérêt, mais il pose bien les bases de son concept et de son mystère.

La version originale de cette critique a été publiée le 15 juin 2008, à partir de la version préair de l’épisode. La version finale ne comporte pas de différence notable avec la préair.