Une équipe de Massive Dynamics a terminé d’assembler la mystérieuse Doomsday Machine, mais n’arrive pas à savoir comment elle fonctionne. Quand Peter s’approche d’elle, elle se met à réagir. Quelqu’un se met à tuer des shapeshifters dont les noms étaient présents dans les notes de la fausse Olivia.

Avant de parler de l’épisode, notons que Walter règle le problème du nom à donner à la seconde Olivia, puisqu’il l’a baptisé Fauxlivia, et c’est donc ainsi qu’on l’appellera désormais.

Donc, Reciprocity. On pouvait croire que maintenant que la série retrouvait une forme que l’on pourrait qualifier de plus linéaire, l’intrigue allait suivre le mouvement et tristement se simplifier. Ce dernier épisode est là pour nous dire que non, ça n’est pas prêt d’arriver et, mieux encore – selon le point de vue –, elle va se complexifier un peu plus.

Dans ce sens, nous avons la question identitaire qui paraissait cantonnée à Olivia, prise entre sa vie vécue par Fauxlivia et sa vie qu’elle vient de résumer. Où se trouve-t-elle vis-à-vis de Peter, de son travail, et de tout le reste ? Elle semble trouver une sorte de paix avec cela en acceptant le fait qu’elle et son double alternatif sont similaires en bien des points. Elle se refuse de souffrir de ce qui a été construit en son absence et décide donc de se focaliser sur ce qu’elle sait vrai pour bâtir un futur qui est sien. Une réaction que l’on a vue naitre sur plusieurs épisodes et qui, à ce point, a été assez bien maitrisée puisque le personnage se bat toujours avec ses doutes et ceux de ses collègues.

Cela dit, comme je le disais, cette question paraissait cantonnée à Olivia, mais ce n’est pas (plus) le cas. Le précédent épisode nous a montré que Walter se savait incomplet et comptait remédier à cela. Pour y parvenir, les scénaristes trouvent une solution très commode, mais s’en excusent presque en l’utilisant pour générer de la comédie. Donc, si Walter ne devient pas un chimpanzé, il pourrait finir par renouer avec l’homme qu’il a été, ce qui offre de nouvelles perspectives d’avenir, surtout dans un combat entre génies où la fin d’un Monde est en jeu.

Mais dans le genre crise identitaire, cet épisode va nous prendre de court en montrant une facette inconnue de Peter. Son étrange relation avec la Doomsday Machine apparait bien plus complexe que l’on aurait pu le croire. Il quitte son statut de simple pile électrique pouvant l’allumer. On nous suggère désormais qu’une connexion existe à plus d’un niveau et qu’elle n’est pas à sens unique. Où cela peut-il mener Peter ? Mais surtout, pourquoi lui ?

La réponse, elle n’est pas pour tout de suite, car le mystère autour de la machine et de ceux qui l’ont construit ne fait qu’être entamé. D’ailleurs, on nous met en place un bout de mythologie classique de l’univers Fringe : William Bell est déjà passé par là. Ce dernier fait un sacré retour dans cet épisode et, même mort, il semble être celui qui détient des informations cruciales.

Quoi qu’il en soit, Olivia, Walter, et Peter ont chacun un rôle à jouer dans la sauvegarde (ou la destruction) du Monde. Et, au lieu de renforcer leurs positions, les scénaristes préfèrent tous les envoyer dans des zones troubles qui pourraient nous faire perdre nos repères. Un angle ambitieux qui devrait permettre à cette fin de saison de conserver l’intensité du début.

Reciprocity explore donc de nouvelles voies, tout en gardant une forme classique qui permet d’implémenter soigneusement des twists et d’utiliser tous les protagonistes pour entretenir le rythme, le suspens, et les différents enjeux. Nous avons là ce qui s’apparente clairement au coup d’envoi de la seconde moitié de saison, se plaçant judicieusement après un épisode qui nous explicitait le fait qu’un sacrifice allait devoir être fait. On ne peut alors penser qu’à sa mise en œuvre qui va probablement nous hanter dans les semaines (mois) qui viennent. Fringe a des munitions et compte les utiliser.