Après être passée dans un univers alternatif pour rencontrer William Bell, Olivia Dunham revient dans notre monde. Elle n’a pourtant pas fini de faire face à cet autre monde, qui bouscule sa vie, alors qu’elle mène toujours des enquêtes quand un étrange phénomène se produit sur le territoire américain.

Après une première saison ayant avant tout mis en place pas mal d’éléments mythologiques à la série, Fringe revient après avoir quitté New York pour Vancouver, dans le but de faire des économies. Ce changement géographique va avant tout jouer sur le visuel de la série, qui va grâce à cela acquérir une identité plus forte – le Vancouverse étant un lieu parfait pour une série de genre.

Cela n’a en soit pas d’impact sur la direction scénaristique de la série, qui ne va pourtant pas être épargnée pour sa seconde année. Différentes décisions vont être prises, les showrunners J.H. Wyman et Jeff Pinker tâtonnant étrangement à trouver un équilibre entre ses protagonistes, ses stand-alones et sa mythologie.

Le début de la saison fera ainsi la part belle à Peter, mettant Olivia de côté. L’agent du FBI revient d’un univers alternatif et doit encaisser le choc physique et psychologique (celui-ci s’incarnant par la perte d’un collègue proche). Cette voie n’est pas la plus concluante qui soit, surtout qu’elle s’accompagne d’énormément d’épisodes indépendants. Ces derniers donneront le change pendant un temps, mais finiront pas affaiblir le show.

La série tarde beaucoup à ramener les éléments mythologiques au cœur même de l’histoire, et cela va se faire en grande partie grâce à Walter. Jonglant entre le potentiel comique et tragique du personnage, l’histoire va totalement embrasser les possibilités que lui offre le docteur Bishop pour le placer au cœur de son intrigue. Entre ses expériences, son lien avec les Observers, le passé de Peter, et son histoire personnelle avec William Bell, Walter deviendra la force de la série, lui apportant une dimension psychologique forte. Conséquence : John Noble va éclipser quasiment tout le monde, prenant les devants. C’est principalement gênant pour Olivia qui va tarder à reprendre la place particulière que la saison 1 s’était exercée à lui attribuer.

Une fois que nous quittons le champ des histoires indépendantes, cette seconde saison de Fringe va principalement s’orienter sur les connexions existantes entre les deux univers : le nôtre et l’alternatif. Un choix qui va permettre à la seconde partie de saison de trouver une véritable direction et d’enfin étoffer son récit. Tout de suite, la série se montre plus riche et plus intéressante. Les perspectives qu’ouvre l’univers alternatif vont par ailleurs devenir plus importantes grâce à un season finale nous offrant pour la première fois un véritable aperçu des différences entre notre monde et l’autre – la plus importante se trouvant surtout du côté  des protagonistes – pour poser les premiers jalons de la prochaine saison.

Ainsi, pour sa seconde saison, Fringe se sera temporairement égaré dans des histoires trop indépendantes, ne parvenant pas à trouver le juste équilibre entre phénomènes étranges et développement mythologique. C’est Walter Bishop qui offrira à la série son salut et sa profondeur, pour donner ainsi jour à des épisodes plus complexes. Une fois que l’équipe créatrice s’est décidée à retourner dans la mythologie du show, Fringe a de nouveau pu s’affirmer et retrouver réellement sa force.

La saison 2 de Fringe est disponible à la vente en DVD et en Blu-ray.