À l’aide d’un simple stylo, un homme déclenche des réactions en chaine qui mènent à la mort de personnes lors d’accidents de la route. Bien qu’en apparence aléatoire, ses meurtres attirent la division Fringe dont les agents n’ont pas vu de stylos à bille depuis l’école primaire.

Difficile de savoir à ce point si nous avons là une sorte de schéma pour la saison, mais nous revoilà dans le monde alternatif. Alors, alternance entre les deux univers ou non ?

Une chose est sûre et confirmée par cet épisode, Olivia n’a pas disparu, elle est encore là, quelque part au fond de sa tête, cherchant à reprendre les dessus.

Quoi qu’il en soit, monde alternatif ou non, une affaire Fringe démarre toujours par une mort étrange. Ici, ce n’est pas totalement le cas, mais il y a quelque chose de peu cohérent dans les probabilités. D’ailleurs, de ce côté-là, cet univers possède une Astrid spécialisée dans le domaine, disant ainsi aux agents les chances qui existent qu’ils soient sur la bonne voie. Cela dit, il n’était pas forcément nécessaire de la rendre robotique.

Bref, là où l’épisode va parvenir à capter l’attention, c’est avec les détails, ou plutôt, les différences. C’est une sorte de jeu évident que les scénaristes veulent entretenir avec le spectateur, plaçant Olivia au centre. Va-t-elle réagir aux particularités du monde dans lequel elle évolue ? Le coup du stylo à bille est assez bien trouvé, tout comme l’affaire de la variole, ou les bouteilles à oxygène. C’est accessoire, mais efficace pour crédibiliser l’environnement et bâtir une intrigue solide.

En soi, la partie expérimentation qui tourne mal aurait très bien pu sortir de Massive Dynamics. Par conséquent, un univers ou l’autre, cela n’aurait rien changé, sauf qu’Olivia n’est pas la même, que Walter n’est pas là, que Charlie est là, et que l’agent Lee existe. La dynamique est totalement différente et c’est ça qui rend l’affaire adéquate pour explorer ce qui diffère entre les deux mondes alternatifs.

Bref, cette saison se poursuit en embrassant complètement ses concepts, comme les précédents épisodes le laissaient paraitre. Mais on ne va pas rester comme ça longtemps, car Olivia, celle que l’on connait, ne va pas se laisser effacer sans se battre et on nous met en place les premières pièces du processus qui la fera redevenir elle-même. Une approche sur plusieurs fronts, entre les souvenirs et les projets de Walternate, qui manipule avec une certaine sensibilité les liens qui lient les Bishop à Olivia, tout en utilisant des références à l’histoire de la série. On peut ainsi commencer à apercevoir les obstacles qui vont se dresser face à Olivia.

Mais en attendant, Fringe parvient à remanier sa formule traditionnelle pour nous permettre d’explorer l’univers inédit qui s’offre à nous. Ce plaisir de la découverte s’associe à une construction ambitieuse de la mythologie du show, et à une intrigue classique – dans la forme – qui a fait ses preuves. Une nouvelle confirmation du niveau de maitrise que l’équipe créative a atteint. On peut toujours s’inquiéter sur ce que la série veut accomplir sur le long terme, mais chaque épisode montre qu’il n’y a pas vraiment de raison pour ça.