Critique

Bender ouvre son esprit à l’imaginaire et à Donjons & Dragons, tandis que Leela doit apprendre à contrôler ses accès de violence. Le professeur ne supporte plus la pression économique qu’il subit à cause de l’augmentation incessante du prix de la matière noire, il va donc chercher un moyen de mettre un terme à la suprématie de Mom dans le domaine.

Futurama nous revient pour la troisième fois avec un direct en DVD et ce coup-ci, l’équipe de David X. Cohen s’attèle à rendre hommage à Dungeons & Dragons qui a animé leur jeunesse, et dédie ce métrage à Gary Gygax, créateur du célèbre jeu de rôle qui nous a quittés il y a maintenant quelques mois.

L’un des bonus du premier film, Bender’s Big Score, nous montrait à quel point l’équipe créatrice derrière Futurama était composée d’une grosse bande de nerds. Il ne faut donc pas trop chercher pourquoi le jeu de rôle et l’Heroic Fantasy servent ici de décors à cette histoire proécologique qui critique, sans le cacher, l’industrie du pétrole. La solution du professeur Farnsworth : rendre inutilisable les ressources de carburants pour pousser les chercheurs à en fabriquer du non polluant.

Dans cette aventure, comme pour le précédent film, The Beast With A Billion Backs, Bender va commencer par suivre sa propre route qui le mènera à HAL, l’hôpital psychiatrique pour robots (où il aura des séances de groupes avec la baby-sitter des Jetson), avant qu’ils ne rejoignent, par accident, ses amis.

Le trailer nous vendait une histoire dans un monde d’Heroic Fantasy inspiré de The Lord Of The Rings, et c’est dans la seconde moitié que cela arrivera, car, une fois de plus, la séparation en 4 actes, pour ne pas dire épisodes, est assez voyante, mais moins dérangeante que la fois précédente.

Les deux premiers épisodes sont du Futurama classique, entre pitch de départ grotesque et rebondissements farfelus, le tout blindé de références et de dialogues à double sens. Le résultat est assez bon, dans l’esprit de la série, mais manquant un peu de cohésion.

Les deux derniers épisodes se déroulent dans le monde imaginaire que Bender a créé. Outre le fait que l’inspiration Lord Of The Rings est un trop facile, elle manque aussi d’énergie. En fait, c’est un peu trop bateau et en tant que fan de la série, j’en attendais bien plus que cela. Les auteurs ont démontré qu’ils connaissaient leur sujet, alors les voir faire des blagues plus très fraiches, basées sur un film déjà parodié à toutes les sauces, c’est plus que décevant.

Je ne suis pas très objectif quand il s’agit de cette série, mais je pense que qualifier Bender’s Game de film correct n’est pas très loin de la vérité. Le fait est que ceux qui ne connaissent pas D&D ou même, si c’est possible, le seigneur des anneaux, auront une perception totalement différente, mais également des attentes d’un niveau peu élevé. Ce qui dérange le plus, de manière générale, c’est quand même le manque d’humour. Il ya quelques bonnes, mais ça ne pousse pas très loin, et c’est bien dommage.

Les Bonus

Story Animatics (21:48) – Le premier épisode version storyboard. Pas forcément captivant, mais quand même intéressant.

Futurama Genetics Lab – petit jeu qui permet de mixer les personnages. Rien de révolutionnaire, mais il est marrant de voir les résultats.

D & D & F (7:03) – Les créateurs du métrage reviennent sur l’influence de Dungeons & Dragons dans Futurama au travers de la série, illustré avec des extraits. La nerd part des bonus.

How to Draw Futurama in 83 Easy Steps (7:52) – Les dessinateurs nous montrent comment ils dessinent leurs personnages. Featurette intéressante qui n’est pas dénuée d’humour.

3D Models With Animator Discussion (5:03) – petite présentation des différents véhicules vus dans le film, références à l’appui et détails sur la réalisation.

Cup or Nozzle? (1:03) – une petite scène coupée, sympathique, mais une seule, ça fait radin.

Blooperama 2 (1:51) – petit tour dans la salle d’enregistrement des voix avec les acteurs. Le précédent film avait la même chose, sans grand intérêt.

Bender’s Anti-Piracy Warning (1:12) – Bender démontre que rien ne pourra l’empêcher de pirater !

Into the Wild Green Yonder (1:14) – Trailer un peu mou du quatrième film à venir en 2009.