Game of Thrones : Le Trône de Fer – Winter is Coming (Saison 1)

Dans le royaume de Westeros où les étés durent des décades et les hivers peuvent perdurer une vie entière, les Stark de Winterfell reçoivent la visite de la famille royale. Un séjour qui va amorcer une violente lutte de pouvoir quand le roi Robert Baratheon fait une offre à son ami Eddard Stark que ce dernier ne peut refuser. De l’autre côté de la mer, Viserys Targaryen marie sa sœur dans le but de donner jour à une alliance pour retrouver le trône de fer et les terres sur lesquelles ont régné ses ancêtres.

Adaptation de la saga de fantasy encore en cours de G.R.R Martin, Game of Thrones, titre de la série et du premier livre qu’elle adapte ici, entraine le téléspectateur dans les Seven Kingdoms à l’approche d’un hiver qui ramène avec lui des forces obscures et dangereuses.

Composée de 10 épisodes, la première saison de Game of Thrones se révèle avant tout comme un enchainement d’évènements qui provoquent des luttes de pouvoirs prenant des proportions énormes avec le temps. Seulement, la guerre pour le trône n’est peut-être pas celle qui importe…

Il n’empêche que son lancement sera ce qui occupera les débuts de la série, avec la mort de Jon Arryn, la Main du roi. Eddard Stark hérite alors du poste et il sera poussé à se poser beaucoup trop de questions, comme son prédécesseur. Enfin, cette nouvelle position entraine Ned Stark loin de chez lui, à King’s Landing pour participer à un enchainement de scènes d’exposition et d’explication que le show ne peut pas totalement éviter.

En effet, avec ces multiples familles, leurs emblèmes et leurs histoires passées pour un trône de fer loin d’être confortable, Game of Thrones doit installer les bases de son univers et s’assurer de ne pas perdre le spectateur en cours de route. Les protagonistes sont nombreux, mais on peut aisément ressortir à ce stade trois familles autour desquelles les autres personnages gravitent : les Stark, les Lannister et les Targaryen. Les direwolves, les lions et les dragons.

Seulement, à force de mises en place, certains passages semblent malheureusement être étirés sans véritablement fournir les approfondissements nécessaires. Ainsi, de l’autre côté de la Narrow Sea, où Viserys marie sa sœur Daenerys à Khal Drogo, chef de guerre des nomades Dothraki, il faudra une moitié de saison pour que l’histoire parvienne à se doter d’une réelle épaisseur et qu’elle quitte le champ des simples discours explicatifs. Le peuple des Drothaki restera malheureusement très unidimensionnel. Ce procédé affaiblira légèrement l’évolution psychologique de Daenerys, malgré une belle montée en puissance dans la seconde partie de saison.

Il aurait pu en être de même au Mur, magnifique décor qui se dresse entre le Royaume et une menace inconnue grandissante. Là-bas, Jon Snow, bâtard d’Eddard Stark, revêtira le noir pour servir le Night’s Watch et laisser ainsi de côté les querelles de pouvoirs pour quelque chose de plus grand. Mais tout ceci reste avant tout abstrait et, à ce stade, cela ressemble juste à des histoires d’un temps passé. Le Mur et les hommes du Night’s Watch parviennent quand même aisément à s’imposer, avant tout grâce à la personnalité de Snow qui connaît une véritable initiation à la vie et qui doit apprendre à ravaler sa fierté. Peuplé de personnages qui savent rapidement se faire apprécier ou détester, le Night’s Watch s’inscrit comme une des plus grandes réussites de cette première saison.

Dans ce registre, il n’est pas bien difficile de constater avec quelle facilité Tyrion Lannister saura s’imposer. Fils nain d’un père peu affectif, Tyrion est aussi vif d’esprit qu’il aime rester en vie. Il cerne avec aisance ce qui se déroule autour de lui, ne sous-estimant quasiment jamais son opposant. Les meilleures lignes de dialogues sortiront de la bouche du personnage qui exprime parfaitement la complexité du monde dans lequel il évolue, et ce, de la façon la plus explicite qui existe.

Tyrion ne s’embarrasse pas non plus de l’honneur qui définit particulièrement les Stark et qui se trouve au cœur même de leurs actions. Eddard Stark a posé un code de valeurs à sa famille fort estimable, mais qui l’entrainera (et ses fils aussi) dans des directions dangereuses et qui lui fera prendre des décisions qui semblent légèrement stupides (ou naïves, au choix). En tant que Main du roi à King’s Landing, c’est une qualité qu’il est préférable de ne pas trop exposer. Les fourberies et les secrets définissent les multiples relations qui se jouent, ce que la jeune Sansa Stark apprendra violemment.

Enfin, il va de soi qu’avec un si vaste univers, le visuel de la série se doit d’être à la hauteur pour donner totalement vie à Westeros. Malgré un budget important, les limitations financières de l’entreprise trouveront le moyen de se faire occasionnellement ressentir, tout particulièrement à King’s Landing justement. L’esthétisme ne peut pas suffire à soutenir de beaux discours ou pallier à l’absence de quelques combats (même court) qui aurait aisément agrémenté le récit dans sa dernière ligne droite. Le casting se chargera majoritairement de donner le change – merci à Robb Stark d’avoir hérité de la prestance de son père !

En bout de route, Game of Thrones se révèle être une série qui se veut fidèle et qui a surtout saisi l’essence de l’œuvre qu’elle adapte. Elle ne sera pas pour autant épargnée par des défauts propres à une première saison, tels que des passages d’exposition qui se font trop ressentir. Une sensation qui disparait totalement au cours des derniers épisodes qui annoncent une suite plus épique.

Notes supplémentaires :

– Sur le plan de l’adaptation, on peut quand même se questionner sur cette mise en avant de Theon Greyjoy quand en parallèle, Bran Stark et ses rêves de corbeaux sont réduits au strict minimum (ce qui va demander à être étoffé en saison 2) et que Robb Stark ne finit par réellement être exploité qu’en fin de saison. À l’image de Cersei et Jamie, le personnage aurait pu bénéficier de matériel original, surtout que Theon aurait trouvé aisément sa place à ses côtés.

– L’absence trop notable des direwolves durant une grande partie de la saison est légèrement regrettable, tout particulièrement dans certaines scènes où leur présence était utile et légitime, ne serait-ce que pour signifier leur existence.

– Si le casting de Game of Thrones était impeccable, Maisie Williams en Arya Stark fut particulièrement époustouflante, autant que le sadisme de Joffrey Baratheon !

– La musique du générique composée par Ramin Djawadi est tout simplement superbe. Je vous renvoie pour l’occasion aux génériques de la première saison. La soundtrack est quant à elle disponible à la vente.

– Pour terminer, vous pouvez bien évidemment vous plonger dans les livres, si ce n’est pas déjà fait, entre les deux saisons, dans leur version originale ou en français.

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