Cette critique de Game of Thrones contient des spoilers ! Lisez à vos risques et périls.

La guerre bat son plein dans Game of Thrones et ce n’est pas en prêtant allégeance à Daenerys que Jon Snow obtiendra tout le soutien dont il a réellement besoin. Le danger représenté par les White Walkers se précise peut-être pour la Mère des Dragons, mais il reste bien plus éloigné que son conflit avec Cersei.

Pour gagner la guerre, il faut choisir ses batailles. On peut en dire de même pour l’équipe de Game of Thrones qui doit également choisir quel grand morceau de bravoure ou de massacre se doit d’être représenté dignement à l’écran, au détriment d’autres confrontations moins importantes.

Ainsi, la prise de Casterly Rock et la chute de la famille Tyrell n’étaient en vérité qu’un avant-goût. Ce n’est pas tant que ces évènements n’étaient pas majeurs, mais que tous ne peuvent pas être mis au même niveau pour des raisons narratives et économiques. Cela aide les grandes batailles à se démarquer, comme c’est le cas présentement.

Avant de mettre à feu et à sang les soldats, cet épisode de Game of Thrones poursuit les réunions familiales avec l’arrivée d’Arya à Winterfell. La jeune Stark reconnecte avec une sincérité indéniable avec Sansa pour des retrouvailles plus chaleureuses que celles avec Bran. La situation de ce dernier se précise grâce à Meera Reed qui arrive tout simplement à la conclusion que le Bran qu’elle connaissait est lui aussi mort dans la grotte. Il a été transformé et n’a pas encore trouvé l’équilibre entre ses visions et le présent.

Le rétablissement de la famille Stark à Winterfell aide sans conteste à signifier à quel point les personnages ont évolué. Leur identité n’est plus la même, et ils sont encore à une période où l’histoire s’écrit pour eux, où leur place n’est pas explicitement définie pour tous. Jon n’est pas le seul à avoir des difficultés à assumer son statut.

Cela participe à créer un sentiment d’incertitude, à s’interroger sur la direction que les scénaristes favoriseront. Qu’est-ce que le retour d’Arya signifie pour Littlefinger ? Qu’est-ce que ce dernier nous réserve ? Voilà deux questions parmi tant d’autres que l’on peut se poser devant Game of Thrones. La bataille finale devrait pousser les deux camps à repenser plus que leur stratégie.

Plus que jamais, l’avenir est incertain. L’alliance pour combattre les White Walkers est inévitable – le pauvre Jon devant chercher autre chose que les mots pour convaincre les gens qui l’entourent –, mais il y a le temps de bousculer l’ordre établi avant que cela ne se produise. En fait, c’est ce qui se passe depuis le début, avec Cersei s’étant imposé comme une Reine de taille et Daenerys passant enfin à l’action après ses récentes défaites.

Le retour de Theon à Dragonstone – et aux passages ses retrouvailles difficiles avec Jon – n’est là que pour nous éloigner de l’île pour mieux se tourner vers Jaime, Bronn et l’armée des Lannister.

C’est donc le moment où Game of Thrones doit relever un de ses plus gros défis, en mêlant les dragons à cette guerre. Cela n’aura eu de cesse d’être évoqué et il était temps de le montrer. Plus précisément, l’armée Lannister est attaquée par les Dothraki et Daenerys arrive avec Drogon.

Loin de l’attaque navale nocturne d’Euron Greyjoy, celle-ci mise de nouveau sur le feu pour réduire à néant l’armée Lannister, mais nous plonge véritablement dans l’action auprès de Bronn, Jaime et Dany. Les effets visuels et la réalisation créent une scène violente et prenante, mais c’est l’implication émotionnelle qui fait toute la différence. D’une certaine manière, Tyrion représente à la perfection la dualité présente, Main de la reine qui souhaite sa victoire, mais une qui ne se conclut pas avec la mort de son frère.

Entre retrouvailles et affrontements, cet épisode de Game of Thrones capitalise à merveille sur tout ce que ce début de saison 7 a déjà accompli pour emmener le récit encore plus loin, nous scotcher à notre siège et prendre quelques tournants inattendus. Nous ne sommes à l’évidence pas au bout de nos surprises et on ne peut qu’attendre impatiemment de découvrir comment les évènements vont s’imbriquer pour nous mener à ce qui semble inatteignable à ce stade, à l’union entre les différents camps contre un plus grand ennemi.