Ned est fait prisonnier et ses hommes sont tués. Arya s’enfuit, mais Sansa reste et reçoit une offre inattendue. Robb décide de lever une armée pour aller libérer son père. Tyrion et Bronn rencontrent de nouveaux dangers.

G.R.R. Martin, auteur des livres qu’adapte la série, est aujourd’hui le scénariste pour ce huitième épisode de cette première saison (il écrira le neuvième de la seconde). Personne n’était mieux placé pour le travail et il nous offre un épisode complet, rythmé et qui jongle à merveille entre les différents points de vue.

Après deux épisodes qui tendaient à être trop explicatifs, on se retrouve à observer les conséquences de tout ce qui a savamment été mis en place, et ce, sans se perdre dans de longs discours. L’action débute immédiatement avec Siryo et Arya, le professeur de « danse » illustrant alors son talent, tandis que son élève se voit forcée d’utiliser l’extrémité pointue de son épée.

Une entrée en matière efficace qui donne le ton. La suite ne sera tout de même pas aussi sanglante, mais les manigances de ceux qui sont au pouvoir sont clairement là pour causer des blessures qui seront difficiles à guérir. À ce niveau, Sansa est douloureusement crédule. La jeune femme se trouve donc pousser à jouer un rôle contre les siens et elle le fait à merveille, on peut lui reconnaitre ça. Sophie Turner a enfin l’occasion de briller, même si cela se fait sous un éclairage peu flatteur pour son personnage.

Ce ne sera pas la même chose pour Richard Madden, car Robb est finalement en position de s’affirmer et il n’a jamais été aussi imposant depuis le départ. Certes, on ne le voyait pas trop, mais au moins, quand le moment est venu de montrer ce qu’il valait, il a délivré tout ce qu’on était en droit d’attendre, et même un peu plus avec l’aide de Grey Wind, son direwolf.

La guerre est donc déclarée avec Robb d’un côté, Tywin et Jaime Lannister de l’autre. Ce sont des personnages secondaires qui sont projetés au premier plan, ce qui démontre que cette fin de saison va redéfinir les rapports de forces qui régissent la série – comme l’emprisonnement de Ned le suggérait déjà.

On revoit quand même des visages familiers dans tout ceci, car Tyrion et Catelyn sont enfin de retour au cœur de l’action. Quelques nouvelles têtes sont introduites, avec les sauvages qui sont désormais au service de The Imp. Cela promet donc une suite colorée – avec beaucoup de rouge.

Bien entendu, la guerre au cœur de Westeros n’est pas la seule chose qui nous occupe, puisqu’au Nord, nous retrouvons Jon, et au Sud, Daenerys.

Jon va apprendre ce qui se passe avec son père, mais ce n’est pas son comportement à ce moment-là qui compte. Nous avons finalement une suite aux évènements qui ont ouvert la série. Des morts reviennent à la vie et les histoires d’Osha complètent la mise en place pour une attaque qui laisse entrevoir un futur sombre au-delà du Mur. Cela dit, s’il est appréciable de regarder les pièces s’assembler, il est toujours dommage de savoir qu’il va falloir patienter jusqu’à la prochaine saison pour voir cette partie de l’histoire réellement décoller.

Idem du côté de Daenerys, étant donné que même si l’avancée de l’intrigue laisse penser qu’une rapide montée en puissance est en train de pousser les dothrakis au cœur de l’action, il s’agit encore de préparer l’héritière des Targaryen à appréhender ce qui l’attend. Dans l’ensemble, on nous offre ici de quoi divertir, Drogo animant le spectacle avec énergie, ce qui permet de diminuer l’impact de la dernière démonstration, car il est une fois de plus question de faire un point. Cette partie de l’histoire souffre toujours de son manque d’espace pour évoluer, devant compenser avec des passages allant directement au but sans finesse.

Au final, The Pointy End remonte sérieusement la barre, faisant naitre un enthousiasme indéniable à l’arrivée de la conclusion de la saison. Je regrette qu’une scène clé ait été repoussée jusqu’au prochain épisode, mais dans l’ensemble, toutes les storylines parviennent à avoir des moments forts qui entretiennent l’intérêt pour chacune d’elles.