Gentleman Jack Saison 1 : Une femme pas comme les autres

Après un téléfilm réussi consacré aux sœurs Brontë, Sally Wrainwright – créatrice d’Happy Valley – s’intéresse à une autre figure féminine originaire du Yorkshire dans sa dernière série pour BBC/HBO. Gentleman Jack nous relate ainsi l’histoire d’Anne Lister.

Qui est Anne Lister ? Connue en France pour avoir réalisé la première ascension officielle du Vignemale (3 298 m) dans les Pyrénées, Anne Lister occupe aussi les pages d’histoire anglaise pour sa personnalité haute en couleur et le fait d’être lesbienne.

La vie d’Anne Lister est connue grâce à son journal qui sert naturellement d’inspiration à la série. Gentleman Jack nous ramène alors à Halifax en 1832, quand Anne décide de changer le destin de Shibden Hall, sa maison ancestrale, qu’elle a héritée de son oncle. Pour redorer le domaine qui fut négligé, Anne souhaite relancer l’exploitation minière et faire un bon mariage.

Anne Lister est une personnalité que la demi-mesure ne sied guère. Sally Wrainwright, également à la réalisation pour la moitié des épisodes de la saison, l’a bien compris en embrassant dès le départ un angle que l’on pourrait qualifier de rock’n’roll pour une série historique. Entre thème de série entrainant et personnage principal qui brise le quatrième mur, Gentleman Jack se veut un peu à l’image de son héroïne : une série qui ne craint pas de briser les conventions du genre.

Anne le vaut bien. Elle mériterait même plus, car Gentleman Jack n’y va pas non plus à fond, se montrant parfois trop sage malgré sa figure principale détonante et ses thématiques venant se frotter aux valeurs sociales de l’époque. Dans tous les cas, Suranne Jones dans le rôle-titre insuffle une énergie palpable qui met bien en avant le talent d’Anne pour faire impression (bonne ou mauvaise) où qu’elle passe.

Si Anne Lister est une figure qui ne craint pas de nager à contre-courant des autres dans le but de rester elle-même, Gentleman Jack se transforme au fil de l’eau en une série qui dépeint les conditions de vie des femmes de l’époque et les sacrifices faits pour respecter les mœurs et remplir les attentes. Plus la saison progresse, et plus on se confronte à un patriarcat qui crée bien des malheurs. La communauté de Shibden Hall vient enrichir ce tableau, entre une famille payant pendant trop longtemps les erreurs d’un père alcoolique ou encore la puissance des frères Rawson – les adversaires d’Anne dans le business de la mine – qui peuvent blesser et voler autrui avec impunité. Il est regrettable que des personnages comme Rawson soient par contre approchés de manière trop superficielle, les empêchant d’être autre chose que les antagonistes de cette saison.

La première saison de Gentleman Jack dépeint ainsi ses problématiques en utilisant comme moteur la romance entre Anne Lister et Ann Walker (Sophie Rundle), riche, mais timide héritière. Initialement cible d’Anne, cette dernière développe de véritables sentiments pour Ann qui affiche une personnalité fragilisée par un traumatisme passé, mais aussi une résistance admirable à la pression qu’elle subit. Ann nous expose à merveille le rôle et responsabilité d’une femme à cette période, déchirée entre sa recherche de bonheur et une volonté de se conformer pour satisfaire ses proches. La saison nous introduit d’autres figures féminines venant enrichir le tableau, de l’étonnamment sympathique sœur d’Anne (malgré une position au départ un peu ingrate) aux anciens amours d’Anne en passant même par la Reine du Danemark.

Comme à l’accoutumée, Sally Wrainwright sait mettre en scène la routine de l’existence pour mieux révéler les tourments intérieurs aboutissant à une réflexion de fond sur la place de la femme. Anne est une personne énergique et drôle, audacieuse et intelligente. Des qualités que l’on retrouve naturellement dans cette première saison de Gentleman Jack, même si cela n’est pas consistant. La série perd parfois un peu de sa verve et ne parvient pas toujours à doter les intrigues secondaires d’un véritable attrait. Certaines situations vont également trop se répéter, affaiblissant le rythme.

Au final, la première saison de Gentleman Jack se révèle être un divertissement intelligent qui permet d’apprendre un peu à connaitre Anne Lister et d’admirer tant de détermination.

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