Gilmore Girls : Une nouvelle année est un retour imparfait

6 Déc 2016 à 15:30

Gilmore Girls Saison 8

Neuf ans après la conclusion de la série, Gilmore Girls a fait son retour sur Netflix qui offrait ainsi la possibilité à sa créatrice Amy-Sherman Palladino de conclure son œuvre comme elle le souhaitait.

N’ayant pu trouver un accord à l’époque avec la CW, la scénariste avait choisi de quitter avec son mari et collaborateur le show plutôt que de le mener à sa fin dans des conditions peut-être différente. Il revient alors en ce temps-là à David S. Rosenthal d’écrire le dernier chapitre de l’histoire des Gilmore.

Presque une décennie plus tard et découverte par un nouveau public au fil des années, Gilmore Girls a pu revenir pour 4 épisodes d’une durée de 90 minutes chacun pour nous relater une année dans la vie des trois femmes Gilmore.

Les premières limites que ce revival rencontre se révèlent au niveau d’un format qui se révèle assez peu adapté. Le couple Palladino y voit plus une opportunité de prendre des détours narratifs plutôt que de profiter de chaque minute.

Le montage se révèle également maladroit, voire tout simplement troublant à l’occasion en terme temporel. Un épisode prend place durant une saison spécifique, ce qui représente tout de même 4 mois et il est difficile parfois de savoir où l’on se situe sur le calendrier.

Ces 4 épisodes de Gilmore Girls se présentent alors pour les Palladino comme l’opportunité de retourner à Stars Hollow et faire le point sur l’existence de leurs héroïnes sans pour autant embrasser la période de temps qui s’est déroulé en leur absence.

Sur certains points – comme par exemple Logan (Matt Czuchry) – il y a tout simplement un refus de prendre en compte les dernières évolutions psychologiques du personnage qui ont été faites quand le couple ne travaillait plus sur le show. Il y a également une forme de résistance palpable à ce que 9 ans signifie vraiment pour certains protagonistes et comment nos vies en général ont évolué.

Rory (Alexis Bledel) est celle qui est le plus touché par cette volonté de reprendre là où les scénaristes s’étaient arrêtés. S’il est plaisant que les Palladino embrassent pleinement d’avoir une trentenaire égarée existentiellement parlant — surtout sur le pan professionnel –, certains éléments sont dépeints comme si elle n’avait qu’une vingtaine d’années.

Son parcours se révèle à la fois chaotique et frustrant de par le fait que la remise en cause est à peine abordée. Certains obstacles sont balayés par les privilèges que possèdent le personnage et d’autres sont là pour faire de l’humour. La vie privée de Rory est un désastre particulier, car elle répète ses erreurs, mais qu’en plus le choix est fait par les scénaristes de ne pas pointer du doigt son code moral défaillant – qu’il s’agisse de Paul, un running gag qui ne fonctionne pas ou de Logan.

Au fond, il y a dans l’histoire de Rory de nombreux éléments qui méritent d’être explorés, mais qui ne sont pas abordés avec le soin nécessaire pour faire de son voyage un périple émotionnel pertinent et du niveau de celui de sa mère ou de sa grand-mère.

La mort de Richard Gilmore (Edward Herrmann) est le véritable moteur de Gilmore Girls : A New Year, poussant à une introspection pour Lorelai (Lauren Graham) et à une redéfinition de son existence pour Emily. Certaines vieilles blessures refont surface, mais trouvent une raison d’être au-delà du besoin scénaristique de ressasser le passé.

Au fond, Emily Gilmore (Kelly Bishop) est alors celle qui vole la vedette de par les épreuves qu’elle traverse qui lui permette d’évoluer. Elle doit réapprendre à vivre seule après 50 ans de mariage, ce qui lui demande du temps et la pousse à des extrêmes pour réussir à trouver sa voie. Elle lance alors à sa façon Lorelai dans une quête pour retrouver ce qu’elle veut vraiment devenir, après avoir fui pendant trop longtemps certaines questions et situations de son existence.

Le rapport mère-fille qu’elle entretienne a toujours fait des étincelles et continue alors d’en faire, apportant les scènes les plus riches et les plus émotionnelles à ce revival. Les deux femmes parviennent à un nouveau stade de leur relation et à un nouveau chapitre dans leur vie respective.

Gilmore Girls : A New Year sait donc régulièrement délivrer ce qu’elle faisait de mieux en son temps et, contrairement à ce que peuvent croire les Palladino, cela n’était pas le flot de références. C’était bel et bien le percutant portrait familial et un esprit communautaire idéalisé mais touchant.

Sur ce plan-là, les 4 épisodes nous permettent de retrouver de nombreux habitants de Stars Hollow, de reconnecter avec les personnages avec plus ou moins d’efficacité. On aurait pu aisément se passer de la comédie musicale (aussi talentueuse soit Sutton Foster) ou du retour de la Life and Death Brigade pour quelques minutes de plus en compagnie de Lane (Keiko Agena), Jess (Milo Ventimiglia) ou Paris (Liza Weil). Les trois font partie entre autres de ce que ce retour délivre de mieux.

On ne peut passer outre que le retour de Gilmore Girls baigne dans une forme de nostalgie qui permet également de ne pas trop s’arrêter sur le fait que, techniquement, la série est juste pauvre (et ce n’est pas comme si on ne savait pas qu’il y avait de l’argent). Certaines excentricités sont loin d’être aussi charmantes qu’avant, mais d’autres fonctionnent à plein régime.

Le parallèle fait pour revenir d’une certaine manière à la composition du début de la série quand arrive la conclusion (sauf que Rory occupe la place de Lorelai sur un plan sentimental) n’est pas forcément très engageant et parait peu pertinent en bout de route. Les fameux « 4 derniers mots » d’Amy-Sherman Palladino n’ont pas non plus le même poids et crée une sensation d’inachevé et non de conclusion.

On peut d’ailleurs voir en Gilmore Girls : A New Year une sorte de possible relance pour la série qui permet finalement autant de reconnecter, boucler la boucle et installer des pistes pour la suite. Si l’ensemble est plein d’imperfections, il est sans conteste à l’image de ces héroïnes, des femmes qui se cherchent, font des erreurs pour mieux nous toucher le moment venu.

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