Après avoir alimenté sa catégorie drame avec la très réussie 13 Reasons Why, Netflix continue de diversifier son catalogue et propose ainsi Girlboss. Adaptée du roman semi-autobiographique de Sophia Amoruso, cette création de Kay Cannon revient sur les débuts difficiles de Sophia Marlowe (Britt Robertson) alors qu’elle se lance dans le monde de la mode. Grâce à son sens du style aiguisé, elle parviendra à donner une seconde vie à ses trouvailles vintage, jusqu’à créer la marque à succès Nasty Gal.

Bien sûr, Girlboss ne cherche pas à nous parler de la réussite de Sophia Marlowe, mais plutôt des difficultés qu’elle a rencontrées et qu’elle a surmontées pour en arriver là. Ce premier épisode nous introduit ainsi à l’univers et à l’héroïne qu’il faudra suivre tout au long de la saison, non sans faire preuve de quelques maladresses. Si pour le moment Girlboss marque par son esthétique collant tout à fait au décor de San Francisco, le reste ne parvient pas à rendre Sophia attrayante.

Le problème vient probablement du fait que, dans ce pilote, Sophia est définie par l’immaturité dont elle fait preuve et qui entache sa capacité à devenir sympathique. La voir se comporter comme une adolescente en pleine crise n’est pas ce qu’il y a de plus grisant pour le moment, surtout quand l’humour qui est censé en découler ne fonctionne pas complètement. Il est certain que cette présentation restrictive du personnage est là pour lui permettre une évolution plus évidente. Il est simplement difficile de plaindre ou de compatir pour quelqu’un qui n’apparaît pas comme méritant du succès qui l’attend.

Il sera alors intéressant de découvrir si Girlboss cherchera à délivrer un message autre que l’histoire égocentrée de Sophia. Il y a clairement des thématiques féministes sous-jacentes et il serait dommage que l’équipe créative ne capitalise pas dessus pour inspirer son spectateur à juste titre. Le problème est qu’il est aisé de lisser toute l’introspection et le labeur de Sophia, dans le but de délivrer un divertissement qui plairait au plus grand nombre.

Pour le moment, ce premier épisode de Girlboss se contente du strict minimum et souffre du même problème qu’une majorité des autres séries Netflix, à savoir une entrée en matière peu attrayante qui n’est pas faite pour être vue comme une seule entité. L’ensemble de la saison devrait ainsi être bien plus parlante en termes d’ambition et de direction scénaristique que ces trente minutes d’introduction peu satisfaisante.

En somme, Girlboss est difficile à juger sur la base de son pilote qui place ses pions sur l’échiquier, mais ne fais pas preuve de beaucoup d’ingéniosité. Britt Robertson a beau utiliser au mieux le matériel qui lui est donné, cela n’est pas suffisant pour être totalement séduit. Bien sûr, tous les amateurs d’histoires telles que Le Diable s’habille en Prada devraient y trouver leur compte pour avoir envie de continuer l’aventure pour découvrir comment Sophia Marlowe est passée de bonne à rien à étoile montante de la mode en ligne.

Girlboss
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