Suite à un accident lors d’une répétition, Rachel semble décidée à se faire refaire le nez, avec pour modèle celui de Quinn. La résistance s’organise au sein du Glee Club pour prouver que chaque élève (et professeur), avec ses qualités et ses défauts, est très bien comme il est.

« Nous avions tellement de choses à dire pour cet épisode que nous avons décidé d’allonger sa durée ». Voilà un bien bel effet d’annonce de la part de FOX il y a quelques semaines, en promouvant Born This Way . Une fois l’épisode passé, si l’on peut constater qu’il a bel et bien des choses à dire, on peut néanmoins se demander pourquoi ce quart d’heure supplémentaire a-t-il été validé. Dans ses 42 minutes réglementaires, l’épisode aurait fonctionné de la même façon. Mais commençons par les bonnes nouvelles, Born This Way est effectivement assez  intéressant.

Au-delà de la critique facile qui consiste à se demander  pourquoi avoir vendu l’épisode comme un « Spécial Gaga » alors qu’il ne contient que le dernier single de la chanteuse, les auteurs ont préféré, encore plus que lors de Theatricality (1.20), explorer les fondements et les mécanismes de la mythologie « Gagaïenne ». Ou comment une freak, une outcast peut devenir une star planétaire en restant elle-même, et en croyant fort à son potentiel. Ce n’est pas à travers ses tubes, mais bien à travers  sa personnalité que l’épisode est « spécial ». Et plus que la naïveté du propos, c’est bien l’élément pédagogique qui en ressort qui rend l’épisode attachant.

Will sert donc à merveille le slogan « Vous êtes nés ainsi » en le matraquant et en l’appliquant à grande ampleur. Mieux que ça, l’épisode réussit à éviter la redite sur l’acceptation de soi, et pourrait presque apparaître comme une campagne antichirurgie esthétique adolescente.  La séquence finale ou tout le monde porte son fameux T-shirt est une trouvaille géniale. « Like Boys », « Can’t Dance », « Trouth Mouth » et bien d’autres… La touche « pause » est presque obligatoire pour ne pas rater une inscription (et une occasion de se marrer un bon coup), et Glee confirme que si elle est capable de parler sérieusement de temps à autre, elle possède également bien plus d’humour et de second degré que bien des séries destinées aux adolescents. Un peu plus tôt dans l’épisode, l’association Finn/Mike se révèle elle aussi pertinente et fructueuse, offrant une séquence aussi réussie en chant qu’en danse, forcément.

C’est donc dans cette partie que se trouve le véritable intérêt de Born This Way, même si, quart d’heure supplémentaire oblige, la morale se révèle un peu trop appuyée et voyante. La série a certes de l’humour, mais manque parfois de subtilité. On ne peut pas tout avoir.

Cependant, ce rab de temps va quand même permettre de débloquer ou de relancer certaines situations. Le retour de Kurt à McKinley, le tandem (à fort potentiel explosif) Santana/Karofsky, la maladie d’Emma…la série continue, alors qu’on s’approche réellement de la fin, à poser des petites intrigues ci et là, quitte à en oublier certaines. Après le dernier épisode, il semblait inconcevable de se passer de Sue et de sa complice, et les auteurs l’ont fait. Il aurait pourtant été agréable de voir débouler Terri pendant une session de nettoyage de fruits.

Mais, c’est lors de la vision de certains numéros musicaux qu’apparaît la vacuité de ce laps de temps en plus. Rien à dire sur « Born This Way » ou « I Feel Pretty »,  mais « Somewhere only we know » ou encore « Barbra Streisand » sont quand même d’une inutilité totale. Le show annule en quelques minutes les efforts fournis la semaine dernière pour démontrer qu’il n’était pas juste le fournisseur principal d’Itunes.

Des numéros musicaux en trop et quelques séquences en moins à crier haut et fort qu’il ne faut pas courir après la perfection, car « chers enfants, nous sommes parfaits dans nos imperfections » : voilà ou est passé le fameux quart d’heure. À croire que l’épisode a lui-même oublié la leçon qu’il a donnée à ses protagonistes : rester tel quel.

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