Finn se sent tout à coup empli de spiritualité quand Jésus apparait sur son toast grillé. Alors que Kurt et son père viennent d’avoir une dispute, ce dernier fait une crise cardiaque, amenant le glee club à parler (et à chanter) de croyances et de foi.

Redevenons sérieux une minute. Après la tempête « Spears », Glee rentre sur les rails. Et elle le fait avec brio, en tout cas avec autant de réussite que possible sur un sujet aussi sensible : la religion, la spiritualité, la croyance, la foi. Sur un postulat de départ vraiment délirant (l’apparition divine sur un toast grillé donc), l’épisode déroule une belle panoplie d’émotions, fait la part belle aux acteurs, et surtout, ne fait aucun prosélytisme. Au pays de l’oncle Sam où Dieu est dans chaque famille, les écueils sont évités. Chapeau.

Sur un sujet aussi casse-gueule et aussi important dans la culture US, il était primordial de rester droit dans ses bottes. Glee montre encore et toujours sa modernité, en rappelant  que l’église et l’homosexualité ne sont pas copains-copains, par le biais de Kurt. Si lui ne croit pas en Dieu, le reste du glee club se révèle plutôt croyant, à diverses échelles. Finn pense que son toast est un génie de la lampe (l’épisode entretient le mythe des 3 souhaits, donnant au passage quelques vannes bien senties), Puck et Rachel, de confession juive, semblent vivre pleinement leur foi, et Mercedes chante (du gospel) pour prier. Mais c’est bien Kurt qui tient la corde dans cet épisode. À refuser l’intervention et les prières de ses camarades auprès de son père, il va se retrouver prisonnier de cette situation, et finir par le regretter.  Au final, l’épisode n’a qu’une morale : vous n’êtes pas obligés de croire en Dieu, ce qui est important, c’est de croire. Don’t stop believin’. Droit dans ses bottes on disait.

L’épisode déroule donc le tapis rouge à Kurt, mais la haute teneur en émotions de ces 40 minutes rend tout le monde juste et crédible. Lea Michelle et Cory Monteith, ont, comme prévu, élargi leur éventail de compétences, et arrivent à avoir des séquences plaisantes, voire même assez poignantes, sans virer au pathos ou à la surenchère. Jane Lynch aussi réussit son passage, grandement facilité par la scène avec sa sœur. La relation Mercedes/Kurt est bien mise en valeur, et les cadrages serrés sur leurs visages respectifs en offrent une belle illustration.

N’est-ce pas le propre de la musique de pouvoir nous faire rire et pleurer, de nous enchanter et nous défouler, le temps d’un changement de chanson ? Au final, Glee nous montre encore une fois son beau potentiel, après un épisode précédent qui envoyait la sauce, en faisant redescendre la pression, et en se permettant une pause spirituelle et pleine de sensibilité. Le show n’en perd pas pour autant sa folie, en lâchant toujours quelques punchlines assez peu politiquement correctes et en confirmant qu’elle sait manier toutes les émotions. Amen.

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