Sue réquisitionne l’auditorium, obligeant Will à chercher une salle ailleurs. Il retrouve alors April, devenue la maîtresse d’un vieux riche et animatrice d’une patinoire à rollers. Kurt est plus que jamais décidé à se rapprocher de Finn et a présenté son père à la mère de ce dernier, mais ses plans n’ont pas l’effet escompté. Sue oblige Mercedes à perdre du poids.

Après les deux épisodes précédents, je m’attendais une nouvelle fois à mourir d’ennui devant mon écran, partagé entre la honte et la consternation. Et les dix premières minutes m’ont effectivement conforté dans mon idée initiale. Kurt est un personnage agaçant, moins que Rachel évidemment, mais c’est dû à son temps d’exposition beaucoup moins important. Je commence à ronger mon frein en espérant que ces 40 minutes passent vite. C’est là que le miracle s’est produit. Avec son intrigue sur la pression de ses pairs et la solitude, Glee a non seulement réussi à m’intéresser mais également à m’émouvoir.

Pourtant, d’un point de vue musical, les morceaux sont ronflants au possible. Dionne Warwick, Barbara Streisand, autant de standards d’une insupportable mièvrerie surtout chantés avec la voix geignarde de Kurt. Et il n’y a pas que les morceaux qui sont pénibles, toute l’intrigue avec Will et April est franchement ennuyeuse. Autant j’aime Kristin Chenoweth, autant son personnage est pitoyable. Mais si l’intrigue ne parvient pas à susciter un semblant d’intérêt, elle corrige l’un des défauts majeurs de ces derniers épisodes en se servant des chansons pour illustrer l’état émotionnel des personnages et faire progresser les choses. En revanche, jeter une fille différente dans les bras de Will à chaque épisode devient légèrement ridicule. Depuis la reprise, soit 3 épisodes, April est la troisième fille à vouloir partager son lit.

Pas besoin d’épiloguer sur Sue, le personnage à force de répétitions a perdu toute sa saveur et ses répliques pourtant très drôles laissent de marbre. Jane Lynch est cantonnée dans un rôle caricatural et on aimerait que les événements de l’épisode puissent la changer un peu.

Autre cliché, la diva super gay qui chante du Barbra et parle déco en utilisant des mots précieux comme toile et chinoiserie. Kurt minaude tellement que ses sentiments douloureux pour cet idiot congénital de Finn sont justes pénibles. Le morceau croisé où les deux garçons chantent pour un être qui ne leur rendra jamais leur amour est à mourir de rire tellement il sombre dans le pathos ridicule. Mais pourtant, chemin faisant, aidée par le jeu de Romy Rosemont et de Mike O’Malley dans le rôle de leurs parents, l’intrigue parvient à toucher au cœur et Kurt le pénible et Finn le débile deviennent le temps d’un épisode plus attachants.

Mais l’intrigue majeure et le point fort de l’épisode c’est la façon dont les scénaristes abordent enfin la question de la pression des ados. Pour une série sur un groupe de parias, on aurait pu croire que Glee viserait davantage à attirer l’attention de son jeune public sur les questions d’estime de soi et de mal-être propres à l’adolescence. Elle ne l’a fait que trop rarement et sans vraiment de succès. En mettant la fière Mercedes au premier plan, l’épisode réussit à faire passer son message.

Je serais cynique, je dirais que c’est quand même un peu facile et super mélo, que la série tire sur la corde avec cette histoire de fille grosse dont l’amour propre est détruit par une méchante prof tyrannique, mais il y a quelque chose de touchant dans le regard de Mercedes, dans ses larmes silencieuses et surtout dans son speech qui accompagne un magistral Beautiful devant une salle comblée.

Mais la scène la plus émouvante est celle où Quinn réconforte Mercedes. Dianna Agron a eu peu de choses à faire depuis le retour de la série, mais elle réussit en une scène et sans chanson à voler la vedette à tout le monde.

Peut-être parce que l’épisode bénéficie pour une fois d’une structure plus linéaire ou que Rachel n’est pas le centre d’intérêt ou que tout simplement les scénaristes se sont rappelé qu’ils avaient une série où les gens chantent parfois et non un medley où les gens parlent de temps en temps, ce nouvel opus de Glee réussit là où les autres épisodes ont échoué : présenter des personnages auxquels on a envie de croire.

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