Les filles en ont assez d’être malmenées par les garçons et Will décide de leur faire chanter du Madonna. Rachel ne sait pas si elle doit accepter de coucher avec Jessie, Emma propose à Will d’être son premier et Santana jette son dévolu sur Finn. Tina est fâchée avec Artie et Kurt et Mercedes se sentent ignorés d’un point de vue artistique. Sue décide de passer du Madonna en boucle dans les couloirs du lycée.

Un épisode spécial Madonna pour une série musicale, c’est du pain béni. Au vu du répertoire de la star, il y a de quoi faire et qu’on soit fan ou pas elle est une artiste incontournable de la scène musicale de ces 20 dernières années. Annoncé comme un véritable événement, ce Power of Madonna avait donc tout pour offrir un épisode spectaculaire. Et pourtant, c’est loin d’être le cas.

La première mauvaise idée c’est de faire de Sue une fan acharnée de la chanteuse, au point d’écrire son nom sur les pages de son journal intime. Le personnage, tel qu’il est présenté depuis le début de la série, n’est pas du genre à vouer un culte à une star du showbiz. Du coup, elle est assez pathétique dans chacune de ses scènes.

L’autre mauvaise idée c’est de privilégier à outrance le côté musical au point de noyer le scénario dans une succession de numéros pas toujours inspirés. Glee n’a jamais brillé par la qualité de ses intrigues et ce n’est pas avec cet épisode qu’elle va rectifier le tir.

Thématiquement, Madonna oblige, on a droit à un mix entre Girl Power et discours sur la virginité. Les filles se plaignent des garçons et Will, en bon pédagogue, décide que la réponse au problème est de chanter Madonna. La subtilité n’a jamais été de mise mais il y a quand même des limites.

Après toutes les crasses qu’elle leur a fait, on se demande comment Kurt et Mercedes peuvent décider de se rapprocher de Sue ou encore comment Artie peut demander à Tina de changer de look pour lui alors que c’est ce qui l’avait séduit au départ. Les scénaristes sont tellement heureux d’avoir un épisode spécial Madonna qu’ils en oublient encore plus que d’habitude tout principe de cohérence et de continuité.

Ainsi donc, alors même qu’elle avait décidé de laisser du temps à Will pour qu’il se trouve, Emma, inspirée par Madonna, lui offre sa virginité. Rachel refuse de céder à Jessie qui le prend très mal mais lorsqu’il s’excuse, elle reconsidère la question. Quant à Finn, il est trop abruti pour comprendre quoi que ce soit à ce qui se passe. Toutes ces intrigues sont mal amenées et sont juste un prétexte au montage musical sur Like a Virgin, le meilleur moment de l’épisode.

D’un point de vue musical, certains choix de chansons sont discutables et on se demande qui a décidé de faire de Frozen une musique de fond, la musique jurant clairement avec la scène. La voix de Rachel, surpuissante, n’est absolument pas adaptée au répertoire de la chanteuse. Par charité, je ne mentionnerai pas Finn, ce serait trop facile.

Heureusement, il n’y a pas que du mauvais dans cet épisode. Si on prend les numéros pour ce qu’ils sont, à savoir des mini shows sans lien aucun avec l’intrigue, on peut se satisfaire de Like a Prayer avec le chœur gospel ou de la parade des Cheerios sur 4 minutes to save the world.

Difficile de ne pas citer l’hommage copier/coller à Vogue, malheureusement diffusé par la chaîne avant l’épisode, lui enlevant ainsi une bonne partie de son effet. Et également les clins d’œil aux différents styles vestimentaires de Madge au cours des ans sur la choré super niaise de Rachel et Finn chantant Borderline.

Pour un épisode aussi médiatisé, The Power of Madonna est une grosse déception. Mais il semble que la série se moque complètement d’être crédible et honnête et s’il y a bien une série cette année qui ne mérite pas d’être encensée comme elle l’est, c’est bien Glee.

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