Sue se prépare pour le championnat régional de Cheerleaders, qu’elle compte bien remporter pour la 8e fois consécutive, en investissant dans un canon géant. En parallèle, Will et Beiste tentent de réinstaller le calme entre le Glee Club et l’équipe de football, et ils vont devoir s’unir en vue d’un match important.

SUPERBOWL !!! Quoi de mieux pour une série télévisée que de se voir offrir une diffusion évènementielle après le show qui rassemble le plus grand nombre d’Américains devant leur poste : la finale du championnat de football américain. À diffusion (et exposition) exceptionnelle, épisode exceptionnel : On va parler football ! En ancrant son histoire principale autour du terrain de sport, Glee va se doter d’une ambition jamais vue jusque-là. Épisode le plus cher de la série jusqu’ici, la production a mis les petits plats dans les grands, pour un résultat certes spectaculaire, mais pas inoubliable.

Tout commence cependant très bien, puisque c’est (comme d’habitude, mais avec quel talent !) Sue qui ouvre le bal, sa mégalomanie et son sadisme la poussant à acheter un canon « à humains », histoire de satisfaire son appétit toujours plus grand de victoires. L’idée, brillante, de transformer Brittany en missile révèle des scènes mythiques. L’épisode, dans la grande tradition Gleek, en profite pour lancer quelques vannes pop, comme les références à Carrie, au Double Rainbow ou aux Black Eyed Peas (qui assuraient cette année l’entracte du SuperBowl). Encore une fois, les auteurs, bien dans leurs baskets et dans leur époque, assument pleinement la futilité et la préciosité de ces petits moments.

Mais c’est bel et bien sur le terrain de sport que ça se passe. La tension palpable entre les «vrais» footballeurs et les  «minettes» du Glee Club offre un support narratif intéressant. Au lycée, faire partie de l’équipe de foot ET de la chorale peut effectivement engendrer des problèmes de crédibilité.  Discipline masculine contre féminine, Glee va retourner et inverser les rôles, pas toujours en finesse, mais avec sincérité. Et surtout permettre deux choses : renforcer les liens entre Beiste et Will qui nous offrent une fois de plus de touchants moments, et mettre en scène un numéro d’une ampleur jamais vue. Véritable morceau de bravoure, le mash-up «Thriller/Heads will roll» est non seulement très cohérent, mais en plus impressionnant de maîtrise. Maquillages et costumes à tomber, chorégraphie dantesque.  Si l’épisode reste dans la (bonne) moyenne de la série, il peut n’être regardé que pour ce passage. Chapeau. Rajoutez le passage avec Katie Couric (animatrice de Talk Show) et le sourire en coin de Will à la fin de son interview, et la boucle est bouclée.

Côté storylines, quelques facilités, notamment sur la création du triangle Finn/Quinn/Sam, qui ne devrait pas nous emmener bien loin (il y a peu de chances que Rachel et Finn ne soient pas ensemble à la fin de la saison). L’intérêt va plutôt se passer dans les vestiaires, entre les deux garçons, dans la lutte pour la place de leader de l’équipe de foot. Nous verrons également si les quelques pistes lancées dans cet épisode, toujours du côté du foot (l’arrivée potentielle d’un ou plusieurs joueurs dans la chorale, le coming out de Karofsky), porteront leurs fruits, les bases narratives restant fragiles pour le moment.

Ce n’était donc pas un épisode censé faire avancer grandement les choses, mais plutôt une espèce de grand spot publicitaire pour la série, un peu vain, mais bien mené, et qui a abattu ses meilleures cartes : les références à la pop-culture, les numéros musicaux, et bien évidemment Sue Sylvester. Avec un rendez-vous comme celui-ci, quelle série n’en ferait pas de même…

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