GLOW Saison 2 : K.O. par ennui

9 Juil 2018 à 12:00

Avec sa saison 1 sur Netflix, le groupe des Gorgeous Ladies of Wrestling avait timidement convaincu à l’aide de ces femmes qui étaient toutes à la recherche d’un but dans la vie et qui se retrouvaient à monter une émission de catch féminin, malgré un environnement masculin peu ouvert à cette idée. GLOW peinait à trouver un équilibre entre ses personnages et son sujet pourtant totalement dans l’air du temps, mais séduisait avec son casting et son univers peu commun.

De retour avec une saison 2, force est de constater que le match, même chiqué, ne joue pas en leur faveur. On les retrouve au moment où elles lancent, toujours sous la houlette oppressive de Sam Sylvia (Marc Maron), leur émission télévisée alors que des dissensions se font toujours sentir, notamment entre les deux ex-meilleures amies Ruth (Alison Brie) et Debbie (Betty Gilpin). Malheureusement, après une période de gloire (relative), leur projet connaît des déboires qu’elles ne peuvent falsifier comme leurs prises de combat.

S’il y a une chose que GLOW réussit parfaitement, c’est créer un univers décalé et plutôt intéressant au sein du hangar où se tournent les épisodes. De la construction d’un générique à l’ancienne à la trame narrative des personnages de catcheuses rivales, les scénaristes se font plaisir, et nous aussi — l’affrontement entre Liberty Belle et The Welfare Queen ou Zoya The Destroyer étant vraiment drôles et bien fichus. Dommage que l’équipe créative ne se concentre pas uniquement sur cela, à l’image de l’épisode 8 qui offre un aparté soapesque bancale, mais nécessaire.

Parce qu’en dehors de cela, il y a peu de choses intéressantes à se mettre sous la dent. Un peu plus que dans la première saison, ce second round essaie de nous brosser le portrait de ses personnages, de leurs caractères si différents et de leurs vies et problèmes personnels. Mais, contrairement à Orange Is The New Black qui partage ce casting presque entièrement féminin, aucune émotion ni véritable profondeur ne s’en dégage, à aucun moment.

Il est difficile de compatir pour le divorce et la trahison ressentie par Debbie tant elle ne paraît motivée que par cela. Son mal-être tente d’être exprimé à plusieurs reprises, mais avec de tels poncifs qu’on souhaite que cela ne prenne pas autant de place. Même lorsqu’elle cherche à prendre un peu de pouvoir en devenant productrice, cela tombe à l’eau parce que trop superficiel ou ramené à une rivalité avec Ruth. Elle, elle tente de se racheter et de se trouver une véritable place dans cet environnement masculin. Mais à trop vouloir cocher toutes les cases des problématiques féministes à aborder, les scénaristes n’en développent aucune et résolvent tout en un claquement de doigts, sans que cela ait des répercussions sur les autres.

Car Debbie et Ruth ne sont pas que toutes les deux et les autres femmes tentent elles aussi d’exister. Même si l’on découvre un peu plus de leur passé ou présent, Tammé, Rhonda ou Sheila ne restent que des atouts comiques qui ne prennent jamais de pouvoir, que ce soit dans leur groupe ou à l’écran. Elles ne sont là que pour donner un peu de couleur et d’excentricité à GLOW, ce que la réalisation peine à mettre en valeur.

Il faut se tourner vers Bash (Chris Lowell) — et non pas Sam, peu servi — pour avoir un propos un tant soit peu pertinent et intrigant. Avec son homosexualité refoulée et sa relation qui se termine de manière abrupte (mais hors écran, encore…), il y avait l’opportunité de développer un pan des années 80 important, mais la tentative est tuée dans l’œuf. On a l’impression qu’ils sont tous, des acteurs à l’équipe créative, inconfortables avec leurs personnages et ne savent pas comment évoluer. Une série qui veut prôner l’émancipation, mais est plutôt mal dans sa peau pour finalement rester sur le sol du ring sans jamais décoller.

Ce n’est donc pas avec sa seconde saison que GLOW parviendra à marquer l’histoire du féminisme à la TV ni le catalogue Netflix, et ce, à cause d’une paresse d’écriture confondante, des actrices qui ont peu de matériel pour travailler et ne savent pas quoi en faire et un désintérêt assez profond face à ces cinq heures d’un récit qui n’engage jamais le combat. Derrière, il y a de la bonne volonté, mais devant, c’est K.O. par ennui.

Tags : Netflix Alison Brie Glow moins...
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