C’est la rentrée en fac et Blair n’est plus la reine qu’elle était à Constance. Dan et Vanessa, en revanche, sont parfaitement dans leur élément. Serena décide de pas à aller en fac pour mieux faire n’importe quoi de sa vie dans l’espoir d’attirer l’attention de son père absent. Jenny, devenue la meneuse de Constance, règne en tyran éclairé. Nate sort avec une ennemie de la famille et Chuck essaye de réussir dans les affaires.

Qui se souvient encore du temps béni où on se régalait des amours interdites et des coups bas mémorables de ces ados légèrement dépravés ? Gossip Girl baignait alors dans une atmosphère jouissive de débauche et de scandale. Aujourd’hui, deux saisons plus tard, il n’en reste quasiment rien.

Dès le milieu de la saison 2, la série avait clairement montré ses limites en nous imposant pour la énième fois la rupture/réconciliation de Serena et Dan ou Nate et Vanessa. Disons le tout de suite la saison 3 ne relèvera pas le niveau, on peut même dire qu’elle s’engouffrera avec une facilité déconcertante dans la médiocrité la plus complète. Gossip Girl n’est plus que l’ombre d’elle-même.

La saison passe donc quelques couples au mixeur, ainsi Serena se retrouve avec Nate, après un passage dans les bras de Carter et dans ceux de Trip, et Dan sort avec Vanessa, après ses expériences avec Georgina et Olivia. Ces deux couples, qui ont existé avant le début de la série, nous font dire que la boucle est bouclée. La surprise, c’est de constater qu’au titre de personnage le plus terne, Nate se fait piquer la place par Vanessa. Inintéressante avec Nate la saison dernière, elle l’est encore plus cette année avec Dan. Le couple a si peu d’alchimie qu’on ne voit pas très bien la différence entre la période « amis » et la période ‘amants ».

Le véritable couple star de la série, celui qui attire toutes les meilleures intrigues, c’est sans conteste Blair et Chuck. Ces deux-là ont un sens tordu du romantisme et les jeux ambigus de début de saison laissent bientôt place à une relation plus profonde et donc plus dangereuse. Une maturité qui passerait presque inaperçue au milieu des concours de popularité de l’une et des luttes de pouvoir de l’autre. Chuck se retrouve ainsi avec l’une des histoires les plus lamentables de la saison, celle du retour de sa mère qu’on croyait morte et qui couche avec son oncle. C’est du soap dans ce qu’il a de plus risible.

Tant qu’on est dans le rayon comédie, comment ne pas mentionner Lily et Rufus, le couple le plus neurasthénique jamais vu. Elle passe la saison à lui mentir, lui à lui pardonner, tout ça en s’effleurant à peine du bout des lèvres, ce sont des parents après tout, leur sexualité est tabou ! Pour compliquer leur relation, la série introduit enfin le père de Serena, incarné par William Baldwin, un pauvre type dont le plan machiavélique est à mourir de rire tellement il est ridicule. Décidément, Gossip Girl aime les parents diaboliques cette saison.

Mais cette année, encore plus que l’année dernière, c’est l’année de Jenny. Et c’est une très, très mauvaise idée. Rarement un personnage aura été aussi détestable. Jenny est le prototype de la gamine égocentrique et superficielle. Un rôle que Taylor Momsen n’a pas l’air de beaucoup se forcer pour interpréter. Comme si humilier son demi-frère pour asseoir son autorité et sortir avec un dealer pour combler son ennui n’était pas suffisant, Jenny n’hésite pas à manigancer pour piquer le mec de sa demi-sœur, un Nate transformé en un gentil toutou bien docile et aveugle. Jenny agace, Jenny épuise, Jenny donne envie de hurler et surtout Jenny donne des envies de meurtre.

L’autre raison de s’énerver, c’est le duo de blondes mère/fille formé par Serena et Lily. Leur comportement à toutes les deux en fin de saison est tellement aberrant qu’on se demande comment les autres personnages font pour les supporter sans broncher. Finalement, Gossip Girl a l’avantage d’entretenir votre tension nerveuse.

On aimerait bien retenir quelque chose de positif de cette saison, parce qu’il est toujours difficile de regarder une série qu’on a autrefois aimée sombrer aussi rapidement, mais même en cherchant bien, il n’y a pas grand-chose à sauver de cette saison. Tout le monde sort avec tout le monde, tout le monde ment à tout le monde et lorsque c’est terminé, on prend les mêmes et on recommence… Gossip Girl raconte les mêmes histoires continuellement et même le retour final de Georgina, personnage savoureux, prend des allures de grosse farce.

La série a pourtant eu les honneurs de quelques guest stars : Baldwin en fin de saison, mais aussi JoAnna Garcia qui n’a servi à rien, Tyra Banks, à mourir de rire, Kevin Zegers en fils d’ambassadeur belge, Laura Harring, bien loin de Mullolhand Drive et surtout Hilary Duff, la surprise de la saison, pétillante à souhait, mais dont on retiendra essentiellement la scène de threesome qu’elle partage avec Dan et Vanessa. Là aussi, comme souvent dans Gossip Girl, c’est beaucoup de bruit pour rien, les scénaristes cherchant clairement le coup de pub.

Pas besoin de s’étendre davantage, vous l’aurez compris, cette saison est mauvaise et le guilty pleasure d’il y a 2 ans n’est plus un plaisir du tout, si ce n’est celui, superficiel, de regarder évoluer de jolies coquilles vides aux poses glamours.

avatarUn article de .
5 commentaires