Grantchester : Entre enquêtes policières et réflexion sur la foi

Il existe plus d’une série avec un religieux qui aide la police à résoudre des crimes. Il existe un seul Sidney Chambers, pasteur à Grantchester dans les années 50 qui va faire équipe avec un inspecteur de police pour nourrir son besoin de recherche de vérité et de justice.

C’est dans l’ombre de la Seconde Guerre mondiale que commence Grantchester, série policière britannique de la chaine ITV à qui l’on doit également L’inspecteur Morse, Barnaby, Lewis ou encore Vera.

Il va de soi que Sidney Chambers (James Norton) se distingue de ses collègues par sa première vocation : il est curé anglican dans le petit village de Grantchester après avoir combattu durant la guerre. Il en revient avec un penchant pour l’alcool et des traumatismes qu’il choisit de confronter en se lançant dans une carrière d’apprenti détective.

Cela fait maintenant trois saisons qu’il collabore avec Geordie Keating (Robson Green), initialement réticent à travailler avec Sidney avant que les deux hommes ne développent une amitié où ils s’épaulent dans leur vie professionnelle et privée. Cela implique qu’ils doivent se dire des vérités douloureuses plus souvent qu’il ne le faudrait. Surtout, les deux hommes ont des idéaux différents et cela provoque quelques clashs inévitables.

Avec son duo, Grantchester met en scène une amitié réaliste régulièrement mise à l’épreuve par le fait qu’ils n’ont pas les mêmes croyances ni le même code d’honneur. De cette manière, l’équipe créative menée par Daisy Coulam peut utiliser le contexte policier pour placer Sidney face à de nombreuses épreuves de foi.

Rapidement, les investigations dans Grantchester se transforment en une simple excuse pour se confronter aux valeurs morales et interroger sur le fondement des règles et leur application. La série n’est pas exempte d’une certaine droiture, cherchant à sa manière à appliquer une justice le plus souvent possible au risque de se montrer trop consensuel dans son propos.

Il n’est pas étonnant que Sidney soit un homme ouvert d’esprit et particulièrement tolérant malgré l’époque. C’est aux villageois et autres personnes rencontrées lors de l’enquête de nous rappeler à travers les idéologies la période à laquelle la série se situe.

Mrs Maguire, Leonard, le chien Dickens et Sidney

Si on peut reprocher à Grantchester de se montrer quelque peu répétitive dans son propos à l’occasion — bien qu’une saison ne fasse que 6 épisodes —, elle s’affirme au fil du temps en un show qui pousse son protagoniste à devoir faire des choix difficiles par rapport à ses croyances.

C’est là qu’entre en jeu Amanda (Morven Christie), ami de jeunesse de Sidney. Ils sont amoureux l’un de l’autre mais leur incapacité à s’avouer leurs sentiments les empêchera d’être ensemble. La jeune femme se mariera d’ailleurs à un autre, mais cela ne mettra pas un terme à cette relation platonique, mais plus qu’amicale.

Plus d’une fois, Sidney se retrouve pris au piège de ses sentiments, tiraillé entre sa foi et son amour pour Amanda. Ou même par son envie d’aider autrui. Et si une décision parait parfois trop facile ou heureuse, la suite se charge souvent de rappeler son pasteur à la raison sur le fait que non, les choses ne peuvent être si simples.

Bien entendu, la problématique religieuse va au-delà de Sidney. Elle est aussi exploré à travers Leonard Finch (Al Weaver), vicaire de Sidney et homosexuel, ainsi qu’avec Mrs Maguire (Morven Christie), la gouvernante au tempérament bien trempée là pour rappeler à Sidney ses obligations en tant que prêtre lorsqu’il s’égare.

Chaque saison de Grantchester aborde une thématique particulière où les épreuves pousse Sidney à explorer un peu plus ses croyances. La première s’articulait autour du fantôme de la Seconde Guerre mondiale et des traumatismes de son protagoniste. La seconde se confrontait aux abus sexuels dans l’Église en même temps qu’elle gérait plus frontalement l’homosexualité de Leonard. La troisième nous parle d’infidélité sous différentes formes pour mieux se confronter aux règles imposées par l’Église sur le mariage.

Au final, on pourrait presque voir ces trois saisons comme formant un tout dans l’exploration de la foi de Sidney. Dans ces derniers épisodes, la série se montre bien plus explicite quant à sa volonté d’interroger directement sur les fondements religieux qui définissent la vie du pasteur et la manière dont le reste de son existence s’emboite dedans.

Il en ressort alors des portraits humains aussi imparfaits que touchants, dans un récit où règne souvent la mélancolie. Pour autant, Grantchester est bel et bien une série qui, en examinant les croyances de son personnage, pousse avant tout à contempler les obstacles à relever pour mieux se construire en tant qu’individu, le tout avec quelques notes d’humour bienvenu.


La saison 3 de Grantchester est diffusée à partir de ce dimanche 22 avril sur France 3 à 20h50. La série a récemment été renouvelée pour une saison 4.

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