L’hôpital est mis en quarantaine quand un homme armé vient pour réclamer vengeance.

Pour son final en deux parties, Grey’s Anatomy ne va pas y aller par 4 chemins et va opter pour un massacre au sein même du Seattle Grace Hospital. Il va y avoir des morts, de personnes que l’on connaît, d’autres qu’on ne connaît pas.

Il y a quelques épisodes de cela, Derek devait faire face à ses premiers problèmes légaux, M. Clark ayant vu sa femme être débranchée selon ses vœux. J’avoue que si j’avais le sentiment qu’il s’agissait plus de placer Derek dans une situation inédite pour lui, cela avait l’avantage de s’appuyer sur un cas médical que nous avions vu. L’histoire ne s’arrête donc pas là, car M. Clark est bien décidé à obtenir vengeance, et se rend au Seattle Grace Hospital pour éliminer les médecins qu’il juge responsable, soit Derek, Lexie et Richard. Mais, avant de les trouver, il va semer des morts.

Ce type d’histoire a tout ce qu’il faut pour donner le jour à deux épisodes intenses et ce sera le cas. Alors, avant de se concentrer là-dessus, petit détour sur ce qui n’est pas bien amorcé dans l’épisode. Tout d’abord, la place des forces de l’ordre. Celle-ci est très en recul (pour des raisons de suspense), mais cela se fait un peu au détriment de la cohésion de l’histoire. Le fait que Richard soit à l’extérieur de l’hôpital aurait d’ailleurs pu offrir un angle d’attaque qui va être à peine entr’aperçu. Il n’est pas non plus difficile de remarquer l’absence totale de presse. Enfin, dans tout cela, quand Owen finit par retourner dans l’hôpital après en être sorti, c’est juste une simple incohérence, existant clairement pour le bien de l’histoire, et qui illustre à merveille à quel point la police ou le S.W.A.T. sont là avant tout pour représenter plus que pour faire réellement leur travail.

Quelques éléments dans l’histoire fonctionnent moins bien que d’autres, comme Mary (Mandy Moore), l’une des rares patientes qui va réellement se retrouver mêler à la fusillade qui a lieu. Le personnage va mettre trop de temps à s’imposer et va quelque peu affaiblir ce qui arrive avec Bailey et Percy, qui va pourtant posséder une réelle intensité émotionnelle sur la fin. Disons que la seconde partie se révèle bien plus poignante pour eux.

La tragédie qui se joue va bien sûr servir à mener les dilemmes en cours à leur fin. Un drame pousse toujours les gens à prendre des décisions plus drastiques, et le double épisode va jouer là-dessus, apportant des conclusions tant attendues dans les rapports entre les protagonistes.

Si tout le monde va être touché et va croiser la route de M. Clark, celles qui vont être le moins touchés sont Arizona et Callie. Cela va fournir une excellente scène pour Torres, montrant la forte personnalité de celle-ci, mais en soi, nous savons exactement où nous allons avec elles et il faut bien le dire, cela fait un peu pâle comparé à ce qui se passe à côté.

L’épisode s’ouvre sur une scène ordinaire de travail, pour nous conduire à la première victime de Clark, Reed. Celle-ci va s’étaler devant nous, et si cela est net, finalement, c’est le fait qu’Alex se fasse tirer dessus même pas 30 secondes après qui fait réellement un choc. Les blessés vont s’aligner, et il y aura donc Percy, ainsi que Derek.

Karev va avoir le temps de perdre beaucoup de sang avant que Lexie et Mark ne le trouvent, et le groupe va être, comme Callie et Torres, trop en retrait, pour réellement apparaître comme un enjeu majeur. Cela n’enlève aucunement d’intérêt à ce qui se passe et quelques scènes seront réellement bien écrites, comme la confrontation entre Lexie et Clark, et la réaction de la jeune femme après avoir frôlé la mort.

L’histoire réussit par ailleurs à mettre énormément de réactions en scène. Face à une telle situation, il existe différentes façons de réagir, et beaucoup vont y passer, certains faisant preuve d’un sang-froid insoupçonné, d’autres ayant complètement la frousse, sans oublier ceux – une grande majorité finalement – jonglant entre les différentes émotions qui naissent en eux. Là-dessus, la scène d’opération de Derek se révèle être extrêmement bien mise en scène, poussant tous les personnages à devoir se surpasser. Avery s’illustre magnifiquement, alors que Meredith voit temporairement sa vie être détruite. Dans le même genre, Richard – qui fut quelque peu maltraité cette saison en terme de storyline – va à sa façon trouver ici une occasion de montrer tout le chemin parcouru, et que cela a payé.

En fait, malgré le fait qu’il est réellement difficile d’angoisser pour certains personnages sachant pertinemment qu’ils vont s’en sortir, l’épisode réussit quand même à susciter énormément de stress et de craintes, en poussant ses personnages à agir et s’exprimer. Chacun aura l’opportunité de montrer ce qu’il est et ressent, sans exception.

La dernière scène a un côté abrupt, car le retour à la normale est expéditif. Un raté de bien piètre importance au vu de l’intensité de ce double épisode qui conclut une saison on ne peut plus réussie.