Grey's Anatomy - Give Peace a Chance (6.07)

Isaac vient trouver le docteur Shepherd pour que ce dernier l’opère : il a une tumeur enroulée autour de sa colonne vertébrale. Cette opération quasi-impossible crée un nouveau conflit entre Derek et le Chief.

Je ne me rappelle pas du tout quand a eu lieu le dernier épisode centré autour de Derek, pour peu qu’il y en ait déjà eu un. Pour sûr, c’est bien la première fois de l’histoire de la série qu’il a le droit à une véritable évolution qui n’est pas lié à Meredith, toujours couché.

Ainsi, avoir Shepherd qui fait la narration change légèrement le ton. Il a une voix assez reposante, une assurance et une maturité qui ne ressort aucunement de Meredith, et qui tend à donner presque plus de profondeur aux propos qu’il tient. Le sujet s’y prête bien, vu qu’il doit effectuer une opération dont les chances de succès sont minimes.

Comme dans beaucoup de séries, Grey’s Anatomy a toujours eu tendance à présenter ces chirurgiens comme les meilleurs des meilleurs. Au fond, après 6 saisons, il faut bien dire que seul Derek semble réellement mériter ce titre, ayant été l’un des rares à avoir hérité de dossiers extrêmement complexes et avoir aussi mené des recherches. Il y a eu à plusieurs occasions Mark qui nous a fait des démonstrations de son don au-delà de ce que l’on peut imaginer, mais notre chirurgien plastique reste à l’heure actuelle trop sous exploité encore (malgré les années de présence au sein de la série) pour réellement entrer en compétition.

Derek est donc le seul qui m’est réellement toujours apparu comme un véritable virtuose de la chirurgie, et cet épisode n’ira pas me contredire. Mais, surtout, il donne du sens à cela. À sa présence dans une salle opératoire, à sa vocation. Derek est un passionné, un homme qui en veut, qui est prêt à beaucoup pour dépasser les limites (les siennes et celle des autres) dans le but de sauver une vie. Il est l’équilibre parfait entre la technique et l’humanité.

L’opération d’Isaac, au-delà de sa complexité médicale, va aussi être au cœur du conflit presque sans fin qui oppose Shepherd et le Chief. J’ai toujours un peu de regret, dans ce type d’épisode, c’est la façon d’amener un patient que l’on se doit de connaître. Certains médecins le connaissent, Isaac est un employé de l’hôpital. Mais entre nous, s’il a trainé dans les couloirs du Seattle Grace, il ne l’a pas fait suffisamment pour que je puisse connecter avec lui. Cela, malheureusement, enlève beaucoup d’intensité aux évènements, que ces derniers se passent dans la salle d’opération ou dans les couloirs, quand Derek questionne les agissements d’un chef qui n’offre même plus d’opération pro-bono à ses propres employés. Le défaut principal ici est que si Isaac est un patient auquel il n’est pas difficile de connecter, son lien avec l’hôpital en lui-même étoffe l’intrigue tout en l’amenuisant. Elle fait naitre des questions, mais empêche singulièrement le spectateur d’être totalement impliqué émotionnellement, car finalement, Isaac apparaît comme n’importe quel patient, ce qu’il n’est pas.

Et, si cela est clairement le gros de l’épisode, ce dernier va offrir à travers cette histoire un peu de matériel pour une Cristina toujours à la recherche d’elle-même (la scène de fin avec Owen est tout simplement parfaite pour le couple), Lexie qui se dote de couches, et fait une démonstration de sa force de caractère (sacré bout de femme!), de même qu’Arizona, qui s’oppose au chief avant de s’effondrer dans les bras de Callie.  Loin de ce remue-ménage, Alex gère une nouvelle fois le départ d’Izzie, cette fois-ci avec Red. Sa femme a plus que besoin de se comporter en adulte responsable, car elle transforme Karev en pleurnicheuse, et ça, entre nous, ce n’est pas tolérable!

Give Peace a Chance est un épisode qui offre enfin une opportunité à Derek, l’une de celle qui n’aurait pas du mettre 6 saisons à venir. Le tout n’est pas parfait, mais le ton et la mise en scène sont suffisamment forts pour qu’on laisse les défauts de côté pour se concentrer sur les qualités.