Meredith est responsable des urgences pour la nuit. La femme du chief y est de passage après un accident ; un enfant attend de pouvoir être emmené au bloc ; un homme a un couteau dans la tête ; un autre a des problèmes de respirations… Une heure est alors déterminante pour leur avenir.

Après deux épisodes assez routiniers, Grey’s Anatomy promettait d’être plus intense cette semaine, option temps réelle au menu. En effet, la série décidait d’illustrer ce qu’on appelle la golden or (heure d’or), moment crucial après un trauma et qui fait la différence entre la vie et la mort. Forcément, avec un tel concept, il n’était pas bien difficile d’imaginer que nous allions avoir un épisode intense. Cela ne va pas se révéler être totalement le cas.

L’épisode suit donc Meredith au cours d’une heure – publicité comprise – responsable des urgences, et du bon déroulement des opérations. Le ton se veut au commencement léger, Mer va bien et pour tout dire, tout va bien. C’est la routine du travail.

Ce que cette heure va véritablement fournir est bien plus un aperçu de la symphonie qui se joue dans l’hôpital et qui peut bien évidemment dérailler. Nos médecins se croisent, juste pour une scène, parfois plus. Ainsi, Karev est présent pour apposer sa signature et ne veut que quitter les lieux pour assister à son match – qui anime bien du monde dans cet épisode. On retrouve le bel infirmier de Bailey la poussant à faire des galipettes. Teddy a un rendez-vous, mais devra le repousser pour son travail et laisser le prétendant attendre avec son mari. Adele est de passage à l’hôpital pour nous suggérer de graves problèmes de santé. Derek et Meredith prennent l’ascenseur, …

On peut continuer ainsi, car c’est assurément dans cette orchestration que l’épisode brille le plus, n’imposant pas de pression là où elle n’a pas sa place, laissant les différentes dynamiques (relationnelles, amoureuses, professionnelles) s’installer, l’angoisse des parents être vue, la petite amie scotchée à son téléphone être irritante, ou encore les deux copains fêtards n’en faire qu’à leur tête, même si cela consiste à enlever sans se préoccuper le couteau planté dans la tête de l’un !

Une heure. Une heure au sein de laquelle nous savons très bien que la tension va se devoir de monter, et pour tout dire, le patient qui sera au cœur de cet évènement est très vite identifiable. Il n’empêche, la scène au bloc opératoire sera bien agencée pour monter qu’on passe en effet très rapidement d’un cas à un autre, d’une situation à l’apparence sous contrôle à une vraie crise.

Et puis, l’heure se termine donc, libérant ses patients, jouant sur la véritable nature de ses médecins (ah Karev !), sur ce que ces minutes et secondes peuvent être. A la fois tout et strictement rien.

Golden Hour n’est alors pas l’épisode scotchant que son concept laissait présager, et il est peut-être exactement le type d’épisode qui grandit avec le temps pour la simple et bonne raison qu’il choisit finalement de ne pas plonger dans le tumulte médical pour offrir une heure à la fois drôle, touchante, déterminante, anodine et avec une pointe de pression. L’air de rien, c’est fortement maitrisé.