Après 12 saisons, le bagage d’une série évolue pour devenir une sorte de mixte particulier entre un passé qu’il faut embrasser et la nécessité de progresser pour continuer. Cela prend alors parfois la forme d’une sorte de montagne russe, où la qualité monte et descend au fil des saisons, nous faisant de passer par des phases difficiles pour retrouver des sommets.

Après l’excellente saison 12, cette treizième de Grey’s Anatomy traverse tant bien que mal les épreuves. Les scénaristes ont tenté des choses — on ne pourra pas leur reprocher cela —, mais cela n’a pas forcément abouti. Et quand vous avez plusieurs intrigues aux résultats discutables en même temps, remonter la pente est plus compliqué.

Réalisé par Kevin McKidd, ce seizième épisode de cette saison 13 de Grey’s Anatomy fait presque tout ce que l’on serait en droit d’attendre en vérité de la série lorsqu’elle est en forme. Jackson et April se rendent dans le Montana pour une difficile opération sur une jeune patiente. Cette excursion est en vérité pour Jackson une opportunité de se confronter à son passé, et plus spécifiquement son père (incarné par Eric Roberts).

Jackson est au fond un personnage qui aura avant tout existé à travers ses relations de couple, et plus précisément ces dernières saisons avec April. Pour cette raison, cet épisode emprunte une route facile en choisissant d’avoir April en compagnon de route et c’est peut-être ce qu’il y a de plus décevant. Celui-ci aurait pu être entièrement consacré à Jackson, mais les scénaristes ne peuvent pas s’empêcher de revenir sur sa relation avec April.

Il n’est de toute façon pas le seul à souffrir d’un problème de ce genre (c’est toujours à toi que je pense Owen) et cela ne signifie pas pour autant que l’épisode en lui-même n’est pas satisfaisant. Loin des disputes puériles de l’hôpital, Grey’s Anatomy offre l’opportunité de souffler à l’aide d’un défi médical et de questionnements sur l’identité en tant que père.

S’il aurait été intéressant que l’épisode aille plus loin pour nous offrir une vision plus précise de qui est le père de Jackson. Eric Roberts fait néanmoins un bon travail à nous introduire un type somme toute sympathique qui a préféré prendre la tangente quitte à laisser son héritage familial dans les mains de son épouse.

La série se veut peut-être un peu trop simpliste dans les idées qu’elle choisit de véhiculer, sur la responsabilité en tant qu’individu et sur le besoin de Jackson de se confronter à ce passé pour mieux reprendre le contrôle dans le présent. Cela n’handicape cependant pas le déroulement de l’intrigue et il y a quelque chose de libérateur à voir Jackson être aux commandes, de le voir lâcher prise avec une forme de colère et d’incompréhension qui ne le quittait pas.

Cet épisode de Grey’s Anatomy permet alors à la fois à Jackson de faire un pas dans la bonne direction et à la série de se recomposer en s’éloignant des intrigues dont elle a du mal à s’extirper. L’air du Montana fait donc vraiment du bien.