Après avoir obtenu les subventions dont il a besoin, Derek se rend chez Joe pour célébrer, où les docteurs l’accompagnant ont la surprise d’y retrouver un visage familier derrière le bar. Meredith et Derek, de service de nuit, s’occupent d’un garçon de neuf ans dont la mère est infirmière au Seattle Grace.

Avant de prendre une petite pause pour fêter Thanksgiving, Grey’s Anatomy fête la subvention que Derek a obtenue pour ses recherches chez Joe. Surprise, surprise ! Derrière le bar se trouve une Cristina en forme, prête à fournir cocktail corsé et s’amuser.

Se déroulant sur une nuit, l’épisode se penche sur quelques blessures de nos personnages, sans en faire un gros état d’âme. En fait, Avery parvient suprêmement à voler la vedette à Cristina, nous offrant une passade barmaid pas très convaincante et surtout trop poussée pour qu’on puisse complètement y adhérer. Ce n’est pas pour cela qu’il n’en ressort rien de bon, car avoir Derek, Mark, Callie, Bailey et Teddy à la même table, c’est quasiment banco, tout particulièrement pour les deux dernières citées. Après l’épisode de la semaine dernière, Kim Raver se voit encore offrir des lignes de dialogues donnant de la dimension à son personnage, cette fois-ci sur le plan privé (et le désastre de l’univers des rendez-vous). Sa scène de passage à l’hôpital est efficace, et Teddy parvient en quelques répliques à faire plus que ce que certains épisodes ne lui ont jamais permis. Quant à Bailey, qu’y a-t-il encore à rajouter ? C’est Bailey et Chandra Wilson continue de sublimer le personnage.

Pour le coup, alors que tout le monde s’éparpille, Derek reste auprès de Cristina, Owen ayant été appelé à l’hôpital. Il apparaît évident qu’il n’y a que lui qui puisse l’aider à voir le bout du tunnel, son mari ne pouvant que soutenir, mais étant clairement impuissant (sûrement à son grand malheur). En tout cas, Cristina parait ne plus être connecté avec grand monde, beaucoup étant navré et complètement perdu face à sa chute. Il est donc temps que le mari de Meredith la sorte de ce tourbillon autodestructeur dans lequel Cristina s’est plongé, pour le bien du personnage et le nôtre – avant d’avoir le droit à un peu trop de phases peu inspirées.

Il y en a qui boivent, et d’autres qui travaillent. Après Alex, c’est au tour de Meredith de se frotter à Stark, et le duo formé par Karev-Grey possède le rythme parfait pour faire preuve de l’assurance nécessaire, tout en y conservant les doutes inévitables. Le fait que la mère de l’enfant soit une infirmière de l’hôpital permet aussi de jouer avec ce statut à bon escient, sans trop pousser, mais fournissant quelques petites situations inattendues, et une anxiété légitime. Enfin, après la première rencontre, Stark ne fait qu’un peu trop confirmé le rôle qu’il endosse, même si Peter MacNicol semble un peu plus maitrisé son personnage ce coup-ci. Cela se montre quand même difficile, Stark étant le médecin borné par excellence qui mériterait d’être moins unidimensionnel.

J’en reviens finalement à Avery, dont le parallèle entre son histoire personnelle et le patient n’est aucunement dissimulé, mais complètement affirmé, à tel point qu’il n’y a aucun doute possible. Avery vit la situation et la comprend mieux que quiconque, et n’a – comme il le dit à la fin – pas envie d’en parler. En tout cas, si Cristina fut celle autour de laquelle les traumatismes de l’après fusillade furent le plus développés, Avery s’est doucement insinué à ses côtés sur le sujet, pour fournir au personnage une nouvelle épaisseur, et permettre de s’attaquer au problème, en y montrant une autre façon de l’appréhender.

Si on fait exception du couple amoureux collé et insupportable, et sans se montrer non plus très intense, Slow Night, So Long parvient à fournir des patients solides et des cas médicaux dans lesquels les médecins en service sont impliqués. La soirée arrosée au bar permet de donner naissance à quelques scènes et interactions piquantes, mais enfonce un peu trop Cristina, pour laquelle il est temps de la diriger doucement vers la solution, avant de tomber dans trop de pièges liés à ce type de développement.