La voiture de Callie et Arizona a percuté un camion, mettant la vie de Torres et son bébé en danger. Tout l’hôpital est sur le qui-vive, alors que son esprit se met à chanter …

Grey’s Anatomy pousse la chansonnette, c’est en tout cas ce que promettait cet épisode, se frottant à un exercice de style loin d’être aisé, et jouant avec le classique accident télévisuel pour tenter de fournir une crédibilité narrative à l’initiative.

Comme beaucoup de séries aujourd’hui, la musique occupe une part non négligeable de Grey’s Anatomy, et l’épisode décide donc d’exploiter ce qui fut déjà utilisé dans le programme et de confier donc aux acteurs le soin de jongler entre les vocalises et les procédures chirurgicales.

Les enjeux, aussi gros soient-ils, ne vont pas prendre l’intensité qu’un épisode ordinaire aurait pu offrir, surtout que la mise en scène vient clairement poser un obstacle. Les chansons ne sont pas accompagnées de pas de danse et s’intègrent à l’action même, ne facilitant pas toujours le travail pour complètement s’immerger dans ce qui se passe.

Cela n’empêchera pas certains morceaux de se distinguer, et finalement quelques acteurs de prendre le devant. Avec Callie dans le coma, c’est la voix de Sara Ramirez qui va dominer l’ensemble, trouvant son point culminant avec « I was made for you ». Elle sera principalement accompagnée de Kevin McKidd, Chandra Wilson (y a t-il quelque chose qu’elle ne sait pas faire ?) et Chyler Leigh (qui a une très belle voix, ma foi).

Malheureusement, on ne peut pas non plus dire que l’exercice soit complètement maitrisé, des mouvements de lèvres ne paraissant pas toujours en accord avec le morceau musical, se montrant à peine perceptible. Les chansons se mettent clairement sur le chemin d’un développement narratif qui cherche à tout mener de front : le concept, les dynamiques relationnelles et de possibles évolutions. Ce qui est paradoxal car elles sont toutes en accord avec l’évolution de l’histoire et rythme cette dernière.

Ainsi, l’épisode peine à véritablement respirer. Addison fait un passage qui vire à l’anecdote, et même si son apparition parait légitime, elle ne fut clairement pas utilisée. Le sentiment de trahison de Teddy envers Cristina ne possède pas la force qu’il se devrait d’avoir – à la différence de la scène touchante dans l’ascenseur entre Meredith et Derek. Au moins, Arizona et Mark sont placés au pied du mur et laissent exploser des sentiments qui les opposent et les rapprochent.  La musique est donc en charge de véhiculer l’émotion, mais là encore, le résultat se montre trop aseptisé pour être totalement efficace.

Il faut reconnaître à Song Beneath the Song de s’articuler autour d’une prise de risque et d’une exploration musicale qui n’est pas dénuée d’intérêt, mais qui ne parvient pas à être suffisamment bien articulé pour être abouti. Il y aura alors pour compenser quelques jolies performances (musicales ou non).