Grey's Anatomy - The Time Warp (6.15)

Callie, Bailey et Richard doivent présenter des cas chirurgicaux importants qu’ils ont rencontrés suite à la remise en place des conférences à l’hôpital par Derek.

C’est la façon la plus facile de voyager dans le temps dans une série médicale : la conférence. Le lancement m’a ainsi fait penser à un épisode d’assez grande importance de House. Ici, nous avons donc 3 patients, présentés par trois médecins différents, et à des périodes variables. L’épisode contient ainsi 4 lignes temporelles : celle d’aujourd’hui, celle à l’époque des débuts de Richard (J. August Richards) et Ellis (Sarah Paulson), les premiers pas de Bailey et l’arrivée de Callie au Seattle Grace.

Nous sommes en 1982, Richard est noir, Ellis Grey est une femme, et le Sida n’était pas encore reconnu. On joue donc avec son époque avec un temps imparti bien trop maigre pour réellement explorer la question. Scénaristiquement, la décision va être prise, malgré l’histoire racontée par Richard, de nous montrer avant tout la relation entre Richard et Ellis, et l’importance d’autrui sur soi, même si implicitement, cela est là pour illustrer à quel point la mère de Meredith fut néfaste pour l’ancien Chief du Seattle Grace. Qu’importe l’époque, il faut bien le dire, Ellis Grey sait rester détestable. Le tout est agrémenté par des idées anciennes, comprendre les codes d’usage de l’époque, mais n’a définitivement pas le temps d’explorer les possibilités qu’un petit séjour en ce temps-là aurait pu réellement offrir. Le choix du Sida apparaît alors des plus basique et symbolique, ou comment vite fait bien fait expliciter au spectateur l’évolution des mœurs et de la science.

La partie la plus intéressante à mes yeux sera avec Bailey, à ses touts débuts, de belles lunettes et une mémorable coupe de cheveux, de façon à garder Chandra Wilson et ne pas avoir à trouver une autre actrice pour la jouer. Petite pirouette un peu facile, mais entre nous, qui aurait pu être à la hauteur de la tâche ? Car, encore une fois, Chandra Wilson est juste épatante, que cela soit aujourd’hui, distribuant les bonbons à l’assistance ou à ses débuts alors qu’elle doit s’affirmer pour faire sa place. Les petites notes d’humour (elle trop petite derrière les autres) et le mystérieux cas médical fonctionnent, tout en mettant en avant l’importance de connaître son patient pour avoir toutes les informations et ainsi réellement découvrir de quoi il retourne. Un dossier qui a donc fait ce que Bailey est devenue, une femme autoritaire, sûre, confiante, professionnelle et une des meilleures.

Il nous reste alors pour combler un peu les trous le dossier de Callie, qui, à notre époque, va tenter de jouer avec son manque d’assurance quand il faut s’adresser à une foule pour nous faire rire (la répétition rendra la blague lassante), tout en nous offrant un cas illustrant le défi médical. C’est clairement ce qui nous apporte le moins en termes de progression et d’éclaircissement. Entre nous, savoir que Callie et Alex ont fait des galipettes ensemble après avoir réussi à refaire marcher un homme, ce n’est pas de l’information vitale !

Grey’s Anatomy nous fait donc voyager dans le temps, ce qui est loin d’être une mauvaise idée, mais qui n’est pas complètement exploité. Le nombre d’histoires empêche clairement les deux principales (celles de Richard et Bailey) de complètement s’affirmer, même s’il faut reconnaître à celle de Miranda/Mandy de bien mieux tiré son épingle du jeu. Surtout, les allers venus entre toutes ces périodes ont pour conséquence de compliquer l’immersion totale dans l’épisode et coupent trop le rythme. Cela est donc quelque peu agaçant et affaiblit trop l’ensemble.