Le personnel de l’hôpital doit gérer le choc physique et psychologique après les derniers évènements. Le Dr. Perkins, conseiller psychologique spécialisé dans les chocs post-traumatique, doit voir le personnel, pour valider leur retour au travail – et principalement dans le bloc opératoire. Derek décide de quitter son poste de chef pour retourner à celui de chirurgien, alors que Cristina se noie dans les préparatifs de mariage.

Suite au massacre qui a eu lieu, les membres de l’hôpital doivent se relever, ce qui se fait avec un certain nombre de complications. Ainsi, après un final fort en émotions, Grey’s Anatomy affronte le plus difficile : elle doit gérer les séquelles que cela a entrainées sur ces personnages. Un travail qui va devoir se faire sur la durée, et où il est facile d’imaginer que certains protagonistes mettront plus de temps que d’autres à faire le chemin pour aller mieux.

Cela n’empêche pas que la route ne soit pas trop semée d’embuches pour quelques membres, présent pour alléger un peu l’atmosphère. Ainsi, nous avons Teddy qui batifole avec le nouveau Dr. Perkins ; une mauvaise introduction de relation, le couple prit sur le fait par Meredith, mais au moins c’est dit. Richard reprend ses fonctions de Chief, en dansant. Callie et Arizona sont au beau fixe, avec une simple demande de partage d’appartement. Léger, mais subtilement romantique. Puis, Mark, présent pour Lexie, ou aux côtés de Callie, sur lequel il n’y a rien à dire.

Pour eux, le trauma est là, mais sa force de frappe est moins importante que pour la majorité. Chacun y fait face à sa façon. Les rôles s’inversent alors pour le couple CristinaOwen, elle étant alors celle en petits morceaux, qui doit se reconstruire pour passer ce qui lui est arrivé, et le premier pas en avant, c’est le mariage ! Magnifique robe rouge et beaucoup d’amour ! Izzie est toujours dissimulé quelque part pour ce pauvre Alex, que l’affrontement de la mort à renvoyer à des habitudes logiques : se cacher derrière une carapace solide, en attendant que cela passe ou que quelqu’un vienne la percer. Lexie se chargera de le bousculer violemment à la fin, alors qu’elle se relève elle-même de ce qu’elle a vécu après avoir chuté.

Comme le dit magnifiquement Bailey (et la décidément infaillible Chandra Wilson), elle est occupée à recoller les morceaux, et c’est approximativement ce qu’ils font tous ou presque, à leur façon. Derek appuie sur l’accélérateur, goûtant à l’adrénaline, avec une lucidité peut-être plus déstabilisante que n’importe quoi d’autres, qu’il soit sur la route ou à son travail. Le procédé est légèrement moins heureux pour Meredith Grey, l’éternelle autodestructrice, dont les doutes ont nourri avec ferveur les débuts de série, et dont on connaît un peu trop les ruses psychologiques pour s’accrocher avec la même force qu’aux autres. Pour compenser, il y a la dynamique avec Derek et son exaltation qui viennent quelque peu frapper de plein fouet celle qui a trop pour habitude de se dissimuler et qui ne peut s’amuser à confronter Cristina sans prendre le risque de se voir elle aussi renvoyer la balle.

Les angoisses de tous sont ainsi mises en avant, épaulées par quelques courtes scènes de flashbacks qui ne viennent aucunement ralentir le récit, mais lui offre une profondeur plus travaillée. Le travail sur les protagonistes est ici de taille, et s’il y a quelques maladresses, la plupart des acteurs se trouvent en position pour pousser son personnage dans ses retranchements et développer une nouvelle facette de lui. À ce stade dans une série, c’est une chance à ne pas rater et à exploiter.

Ainsi, Grey’s Anatomy marque son retour avec un épisode qui parvient à être juste dans son ton, cherchant avec un peu de maladresse à nous replacer tout le monde, mais avec une volonté de continuer à aller de l’avant qui est encore plus forte et entrainante. C’est un départ mesuré, qui se fait en douceur, et qui réussit à bien établir où tout le monde en est après le drame, et c’est le plus important.