En saison 2, Hap and Leonard ne manque définitivement pas de Mojo

Après une première saison mouvementée, Hap Collins (James Purefoy) et Leonard Pine (Michael K. Williams) nous reviennent avec six nouveaux épisodes adaptant le second roman de la série de Joe R. Lansdale, Mucho Mojo — publié en France sous le titre L’Arbre à bouteilles.

Hap and Leonard nous replonge donc à la fin des années 80, dans le sud de l’Amérique. Plus précisément, à LaBorde au Texas, dans le quartier où Leonard a grandi et où il se retrouve de nouveau plongé dans une somme de problèmes qui le dépasse.

Les ennuis, ça les connaît bien Hap et Leonard. Rien qu’en se levant le matin, ils prennent le risque d’en attirer plus qu’ils ne peuvent en gérer. C’est plus fort qu’eux et cela fait en partie leur charme, en plus de leur incapacité à prendre des décisions pour servir leurs propres intérêts. Si les deux amis étaient responsables et avaient un sens de la survie mieux développé, la série ne serait probablement pas aussi divertissante.

Elle n’a en effet rien perdu de son énergie, même si Nick Damici et Jim Mickle délèguent un peu plus dans les coulisses. Ils continuent à s’impliquer dans le scénario, mais on peut regretter que Mickle ne réalise pas un seul épisode. Hap and Leonard y perd légèrement en personnalité, visuellement parlant, mais son histoire compense amplement en faisant de la série une véritable capsule temporelle.

Plus que dans la saison 1, Mucho Mojo nous ramène dans le passé avec son affaire de jeunes enfants afro-américains qui disparaissent et rien n’est fait pour y remédier. Entre racisme explicite, souvenirs encore plus douloureux d’une époque qui n’est pas totalement révolue et clash culturel, Hap et Leonard mènent l’enquête en s’imposant comme étant les seuls à s’intéresser suffisamment à ce qu’il se passe pour agir.

En jonglant avec des sujets difficiles, tout en ne sacrifiant jamais son humour, son penchant pour les romances sans avenir et son sens de la dérision, Hap and Leonard s’impose comme étant une chronique sociale autant qu’un pur divertissement. Le mélange est détonnant et ce qui en ressort fait des étincelles, bien aidé par le duo James Purefoy/Michael K. Williams qui entretient une énergie étonnement réjouissante et une répartie qui fait mouche.

Cela dit, cette saison 2 est moins enlevée que la première, les personnages secondaires étant moins hauts en couleur et clairement moins déjantés. Cela pose un ton plus sobre, mais peut-être plus intéressant au bout du compte, car Hap and Leonard s’éloigne ainsi de son statut de simple série B sympathique en développant une sensibilité plus dramatique. Elle conserve également sa touche mélancolique qui trouve toujours le moyen de se rappeler à nous suffisamment régulièrement pour bien équilibrer l’ensemble.

Au final, Mucho Mojo permet à Hap and Leonard de murir, même si ses personnages n’en font pas autant. Cette saison 2 délivre une histoire plus immersive, envoutante et finalement pertinente sans sacrifier le second degré et le sens de l’ironie qui en est rapidement venu à définir les deux amis inséparables.

Ndr : Hap and Leonard a été renouvelée pour une saison 3.

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