Harlots : Sexe, argent et rivalités pour conflits féminins de haute volée

Londres en 1763. Une femme sur cinq gagne sa vie en vendant du sexe. C’est le point de départ de Harlots. Cette série historique britannique s’articule autour de la rivalité entre deux femmes propriétaires d’un bordel qui sont prêtes à tout pour conserver le pouvoir qu’elles ont durement gagné dans un monde régi par les hommes.

Création d’Alison Owen et Moira Buffini, Harlots est inspirée par Harris’s List of Covent Garden Ladies, publication britannique parue annuellement entre 1757 et 1795 qui répertorie les prostituées du quartier de Covent Garden. Avec une volonté de rester focalisé sur le point de vue féminin, la série possède une équipe quasiment entièrement féminine, que ce soit à la production, scénarisation ou réalisation.

Venez pour Jessica Brown Findlay, restez pour Samantha Morton

Ayant fait sa percée sur le petit écran avec Downton Abbey, Jessica Brown Findlay endosse un rôle bien différent de celui qui l’a fait connaitre dans Harlots. L’actrice incarne Charlotte Wells, prostituée qui se trouve être la maitresse attitrée de Sir George Howard (Hugh Skinner), mais rêve de plus pour elle-même sans pour autant se nourrir de désillusion sur le monde dans lequel elle évolue.

Après tout, Charlotte est la fille ainée de Margaret, qui tient un bordel de bas standing. Cette dernière cherche à monter sur l’échelle sociale et elle progresse en se reposant sur le précepte que la liberté et le pouvoir pour une femme se situent dans l’argent. Et il est difficile de lui donner tort la plupart du temps.

Margaret Wells est incarnée à la perfection par Samantha Morton qui devra traverser bien des épreuves au cours des 8 épisodes. Cela servira à nous révéler quel genre de femme est Margaret et la réponse, comme à peu près tout dans Harlots, n’est pas simple. Elle est autant une femme d’affaires qu’une mère protectrice traumatisée par les actions de sa propre mère. Elle est une Madame qui a exercée en tant que prostituée et endosse le rôle de mère de substitution pour les filles qui sont dans son bordel, sans perdre de vue ses propres ambitions.

Une représentation jamais gratuite du monde de la prostitution

Samantha Morton est parfaitement entourée d’un casting féminin qui nous permet d’explorer les différents pans du monde de la prostitution à cette époque. Face à Charlotte Wells se trouve sa rivale Lydia Quigley (Lesley Manville) qui est à la tête d’une Maison de prostitution se voulant de plus haut standing. Cela ne signifie pas qu’il ne s’y passe pas non plus des choses douteuses ou que Quigley elle-même ne se salit pas les mains. Bien au contraire. À l’image de Morton, Manville excelle à faire de son personnage une femme aux décisions moralement condamnables, que l’on peut autant détester que comprendre au sein d’un même épisode.

Dans tous les cas, l’équipe de Harlots choisit stratégiquement ce qu’elle souhaite nous montrer. Le sexe est un produit qui est vendu ou une arme utilisée pour manipuler autrui. La nudité n’est jamais forcée, présente quand cela est nécessaire et la caméra ne quitte jamais le personnage féminin concerné lorsqu’il s’agit de nous dépeindre comment cela se déroule – surtout lors de scènes psychologiquement et physiquement plus violentes.

Il est aussi intéressant de noter la manière dont Harlots recycle les costumes que l’on a pu voir dans d’autres period drama. Si une raison budgétaire peut se cacher derrière ce choix, cela colle parfaitement à l’univers de la série, où les artifices vestimentaires ont leur place.

Harlots, un monde de pouvoir et de retournements de situation

De Lucy (Eloise Smyth), la fille cadette de Margaret et inexpérimentée débutant dans la prostitution à Emily Lacey (Holli Dempsey) qui choisit de rejoindre la maison de Quigley après avoir déserté celle de Margaret, Harlots nous offre un portrait complexe des rapports de force qui existe. On se retrouve dès lors à plonger dans un monde où mentir se doit d’être appris très tôt et feindre la satisfaction ou l’approbation peut vous sauver la vie. Lorsqu’il s’agit de dépeindre les différences entre les classes sociales, les épisodes de Harlots sont peuplés d’une majorité d’hommes qui abusent de leur autorité et de leur position pour obtenir ce qu’ils veulent.

On ne pourra d’ailleurs pas accuser Harlots d’être avare en intrigues, s’en retrouvant par moment simplement surchargée par tout ce qu’elle doit gérer et aura des difficultés à trouver le bon équilibre entre toutes à différents moments. La romance de Charlotte Wells avec Daniel Marney (Rory Fleck Byrne) aura, par exemple, manqué d’espace pour trouver une légitimité complète.

Malgré quelques cafouillages, cette première saison de Harlots possède une progression narrative bien visible. Si la première partie pose les bases de la série avec une certaine légèreté, trouvant du rire même lorsque les choses ne vont pas bien, la seconde se montre plus noire pour faire monter les enjeux et pousser ses personnages dans leurs retranchements.

***

Cette première saison de Harlots utilise la période historique et la prostitution pour délivrer des portraits complexes de femmes qui utilisent ce qu’elles ont en leur possession pour survivre et naviguer dans un monde dominé par les hommes. Des conflits de pouvoir et d’idéaux émergent dans un univers majoritairement impitoyable mais qui n’est pas dénué d’humour ou de tendresse pour une série qui emporte grâce à son histoire rythmée et son impeccable casting. On ne peut alors qu’espérer son renouvellement pour une saison 2.

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