Harlots Saison 2 : La revanche des femmes

Avant la rentrée américaine, Critictoo se met à l’heure anglaise du 10 au 16 septembre avec une semaine dédiée à la télévision britannique.


Après avoir mis en ligne la seconde saison de la récompensée The Handmaid’s Tale, Hulu a poursuivi dans le domaine de la série dite féministe avec la plus discrète, et pourtant excellente, Harlots.

Cette création d’Alison Owen et Moira Buffini avait fait parler d’elle lors de sa première saison pour son équipe quasiment entièrement féminine, que ce soit à la production, scénarisation ou réalisation. Devant la caméra, ce sont aussi les femmes qui règnent dans Harlots et qui poursuivent leur combat pour conserver le peu de pouvoir qu’elles ont entre leurs mains – et pour certaines, tout simplement leur liberté.

On retourne dans le Londres Géorgien aux côtés de Margaret Wells (Samantha Morton), femme à la tête d’un bordel. Sa rivalité avec son ennemie Lydia Quigley (Lesley Manville) s’intensifie lorsque sa fille, Charlotte Wells (Jessica Brown Findlay) rejoint la maison de cette dernière. Margaret Wells et Lydia Quigley vont ainsi s’opposer jusqu’à tenter de complètement éliminer leur adversaire de l’échiquier.

Alors que Charlotte prend ses quartiers chez Lydia et se lie d’amitié avec la socialite Lady Fitz (Liv Tyler), sa sœur Lucy (Eloise Smyth) séduit Lord Fallon (Ben Lambert) qui est prêt à payer pour l’avoir rien que pour elle. La justice se dote d’un nouveau visage avec l’arrivée de Josiah Hunt (Sebastian Armesto), un idéaliste qui doit se confronter aux limites de son pouvoir et aux femmes de Harlots quand un vol et un meurtre sont commis.

Si la première saison de Harlots s’était révélée une véritable montée en puissance, embrassant au fil des épisodes ses éléments les plus sombres, la noirceur règne dès le départ de la saison 2. Les femmes de la série évoluent dans un monde sans pitié, où tous les coups ou presque sont permis pour assurer sa propre survie.

On pourrait craindre que la série se laisse submerger par ses thématiques féminines et féministes — abordant toujours la prostitution et la violence sans une once de glamour. L’équipe scénaristique met un point d’honneur à bien montrer où se trouve le consentement et où les actions qui sont dans un contexte acceptable se transforment en une forme d’abus de pouvoir dans un autre.

Malgré une noirceur évidente, l’univers de Harlots est naturellement sublimé par des costumes qui injectent de la vie et de la couleur, chaque personnage possédant par ailleurs une identité vestimentaire explicite. Le tout est à l’image des multiples portraits, plus diversifiés les uns que les autres. Les dialogues sont aussi particulièrement acérés, avec un sens plaisant de l’imagerie autant pour susciter de l’humour que pour offrir une vision plus glaçante encore de la situation.

Harlots refuse ainsi de se laisser consumer par ces éléments les plus pessimistes pour délivrer un récit où les femmes se battent corps et âme pour leur position. Cela signifie différentes choses en fonction des personnages, qui empruntent différentes routes. Là où Margaret Wells choisit la voie de la rédemption pour assumer ses actes les plus discutables, Lydia Quigley se laisse emporter par sa soif de pouvoir offerte par des hommes puissants.

La vengeance et la haine animent Charlotte Wells, de même que le besoin de reprendre le contrôle. Un contrôle que ne possède pas Lady Fitz, nouvelle venue dans Harlots, qui vient nous montrer que ne pas être une prostituée n’est pas forcément libératoire, bien au contraire. Lady Fitz est plus prisonnière de sa situation que bien des femmes de la série.

Les femmes de Harlots travaillent pour exister au-delà des hommes qui paient leur service, achetant tout avec l’argent et le pouvoir. Elles recherchent justice pour celles qui sont tombées et se bâtissent par la même occasion un foyer. Le lieu ne compte pas tant que cela, mais avec qui elles sont priment.

S’il y a peu d’hommes à sauver dans cet univers, William North (Danny Sapani) reste une sorte d’exception bienvenue, alors que Josiah Hunt parvient à gagner une place légitime dans la série en découvrant comment le monde fonctionne vraiment.

Après une saison 1 réussie, Harlots confirme avec une saison 2 qui continue à exploiter ses problématiques féminines avec la même verve qu’auparavant. La série a un sens de la répartie indéniable et une maitrise des codes du soap qui lui permet d’en jouer pour faire avancer son histoire tout en ne perdant jamais de vue la salubrité et le danger du Londres dans lequel évoluent ces personnages. Il en ressort un récit rythmé par la manipulation, la soif de vengeance et l’instinct de survie. Une série qui mérite ainsi largement le coup d’œil.

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