Après avoir été renvoyée de la firme où elle travaillait, Harriet Korn se trouve dans une suite d’accidents qui la pousse à ouvrir un cabinet dans un magasin de chaussure. Là, elle se retrouve avec son premier dossier criminel à défendre.

David E. Kelley revient une nouvelle fois avec une série judiciaire avec un twist, puisque cette fois, l’action se déroule à Cincinnati et non à Boston. Cela peut surprendre au premier abord, mais pour le reste, on retrouve un air de déjà vu qui permet de ne pas être dépaysé.

Nous allons suivre Harriet Korn (aka Harry) qui commence l’épisode en tant qu’avocate spécialisée dans les brevets et autres trucs du genre qui ne la passionnent plus. On ne s’arrête pas là-dessus plus d’une scène puisque la voilà à se balader dans la rue quand un jeune afro-américain lui tombe littéralement dessus. Il semble que renverser Harry est le meilleur moyen d’entrer dans sa vie, et c’est donc ce que fera Adam, un autre avocat qui va lui aussi changer de spécialité pour l’occasion. Le tout prendra forme dans un magasin de chaussures.

La mise en place se fait alors avec légèreté et l’expérience de l’auteur offre à l’ensemble un rythme parfaitement maitrisé. Cela dit, il y a quelque chose de légèrement grotesque dans tout ce qui se passe.

Mais c’est en particulier dans la partie « procès » que tout cela va partir en vrille. Que ce soit Harriet ou Adam, leur expérience dans le milieu de la criminalité est assez réduite, mais les voilà à défendre un jeune accusé d’avoir acheté de la drogue et une parodie de gangster qui a tiré sur quelqu’un en légitime défense.

Les plaidoiries sont absurdes et les arguments présentés sont bien souvent hors propos. Cela dit, tout repose sur les interprètes qui en font des tonnes pour nous convaincre du bienfondé de ce qui se produit.

À la fin, on peut se demander dans quoi David E. Kelley veut nous plonger. Un bain de nostalgie caricaturale ? À moins que l’absurdité ambiance ne soit qu’un étrange résultat de maladresses incontrôlées. Quoi qu’il en soit, il y a beaucoup de choses qui n’arrivent pas à prendre dans ce pilote et il est difficile de savoir par où commencer. Il y a par contre quelque chose d’indéniable, nous avons du brouillon de Kelley old school, mais si ça aurait pu passer il y a 10 ans, aujourd’hui, ça parait déjà légèrement périmé avant même que ça ne puisse véritablement être consommé.

Harry’s Law commence donc de manière plutôt bancale, installant un univers qui est factice et peu accrocheur, en particulier à cause d’une dose un peu trop forte de naïveté et d’humour peu inspiré.