Hart of Dixie, feel good series


Hart of Dixie a débuté le 26 septembre 2011 sur The CW. Elle nous conte les histoires du Dr. Zoe Hart, une New-Yorkaise pur jus qui se voit refuser un job en or, car elle n’est pas assez humaine avec ses patients. Elle se voit donc obligée de déménager à Bluebell, en Alabama, pour reprendre un petit cabinet médical que lui a laissé son père biologique dont elle ignorait l’existence.

Autant le dire tout de suite, Hart of Dixie n’est pas une série indispensable. Mais elle est peut-être la série dont on avait besoin. En quelques épisodes, elle a réussi à se créer un univers et des personnages assez attachants pour donner envie de revenir chaque semaine et cela sans action trépidante ou cliffhangers haletants. Comment fait-elle ?

Tout d’abord, il y a la ville de Bluebell. Exit New York et L.A., nous sommes ici en Alabama, dans le sud profond des États-Unis. Le changement d’environnement est aussi radical pour Zoe que pour nous. Mais alors que la jeune femme se morfond, le spectateur apprécie cette bouffée d’air frais dans un univers sériel qui privilégie les grandes métropoles anxiogènes. La petite ville est ainsi balayée de couleurs chatoyantes qui nous donneraient envie de déménager à Bluebell.

Bien sûr, on est à mille lieues de tout réalisme et c’est précisément ce qui fait que ça marche. Bluebell est totalement fictive, ce qui en fait le parfait lieu d’évasion hebdomadaire. Et puis, si les producteurs avaient cherché à être crédibles, ils n’auraient sûrement pas embauché Rachel Bilson pour jouer une chirurgienne.

Justement, parlons-en de Zoe Hart. Celle-ci a bien du mal à se faire à sa nouvelle vie, et chaque épisode est prétexte à une nouvelle opposition entre sa vision de citadine et celle des autres habitants de Bluebell. La série puise la majorité de son humour dans ce décalage avec les autres protagonistes. Du lot, Wade est celui qui tire son épingle du jeu, s’extirpant très vite de son statut de simple beau gosse de service. Son duo avec Zoe est à ce jour le plus réussi.

Malheureusement, c’est un peu plus bancal pour les autres. Ainsi, les scénaristes ont toutes les peines du monde à rendre Lemon convaincante, tellement elle semble déconnectée de la réalité. Sous-utilisé, son fiancé George a plus de potentiel, puisqu’il a – lui aussi – connu la vie new-yorkaise.

De façon générale, la troupe souffre d’être embourbée dans un triangle (hexagone?) amoureux pesant. Les scénaristes eux-mêmes semblent dépassés par la situation et n’arrivent pas à construire d’intrigues solides sur le long terme, malgré leur envie perceptible de donner dans le feuilletonnant. C’est à la fois ce qui fait la différence et la faiblesse de la série, ce qui la rend attrayante, mais aussi dispensable. En effet, les épisodes sont majoritairement des stand alones (certains ont même été diffusés dans le désordre) et en six épisodes, il n’y a pas encore eu d’avancée significative dans l’histoire.

Néanmoins, il serait injuste d’en tenir rigueur à la série, surtout si l’on se penche sur ses modèles, j’ai nommé Everwood et Gilmore Girls. Le capital sympathie de la série repose ainsi beaucoup sur cette nostalgie de l’époque WB. Comme ses ancêtres, Hart of Dixie doit prendre le temps de bâtir son univers pour qu’on ne veuille plus le quitter, comme on ne voulait pas laisser partir Everwood et Stars Hollow en leur temps.

En comparaison, Hart of Dixie se veut résolument plus sexy que ses prédécesseurs et – The CW oblige – les torses nus abondent, alors que Rachel Bilson se dandine en mini-shorts tendance. Pourtant, la série a encore beaucoup à apprendre de ses aînées. En effet, si elle est à l’aise avec la comédie, elle peine encore à émouvoir. Comme son héroïne, la série doit apprendre à être plus humaine si elle veut que ses personnages ne soient pas de simples marionnettes. Sans cette profondeur émotionnelle supplémentaire, Hart of Dixie ne réussira jamais à conquérir pleinement son spectateur.

Hart of Dixie est donc une série réconfortante, de celles dont on ressort du visionnage heureux. Dans un paysage télévisuel versant facilement dans le cynisme et la noirceur, la série se montre alors rafraîchissante. L’initiative est louable, mais l’ensemble reste à ce jour trop lisse pour devenir indispensable aux yeux du spectateur. Le potentiel est tout de même là pour que Hart of Dixie passe de simple friandise à une réelle gourmandise.

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