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Jeudi 13 septembre 2012 à 11:09 | 22 commentaires | | | |

Homeland : caché à la vue de tous (Saison 1)

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Quand le sergent Brody réapparait après avoir été déclaré mort en Irak huit ans auparavant, Carrie Mathison, agent de la CIA, le soupçonne d’être un terroriste. Seule, elle commence à mener une opération de surveillance clandestine pour découvrir la vérité.

Homeland est l’adaptation de Hatufim, une série israélienne, pour la chaine Showtime par Howard Gordon et Alex Gansa – connus pour leur travail sur 24. On suit Carrie Mathison (Claire Danes) qui essaie de prouver que le nouveau héros de la nation, le sergent Brody (Damian Lewis), est en réalité un terroriste à la solde d’Abu Nazir, un membre haut placé d’Al-Qaeda.

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C’est en tout cas le point de départ ou, du moins, c’est ce qui anime Carrie durant cette saison. On l’accompagne dans sa quête alors qu’elle tente de démontrer que son idée n’est pas une pure fiction, mais son passé joue contre elle et, pour convaincre ses collègues, elle va devoir dépasser consciemment des limites personnelles et professionnelles.

Carrie n’est pas une héroïne typique. Elle est instable, obsessionnelle et paranoïaque. Ce sera l’un des moteurs de cette première saison, car nous sommes poussés à croire ses théories, même quand on tend à nous suggérer qu’elles sont fausses. Cela se fera avec l’aide du sergent Brody qui est plus qu’une cible, c’est un personnage à part entière que l’on apprend à connaitre et à apprécier. Lui aussi n’est pas très net, mais l’idée est de ne pas vraiment nous dire dans un premier temps si cela vient du fait qu’il a été captif pendant 8 ans ou si c’est parce qu’il s’est vraiment tourné vers l’ennemi.

Ainsi, dans Homeland, les scénaristes prennent un plaisir indéniable à jouer avec les non-dits et avec l’instabilité flagrante des principaux protagonistes afin de nous encourager à douter. Ils pousseront malheureusement le jeu un peu loin avec Brody, comme s’ils n’étaient pas eux-mêmes certains de vouloir l’entrainer sur la route qu’ils ont finalement choisie pour lui. Cela aura d’ailleurs comme conséquence de le rendre plus distant, mais ça fera de la place pour Saul (Mandy Patinkin), le mentor de Carrie qui s’imposera réellement dans la seconde partie de la saison.

En tout cas, ce n’est pas le seul petit abus que l’équipe créative fera, puisque certains pans de l’histoire seront légèrement trop exploités, là où d’autres sont étrangement occultés. Dans ce dernier cas, l’exemple le plus flagrant dans cette première saison est l’affaire de la taupe à la CIA qui disparaitra soudainement pour n’être que vaguement évoquée par la suite, et ce n’est pas la seule. Ce sont les détails qui attaquent la consistance de l’ensemble, mais les hésitations diverses et autres trous scénaristiques sont aisément compensés par le divertissement délivré par la série, avec son suspense savamment dosé et ses protagonistes intéressants.

Il faut dire que Homeland tire un maximum de ses acteurs, tout particulièrement de Claire Danes, et cela sera plus que payant, Carrie Mathison s’imposant immédiatement comme étant un personnage peu commun qui peut aller là où on ne l’attend pas. Parfaitement instrumentalisée au cœur de l’intrigue, elle fournit ainsi à la série une énergie bien particulière qui alimentera autant l’aspect conspirationniste de l’histoire que son côté addictif.

Avec sa première saison, Homeland est en tout cas parvenue à délivrer un ensemble cohérent, sans temps morts et qui réussit à surprendre à de multiples reprises. Ses défauts peuvent parfois être dérangeants, mais ils n’attaquent pas le plaisir qu’il y a à suivre l’intrigue se développer jusqu’à atteindre son apogée juste à temps pour ouvrir les portes pour une suite qui s’annonce pleine de promesses.

Ce bilan a été publié une première fois en janvier 2012. Homeland est diffusée à partir de ce jeudi 13 septembre sur Canal +.

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