À ce stade, il apparait évident que cette saison 6 de Homeland s’est définitivement éloignée de la structure habituelle de la série. Au lieu de rebondir dans une nouvelle direction, l’intrigue progresse tranquillement en ligne droite depuis le season premiere. Elle prend d’ailleurs la forme d’une longue chute pour les protagonistes aspirés dans une conspiration qui les dépasse.

Cela culmine dans cet épisode 8 qui nous montre donc Carrie, Saul et Quinn qui croient voir une sortie, mais se heurtent violemment à de nouveaux murs. Ceux-ci les isolent toujours plus et on peut espérer que, maintenant qu’ils n’ont plus rien à perdre, ils vont à leur tour passer à l’offensive.

C’est en effet le plus frustrant à ce niveau. Homeland nous a déjà joué par le passé la carte de la trahison que Carrie n’a pas vue venir. Dans le cas de cette saison 6, elle n’était de toute façon pas en position de faire quoi que ce soit. Néanmoins, on pouvait attendre mieux de Saul.

Quoi qu’il en soit, nous en sommes tout de même à l’épisode 8 et les personnages continuent à se faire manipuler et, comme les fois précédentes, on nous mène également en bateau de façon à ce que la révélation soit une surprise. L’effet n’est pas des plus intéressants à ce niveau, car cela devient redondant.

C’est un peu le souci à ce stade. Depuis trois épisodes maintenant, l’idée semble être de dérouter Carrie. Continuer à la mener dans des voies sans-issue, de lui donner des coups et d’attendre pour qu’elle réalise ce qu’elle vient d’encaisser devient lassant. Le problème n’est pas tant dans ce que Carrie traverse que la manière avec laquelle cela est écrit.

Concrètement, plus on avance et moins cette saison 6 de Homeland semble avoir des choses intéressantes à offrir. À la place, on nous ramène le perturbateur Alt-Right et on nous balade tout un épisode pour un seul twist.

À ce stade, même la retraite en forêt de Quinn finit par n’être qu’une distraction. La différence étant que celle-ci est payante, là où le reste se contente de frapper un peu plus encore des personnages qui sont déjà à terre — même s’ils ne l’avaient pas réalisé.

Quinn et sa paranoïa nous permettent de reconnecter avec le type de tension qui caractérise Homeland et qui manque sérieusement au reste qui privilégie les effets-chocs. Ces derniers ont des limites qu’un bon suspense n’a pas. Ainsi, quand on compare la chute de l’intrigue de Carrie et Saul avec celle de Quinn, il est aisé de voir ce qui manque cruellement à la première et qui fonctionne réellement avec la seconde. Le problème est que les enjeux sont inégaux entre les deux.

Cet épisode 8 pousse en tout cas les personnages suffisamment loin pour que l’on puisse commencer à espérer que cette saison 6 va finir par laisser les distractions de côté pour aborder de front ce qui se trame réellement depuis le début. L’habituelle formule d’Homeland avait certes besoin d’être rafraichie, mais l’alternative que l’on nous offre ici peine à montrer sa pertinence.

Concrètement, ce retour aux États-Unis apparait de moins en moins comme étant la route qu’il fallait suivre. Peut-être est-ce dû à cette tentative pour ancrer l’histoire dans la réalité politique américaine — qui échoue lamentablement par ailleurs — à moins que ce soit le fait que Carrie est restée trop longtemps à la périphérie et aurait dû être ramenée plus tôt au cœur de l’action. En tout cas, il n’y a plus que 4 épisodes pour rectifier le tir. Heureusement, nous avons atteint un point où il n’est plus vraiment possible de continuer à dérouter Carrie plus longtemps.

Homeland - Saison 6
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