On pourrait définir cette saison 6 de Homeland par sa capacité à éviter toute forme de précipitation. Le rythme avec lequel l’intrigue progresse est continu et définitivement sans sursaut. En fait, il en devient terriblement monotone à force.

Ce n’est donc pas cet épisode 9 qui va changer cet état de fait. Tout se déroule comme prévu, au moment attendu et de la manière la plus classique qui soit pour la série. La seule véritable surprise est que, après toutes ces années, les scénaristes pensent à utiliser Max pour autre chose que pour vérifier qu’il n’y a pas quelqu’un qui a posé un micro. D’ailleurs, ils saisissent l’occasion pour nous rappeler un peu son passé, notamment sa relation avec Fara en saison 4.

Max devient donc proactif et, pour être honnête, il n’est pas le seul. Elizabeth Keane ouvre les yeux à l’aide de Saul et Carrie aussi rapidement qu’elle les a fermés dans le précédent épisode après avoir rencontré Javadi. À ce stade, c’est le retournement de situation le plus brusquement amené de cette storyline qui tend pourtant à étirer plus que de mesure ce genre de choses.

En effet, Carrie, Saul et Keane nous ont enfin rattrapés ou presque. Nous avons encore une petite longueur d’avance sur eux à propos de Dar Adal grâce à Quinn et Max. On peut se demander si les scénaristes avaient réellement pensé que leur approche changerait à ce point notre relation avec la série. Jusqu’ici, il a toujours été question de se tenir auprès de Carrie, de vivre l’aventure à travers elle. À présent, on nous demande vraiment d’être de simples spectateurs. On nous offre alors une vision plus globale de l’intrigue, ce qui enlève une grande partie des mystères et élimine la possibilité de retournements de situation.

Concrètement, on nous force à rester passifs. Cela devient Homeland sans le suspense et, pour un thriller, ce n’est pas vraiment une approche intéressante. Peut-être que l’idée est justement d’éloigner le show de son genre de base pour permettre une mise en avant du commentaire politique, mais celui-ci est terriblement générique et il semble de plus en plus n’être qu’une arrière-pensée.

À ce niveau, cette saison 6 apparait surtout être le résultat d’une grande confusion entre ce que doit être Homeland et ce qu’elle est réellement. Il est possible que le but était simplement d’essayer de s’éloigner de la formule traditionnelle du show qui, il faut le reconnaitre, a vieilli et a perdu de sa force. Malgré tout, le résultat ici nous mène à une crise identitaire qui est indéniablement problématique.

Cela est vraiment regrettable, surtout avec un épisode comme celui-ci qui propose des choses intéressantes. Entendre Carrie adresser la complexité de ses relations avec les hommes de sa vie est assez bienvenu par exemple. Idem quand elle se retrouve face à un Saul dont l’avenir est en péril pour une erreur d’un genre qui lui est bien familier.

Malgré tout, cela ne concerne réellement qu’une poignée de scènes tout au plus, le reste se déroulant sur le même rythme et avec automatisme. Cet épisode 9 de Homeland permet donc de rattraper un peu le retard que les personnages ont sur nous, mais il échoue à nous replacer réellement au cœur de l’action et il est temps que cela change, car cette position n’est pas très intéressante à occuper.