
House a rejoint le service psychiatrique de Mayfield pour ses hallucinations. Ces dernières parties, il se déclare lui-même guéri et veut partir. Le docteur en charge, Darryl Nolan, n’est pas du même avis, et va le forcer à rester, le menaçant de ne pas lui rendre sa licence tant qu’il n’est pas convaincu qu’il est soigné.
House a toujours été un médecin sarcastique, plus prompt à dire des vérités parfois blessantes qu’à exprimer sa douleur. L’expression de son humanité ne se faisait pas selon les bonnes normes de la société, et nous avons passé maintenant 5 ans en sa compagnie, avec Wilson nous le rappelant. Mais, si on aime House, c’est pour cela. Pour sa personnalité, son essence, et son ton parfois politiquement incorrect.
À force de s’entendre dire à tout va que notre bon docteur est accro, malade, et comme le dit l’épisode « cassé », quelqu’un a fini par y croire. Je suis toujours prompte à voir une série évoluer, et le final de la saison 5 de House tendait fortement à ouvrir de nouvelles portes. Mais, si ces dernières consistent à tuer l’essence même du personnage, le choix apparaît soudainement discutable. Ce serait quand même allé un peu vite en besogne, car en bout de course, on sent le retour à la normale approcher ; la grande question est de savoir si oui ou non des évolutions naitront réellement de cette situation.
Victime d’hallucinations, House va faire un séjour en hôpital psychiatrique, qui va être, sous couvert d’une excuse un peu douteuse, plus long qu’il ne l’avait prévu. Soit, la durée du season premiere. Pour ce voyage qui aura lieu loin de quasiment tous les visages familiers (Wilson ne fera qu’une scène), nous sommes introduits à des patients, des médecins et un intérêt amoureux. Le temps imparti n’offre pas vraiment la possibilité d’aller au-delà des stéréotypes : le paranoïaque, l’anorexique, celle qui ne parle pas, le maniaco-depressif… Pas d’originalité sur ce plan-là. Une facilité qui permettra au spectateur de vite situer qui est qui, mais aussi, qui a le défaut de manquer de force de caractère, et de n’apporter pas grand-chose.
House n’est, au départ, pas décidé à rester en leur compagnie et le Dr. Beasley va vite le comprendre. Il a un plan A, B et C, au moins, et tout y passera, de la réticence, à l’abus de pouvoir, jusqu’à la comédie. Du House, quoi. Pas dans toute sa splendeur, mais suffisamment étincelant pour donner le change, divertir, et éviter de tomber dans le prévisible.
Malheureusement, cela ne durera pas. Car, à un certain point, notre docteur préféré va découvrir que soigner la tête, ce n’est pas comme soigner le corps. Même si la fin nous démontre que les deux sont plus que liés, il va faire les frais de son entêtement à prouver qu’il a raison, et de cela, découlera le moment si peu rêvé, celui où il accepte qu’il doit être soigné. Y a-t-il tant à soigner chez House ? Est-il plus malade que ceux qui sont dehors ? Il est affectivement défaillant, mais on ne peut pas dire qu’il le soit plus que la moyenne. Il ne supporte pas l’échec, s’en souvenant plus que les succès. Il a tendance à repousser les gens de peur d’être blessé. Il n’y a pas besoin d’être dans un hôpital psychiatrique pour soigner ces maux, et si c’était le cas, le lieu serait plus que bondé.
House ne rentre donc pas dans le moule préfabriqué de la société dans laquelle il vit, et si c’est pour cela qu’on l’aime, cet épisode tend à vouloir le faire rentrer dedans. Personnellement, j’ai dû mal à ne pas imaginer la nature reprendre le dessus. On ne peut pas combattre ce que l’on n’est. Nobody changes.
L’épisode, qui essaie à sa façon de faire évoluer notre médecin, confronte par ailleurs ce dernier au Dr. Darryl Nolan. Comme toujours, le fabuleux Andre Braugher est remarquable, mais si le personnage avait, à son point de départ, plus qu’un fort potentiel, la suite des évènements, et son rapprochement avec House, au-delà d’une simple relation médecin-patient, ne va pas lui être réellement bénéfique, et donner le jour à des moments plus mous que percutants.
Ce season premiere de House s’annonçait prometteur. Greg dans un hôpital psychiatrique était une situation à fort potentiel, mais cela ne sera pas franchement exploité. La première partie sera assez convaincante, que cela soit dans son rythme ou les situations. On n’évite pas les écueils, sans pour autant que ces derniers soient gênants. Pas mal de passages efficaces, et un House qui en veut offrent un joli cocktail, qui va perdre de sa saveur dans la seconde partie. Entre doutes existentiels (toujours les mêmes finalement) et le développement d’une romance un peu gratuite avec l’Allemande Franka Potente, quelques bons morceaux en ressortiront, sans réellement convaincre dans l’ensemble.
L’épisode s’ouvre sur du Radiohead et réussit son entrée. Il se conclut sur du The Frames, avec un peu moins de force, mais un joli smiley. Tout ceci illustre parfaitement l’évolution de ce season premiere.


Et bien moi j’ai beaucoup beaucoup aimé.
Tout n’était pas parfait, effectivement la romance-kleenex on aurait pu s’en passer. Et aussi la guérison miraculeuse de la fille qui ne parle pas était vraiment de trop.
Mais je ne suis pas d’accord quand tu dis que ce double épisode essaye de faire rentrer le personnage de House dans le moule. Personne dans cet épisode ne dit de House qu’il doit changer parce qu’il n’est pas conforme à la société. Le fond du problème de House est et a toujours été qu’il est complètement malheureux. Et c’est là où j’ai bien aimé l’épisode et son utilisation de la psychologie/psychiatrie, c’est que la demande de changement s’il devait y’en avoir une, devait impérativement venir du patient, pour le patient, et non pas du psy, qui comme il le disait ne donnait pas de conseils mais posaient des questions. Donc voilà l’objectif était de rendre House moins malheureux. Après je comprend les doutes à la fois de House et du téléspectateur, qui se demandent a quel point House va changer et si il change va t’il quand même rester lui même. Mais là aussi pour moi ce serait plutôt une réussite de l’épisode, parce que c’est vraiment ce qui se passe dans une psychothérapie.
Après par contre je parierais comme toi pour un retour à la normal, parce que la tâche des scénaristes est extrêmement difficile vu qu’il doivent conserver l’essentiel du caractère habituel de House tout en amorçant un certain adoucissement du personnage, tout ça sans rebuter le téléspectateur, et jusque maintenant ils ne se sont pas montrés hyper brillants dans l’évolution des personnages.