En saison 4, House of Cards redresse la barre en opposant les Underwood au reste du monde

16 Mar 2016 à 11:28

House of Cards - Saison 4

Avec Beau Willimon qui quitte House of Cards après cette quatrième saison, on pouvait penser que tout se terminerait sur un chapitre offrant une fin donnant l’impression que le scénariste avait complété son œuvre. Ce n’est pas le cas.

En fait, si l’épisode 10 avait servi d’épilogue, on aurait pu être surpris par le sentiment d’optimisme qui s’en dégageait, mais cela aurait certainement été un chant du cygne plus satisfaisant pour cette première ère de la série. Maintenant, le showrunner laisse donc sa place à quelqu’un qui devra commencer par ramasser les morceaux – et il y en a beaucoup.

House of Cards débutait d’ailleurs cette quatrième saison de façon éclatée. Le mariage des Underwood s’effritait et cela créa une impression de scission assez déconcertante au premier abord. Il ne faudra cependant pas beaucoup de temps avant que le rythme change et que l’intrigue se focalise sur des points bien précis.

On peut oublier la possibilité d’un divorce, Claire va prendre le show en main et installer une conjoncture inédite dans laquelle elle s’impose à égalité avec son mari. Il est alors question d’unité à tous les niveaux. L’un sans l’autre, Frank (Kevin Spacey) et Claire (Robin Wright) ne sont rien et Beau Willimon n’a pas peur de mettre le paquet pour explorer cette idée au maximum afin de la rendre aussi séduisante qu’indiscutable.

Rétrospectivement, la débâcle que fut la saison 3 se retrouve en quelque sorte diminuée par cette nouvelle approche du couple présidentiel. Tout ce qui fut réalisé auparavant menait à cette réorientation de la relation toujours plus complexe qui caractérise les Underwood. On peut voir cela comme étant un brillant sauvetage, car c’est bien de cela qu’il s’agit.

Frank et Claire étaient les seuls à pouvoir se sauver, et ils le font au détriment du reste. Par conséquent, les personnages secondaires sont souvent négligés. Cela est particulièrement regrettable avec Doug (Michael Kelly) dont la remontée fut une des meilleures choses de la saison 3. Néanmoins, avec le couple Underwood au centre de tout, une détermination ressort indéniablement de l’écriture.

House of Cards est le genre de série qui parait avoir plus à raconter qu’elle n’a en réalité la capacité de le faire. Son cynisme limite son discours à bien des niveaux, en particulier si on s’intéresse à la pratique de la politique à l’Américaine. C’est regrettable, surtout quand le candidat républicain aux élections présidentielles (joué par Joel Kinnaman) entre en jeu.

La campagne bat en effet son plein et si les primaires démocrates sont au centre de cette saison 4, l’opposition fait surface et n’a rien à dire. En fait, Will Conway (Kinnaman) n’est qu’une distraction qui doit donner l’impression que Frank est en danger, mais qui parvient surtout à faire du bruit.

Il n’est pas le seul. Willimon fabrique des obstacles sans consistance pour justifier les actes de Frank et Claire. Les voir passer à l’action est particulièrement réjouissant, en particulier quand la Première Dame est aux commandes, mais les dés sont pipés et cela est trop évident.

En dépit de cela, House of Cards trouve dans ses diverses complications quelques bonnes idées. Certains twists font particulièrement effet quand ils servent à recentrer l’action ou le propos d’une intrigue. De même, les multiples retours de visages familiers n’apportent pas systématiquement des choses pertinentes, mais font plaisir à voir malgré tout. D’ailleurs, ce sont parfois les détails et autres clins d’œil qui rendent cette saison 4 plus consistante qu’elle ne semblait pouvoir le devenir, car il est vraiment question de construire sur tout ce qui a été fait jusque-là.

Dans ce sens, House of Cards divertit comme elle n’avait pu le faire depuis un moment. Elle en redevient étonnement réjouissante à suivre et le charisme du couple présidentiel s’en retrouve amplifié. Quand Frank et Claire sont au sommet de leur art, quand ils sont vraiment unis, il est facile de tout leur pardonner et de simplement apprécier le spectacle qu’ils donnent.

Cette quatrième saison est pratiquement irréprochable à ce niveau. Bien entendu, cela n’efface pas réellement la réalité, le fait qu’elle est inconsistante, qu’elle manque d’un propos substantiel ou encore qu’elle frôle par moment l’autoparodie de trop près. Cela dit, à ce stade, on ne regarde plus vraiment House of Cards en espérant que ces points noirs aient disparu. L’important est que le divertissement soit au rendez-vous et cela était bien le cas ici.

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