House of Cards Saison 5 : La constitution américaine a des limites, pas les Underwood

La politique américaine est sens dessus dessous. Ce n’est pas une nouvelle pour qui a passé un peu de temps devant House of Cards. Bien entendu, à force que la réalité rencontre la fiction, cette dernière perd de son intérêt. Néanmoins, on ne pourra jamais accuser Frank Underwood de ne pas être capable de divertir et, dans cette saison 5, il ne défaillit pas dans ce registre.

Après le départ de Beau Willimon qui laissa son poste de showrunner à Melissa James Gibson et Frank Pugliese, on pouvait néanmoins se demander si la série conserverait son énergie. Il ne faut pas longtemps pour constater qu’il n’y avait pas de raison pour s’inquiéter à ce sujet, bien au contraire.

Nous reprenons là où la quatrième saison s’est arrêtée. La campagne pour la présidence est en cours et, plus on s’approche du vote, plus ce qui sépare Conway (Joel Kinnaman) des Underwood devient difficile à discerner. Cela nous mènera à une exploration des confins les plus obscurs de la constitution américaine, sans oublier une dose de surenchère et beaucoup de manipulations.

Même quand elle apparait être grossière dans son utilisation des règles de la politique américaine, House of Cards s’est toujours inspirée du passé pour bâtir sa propre réalité. Aussi improbables que les situations puissent sembler, elles ont des bases solides. Frank (Kevin Spacey) prend même le temps de nous les exposer, certainement aidé par de nouveaux scénaristes qui — contrairement à Willimon — ont conscience qu’il est besoin de donner un petit cours aux spectateurs pour ne pas les perdre.

Il est de toute façon difficile de décrocher de cette saison. Les intrigues s’entremêlent d’une façon qui entretient l’aspect addictif du show. Plus les Underwood ont le dos au mur et plus les voir s’en sortir est captivant.

Le divertissement prime donc et, même si l’on veut donner à cette saison une dimension critique plus importante vis-à-vis de l’administration actuellement en place aux États-Unis, l’histoire n’a jamais été plus au sujet du couple. Certes, certains parallèles apparaissent, mais ceux-ci sont étrangement accidentels — seuls les deux derniers épisodes ont été produits après l’élection qui mit Donald Trump à la tête du pays. On peut y voir la preuve que, aussi outrancière qu’elle puisse être, House of Cards n’est jamais très loin du cauchemar qu’est la véritable politique américaine.

Quoi qu’il en soit, une chose est certaine, la montée de Claire Underwood (Robin Wright) est quelque chose que l’on ne verra pas de si tôt se produire de notre côté de l’écran. C’est probablement pour cela que c’est la partie la plus intéressante du récit. Aussi spéculatif qu’il puisse être, cet angle offre quelque chose de neuf, de véritablement différent.

Au milieu de Conway dont l’égo ne cesse de prendre le dessus et de Frank qui reste naturellement lui-même, Claire grandit, affirme sa place loin des extrêmes masculins et avec une subtilité qui doit beaucoup au jeu de Robin Wright. Tout ce qu’on lui lance, elle l’attrape et sait le retourner avec force. Sa seule faiblesse est Tom Yates (Paul Sparks). En fait, il est un des gros points noirs de cette saison 5. Le romancier est un électron libre qui ne sert qu’un but et, quand celui-ci est révélé, il n’apparait être que l’écho d’une vieille storyline de Francis qui se refuse de mourir.

Les connexions avec les débuts de la série dont d’ailleurs nombreuses. Stemper (Michael Kelly) ne cessera de lutter pour que le passé reste là où il était supposé être, mais rien n’y fait. House of Cards continue d’avancer en regardant toujours plus en arrière afin de trouver le moyen de se libérer de ses bagages. Cela devient brouillon, parfois étouffant, mais rien ne peut remplacer le plaisir de voir Frank régler ses problèmes.

Il n’a d’ailleurs pas terminé, car House of Cards a clairement encore des histoires à raconter et probablement plus de choses à dire que jamais. La réalité pousse les scénaristes à écrire de la fiction toujours plus romanesque et c’est là où la série trouve sa force. Les Underwood ont en tout cas eu une saison 5 assez riche, que ce soit en rebondissements politiques ou en drames relationnels, et ils excellent à délivrer ce que l’on attend d’eux.

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