House of Cards Saison 6 : Claire prend trop tardivement le pouvoir

9 Nov 2018 à 15:00

Elle a failli ne jamais voir le jour, mais la saison 6 de House of Cards est bien là et elle nous offre donc la conclusion de la série. Si la fin n’avait pas été si proche, ce retour n’aurait pas eu de sens, mais l’histoire de Frank Underwood touchait à son but.

Bien entendu, Frank n’est plus. Il n’est même pas visible dans les quelques flashbacks nous ramenant dans la jeunesse de Claire. On n’entend pas non plus sa voix dans l’enregistrement de son journal personnel. Néanmoins, ce refus de lui offrir une quelconque place à l’écran ne l’empêche pas de faire sentir sa présence du début à la fin de cette ultime saison.

On replonge dans le monde des Underwood quelque temps après la fin de la saison 5 pour apprendre que Frank est mort. Ce n’est pas Claire (Robin Wright) qui l’a tué, mais elle a une bonne idée du nom du responsable.

Les scénaristes de House of Cards n’ont jamais été très subtiles, bien au contraire. Ils nous offrent ainsi une scène où Claire est dans la salle de cinéma de la Maison-Blanche et, quand le film se lance, on peut entendre les premières notes de la musique de Rosemary’s Baby. Tout est dit.

Claire est Rosemary et son mari l’a vendu au Diable pour assurer son propre succès. Son bébé est sa présidence et les terribles Castevet qui tirent les ficelles, l’isolant toujours plus, sont les Shepherd. La différence ici est que Claire sait dès le départ ce qui lui a été fait et elle compte bien se battre.

Ses opposants sont donc Bill Shepherd et sa sœur Annette (Greg Kinnear et Diane Lane). Ils sont à la tête d’une des plus grandes fortunes du pays et ils ont acheté un Président. Maintenant, ils exigent des résultats et Claire n’a pas l’intention de les livrer.

Il est répété d’un bout à l’autre de cette saison que Claire ne vaut pas mieux que Frank. Ce n’est pas totalement vrai, car elle veut sincèrement faire le bien, et pas uniquement pour satisfaire son égo. Elle n’est pas une sainte et ne prétend pas en être une, mais elle peut remercier les Shepherd de représenter tout ce qui va mal dans le monde ultra-capitaliste américain, puisqu’il lui donne le bon rôle.

Ces riches industriels qui ont simplement hérité leur pouvoir et leur argent ont bien décidé de continuer à se faire une fortune sur le dos des contribuables américains. Ils n’ont aucun scrupule à corrompre les principes mêmes de la démocratie et ne comprennent pas qu’on puisse leur refuser quelque chose. C’est comme cela que House of Cards nous parle de l’Amérique de Trump.

C’est pertinent et assez bien intégrer dans l’univers de la série. Cela offre de bons moments et les rebondissements ne manquent pas de piquant. Néanmoins, cela ne mène pas loin ou, plus précisément, cela n’était pas vraiment ce qui comptait dans cette saison.

Rien ne l’explicite mieux que le dernier épisode qui nous laisse avec l’envie d’avoir un réel épilogue. Que va-t-il advenir des Shepherd ? Janine Skorsky (Constance Zimmer) réussira-t-elle un jour à publier toute l’histoire de Frank Underwood ? D’autres questions de ce genre restent en suspens. À la place, Claire et Doug (Michael Kelly) – qui ont passé les ultimes épisodes à alternativement s’aider et à s’attaquer – nous livrent la vérité sur la mort de Frank qui n’est autre qu’une condamnation de Kevin Spacey. Grâce à des dialogues à double sens, on nous dit simplement qu’il a ruiné lui-même son héritage et a été éliminé à cause de cela.

Pendant toute la saison, les scénaristes de House of Cards se sont refusés à aborder frontalement le problème posé par l’ancienne star de leur show et ils ont finalement décidé de le faire dans les dernières minutes au lieu d’offrir à Claire une véritable conclusion.

Cela n’a jamais été l’histoire de Claire et, même dans les derniers instants, elle n’a pas le droit de se l’approprier. House of Cards tente de rebondir dans l’ère du mouvement #MeToo pour mieux montrer qu’elle n’y a pas sa place. Aussi captivante que pût être Claire Underwood (et aussi brillante que fut Robin Wright), elle n’a pas pu se libérer de l’emprise de Frank avant la toute fin. Ce n’était pas son show, ce n’était pas sa présidence.

Dans ce sens, cette saison 6 de House of Cards s’est bien chargée de boucler son histoire. Sa conclusion est frustrante, mais ce qui a précédé fut divertissant, renouant avec les éléments qui ont fait le succès de la série, de son casting de haute volée à ses qualités techniques. Robin Wright n’a pas déçu, elle a su porter le récit sur ses épaules jusqu’au bout et elle justifie à elle seule le visionnage. Dommage que tout ceci n’était pas le début de l’histoire de Claire, mais uniquement la fin de celle de Francis.

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